‹ Traité d'agriculture pratique [microforme] (volume 2)Chapitre 23 sur 80 · Eu · texte numérisé non relu

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Les poules sont plus petites que les coqs, leur plumage est moins éclatant ; il y en a de petites, comme celles du soir, de grandes comme les flandrines et de moyennes comme les communes ; la ponte des grosses n’est pas si abondante que celle des autres, aussi donne-ton la préférence aux communes.

La pondaison

A lieu deux fois par an, le printemps et l’automne. Pour accélérer la ponte le printemps et la prolonger l’automne, il faut tenir les poules dans un appartement chaud, soit où il y a un four, soit dans l'écurie du gros bétail ; les nourrir avec des grains, de l’avoine, du sarrasin, et de la patée chaude de patate mêlée avec de la goudriole.

L'incubation

Exige de l'attention et un soin