‹ Traité d'agriculture à l'usage des écoles et des praticiens [microforme]Chapitre 17 sur 39 · DE DIM · texte numérisé non relu

DE DIM

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Fig. a Latiuue à dia

dans les deux sens opposés les dernières bandes de terre attaquées par la charrue.

Comment finit-on la raie d'écoulement ?

On tire au fond un trait de charrue, afin de diminuer sa largeur et d'augmenter sa profondeur. Cela facilite l'écoulement de l’eau et diminue la surface improductive de cette raie.

Le labour en planches est-il bien employé ?

Il est employé d’une manière presque exclusive, vu qu’il convient à toutes les terres et à toutes les cultures.

Qu’appelez-vous labourer en billons ?

Labourer en billons, c’est partager le terrain en planches plus ou moins bombées, divisées par de profondes rigoles d'écoulement.

La ra ne nn

104 TRAITÉ D’AGRICULTURE Comment se font les billons ?

Il fau; au moins trois labours superposés pour faire un billcun. On forme d’abord une planche par un premier labour en en ados (fig. 18); on

MKK®KWK fait un second labour sur Fig. 21—Billons finis cette planche (fig. 20), puis un troisième labour sur le second, ce qui achè- N NS ve de donner au billon Fig. 22 omposé sa forme bombée (fig. 21) A quels terrains convient le labour en billons ?

Ce labour convient aux terres fortes, extrêmement mouillées, très difficiles à égoutter et qui ne sont pas drainées.

Quels sont les avantages du labour en billons ?

Les avantages du labour en billons sont d'augmenter artificiellement l'épaisseur de la terre végétale des sols peu profonds, ce qui permet d’y introduire la culture des plantes-racines. Dans les temps de pluie, les labours en billons s’égouttent promptement. Dans les temps ordinaires, l'humidité n’y est jamais trop grande ni la sécheresse redoutable, parce que la terre meuble du dessous conserve et communique longtemps sa frafcheur aux racines.

Quels sont les inconvénients des labours en billons ?

Les principaux inconvénients des labours en billons sont :

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émement

des sols à culture

billons

1° D'offrir de chaque côté des pentes, dégarnies d’une couche suffisante pour alimenter la végétation autant que sur le milieu de la planche, ce qui rend la récolte inégale et peu homogène quant à la qualité ;

2° De faire écouler une grande partie des engrais dans les raies, où ils sont noyés ou entraînés par l’eau ;

3° De rendre presque impossible une égale répartition de la semence, qui s’accumule sur les côtés et dans les raies ;

4° De rendre très incommode l'usage des instrumen{s aratoires, pour le hersage, le fauchage et le ratelage ;

5° D'occasiorer une perte de terrain considérable, a raison de la grandeur et de la multiplicité des raies d’écoulement.

Qu'appelez-vous labour de défoncement ?

On désigne sous ce nom des labours profonds, destinés à agir sur le sous-sol.

Quel est l’objet des labours de défoncement ?

C’est ou de ramener à la surface une partie du soussol, pour la soumettre à l’action des agents atmosphériques, ou d’ameublir le sous-sol, sans le ramener à la surface, afin de permettre aux plantes de développer plus facilement leurs racines.

Comment se pratique le défoncement pour ramener à la surface ?

Comme le labour ordinaire : seulement, il faut donner à la charrue l’entrure nécessaire pour atteindre la profondeur désirée. Comme c’est toujours le dessous de la tranche de terre que la charrue ordinaire amène à la surface, en pénétrant plus dans le sous-sol, on ramène naturellement ce dernier à la surface du guéret.

Y a-t-il une autre manière de pratiquer les labours de défoncement ?

Généralement, on fait suivre la charrue ordinaire d’une charrue spéciale, entrant plus dans la terre, faisant un second sillon dans le premier, et munie d’un versoir qui monte la terre jusques sur le guéret.

Emploie-t-on aussi des charrues qui font d'un seul coup deux sillons superposés ?

Oui, on emploie aussi ces charrues, quand le sol n'est pas trop dur. En Angleterre, il y a la charrue Morton;

Fig. 23—Charrue Morton

en Belgique et en France, la charrue Brabant et plusieurs autres semblables.

Fig. 24—Charrue défonceuse

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TRAITÉ D'AGRICULIURE 107

Est-il à propos de s'assurer de la nature du sous-sol avant de faire un défoncement pour ramener à la surface ?

Non seulement il est à propos, mais encore il est bien nécessaire de s'assurer de la nature du sous-sol avant d'effectuer un défoncement pour ramener une couche de ce sous-sol à la surface. Si le sous-sol se compose d’une mauvaise terre, en le ramenant à la surface du sol arable, on stériliserait celui-ci ou l’on affecterait ga fertilité On comprend que, dans ce cas, il ne faut pas ramener le sous-sol à la surface, mais se contenter de l’ameublir sans le déplacer.

Quand le sous-sol se compose de bonne terre, est-il prudent de le défoncer et de le ramener à la surface d'un seul coup et en grande quantité ?

Non, cela pourrait encore avoir pour effet d’affecter sensiblement la fertilité du sol superficiel au lieu de l’augmenter. Ayant été jusque là privé de l’influence de l’atmosphère, le sous-sol ramené à la surface, quelle que soit sa composition élémentaire, est presque toujours stérile et ne s'améliore qu’au contact de l'air. C’est pourquoi il ne faut le ramener à la surface qu’à petite dose et en ayant soin, autant que possible, de lui appliquer des ergrais en plus ou moins grande quantité.

Quelle progression faut-il suivre pour opérer ces défoncements ?

Pour la première fois, on ne ramène à la surface qu’un pouce d'épaisseur du sol, qui s'améliore par les façons données à la couche arable. Au bout de trois ou quatre ans, on pénètrera encore d’un pouce dans le sous-sol, et ainsi de suite, jusqu’à ce qu'on ait donné au sol cultivé la profondeur convenable, c’est-à-dire de douze à dixhuit pouces. ;

Comment se pratiquent les défoncements qui n’ont pour but que d'ameublir le sous-sol ?

En remuant ce sous-sol sans le déplacer ni l’amener à la surface, ce qui se fait en passant la fouilleuse ou charrue sous-sol dans, le sillon ouvert par la charrue ordinaire.

Qu’appelez-vous labours ordinaires ?

On appelle labours ordinaires ceux qui ne dépassent pas la couche de terre cultivée et qui varie entre cinq et huit pouces.

De quoi dépend la profondeur des labours ordinaires ?

Du but qu’on recherche en les opérant. La profondeur du labour doit être plus ou moins grande, selon que les racines des plantes à semer s’enfoncent plus ou moins dans la terre. Quand on laboure pour enterrer des engrais, il ne faut pas que le labour ait une profondeur telle, qu’elle mette l’engrais hors de la portée de la racine des plantes. Quard on se propose de donner deux labours à une pièce de terre, il faut que le premier soit plus profond que le dernier, afin de rendre la couche superficielle plus meuble et plus propre au premier développement des plantes.

Quelles sont les principales qualités que doit réunir un bon labour ordinaire ?

Un bon labour ordinaire doit réunir les qualités suivantes :

1° Les tranches de terre soulevées par la charrue doivent être droites, d’une épaisseur et d’une largeur uniformes ;

22 Ces tranches de terre doivent être toutes également renversées à un angle de 45 dégrés et bien tassées

assent cinq et

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rofon-

selon lus ou iterrer

les unes contre les autres, afin de ne laisser aucun trou ni espace découvert ;

3° Les planches doivent avoir une largeur uniforme et être aussi unies que possible ;

4° Les raies d'écoulement doivent avoir assez de profondeur, n'être pas larges, être nettes et droites, afin de n’offrir aucun obstacle à l'écoulement de l’eau;

5° Le labour doit avoir la profondeur requise pour la culture des plantes qu’on se propose de semer.

De quoi dépend la largeur du sillon ou de la tranche de terre enlevée par chaque trait de charrue ?

Cette largeur dépend des deux conditions suivartes, absolument indispensables à un bon labour: 1° que la tranche de terre soit renversée de manière à offrir le plus de prise possible à la herse qui doit la pulvériser ; 2° que les plantes nuisibles de la surface soient assez enterrées pour être détruites.

Pour remplir ces deux conditions, quelle profondeur faut-il établir entre la largeur et l'épaisseur de la tranche de terre ?

Il faut que la largeur soit à l’épaisseur dans la proportion de 5 à 2, ou que la tranche de terre soit d’un tiers plus large qu’épaisse, c’est-à-dire que si le sillon a 6 pouces de profondeur, il doit en avoir 9 de largeur.

Y a-t-il des exceptions à cette règle ?

Oui, pour les labours de défoncement, dont la largeur des sillons n’excède ordinairement la profondeur que d'un quart.

Qu’arrive-t-il quand la tranche de terre est plus épaisse que large ?

Elle n’est pas retournée par la charrue et l’herbe, bonne ou mauvaise, reste à la surface (C fig. 26), ce qui

expose moins de terre à l’action de l’air, favorise la croissance des mauvaises herbes et neutralise l’action de la herse.

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Fig. 25 Inclinaison des tranches

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Qu'arrive-t-il quand la tranche de terre est trop large ? q p targ

Elle est complètement retournée par la charrue, tombe

à plat dans le sillon (B fig. 26), ce qui diminue consi-

dérablement l’action ameublissante de l’air et de la herse, en diminuant la surface exposée à cette action.

Qu’'arrive-t-il quand la largeur et l'épaisseur de la tranche de terre sont bien proportionnées ?

La tranche de terre fait un angle de 45° (A fig. 26) ; elle offre une surface double d’un labour renversé (B) ou d’un labour étroit (C), l’acuité de l’angle favorise l’action de la herse et le tassement des tranches étouffe plus efficacement les herbes de la surface ainsi renversée.

Quels avantages présentent les labours profonds ?

Ils augmentent la quantité des récoltes, en permettant aux racines de pénétrer plus avant dans le sol et d'en tirer plus de substances alimentaires pour l’accroissement de la plante. Dans ces labours, les plantes souffrent moins de la sécheresse, vu que la couche meuble renferme plus d'humidité; elles souffrent moins de l’humidité, parce que la terre étant ameublie à une grande profondeur, l'excès d'humidité descend au-des-

sous de la couche occupée par les racines.

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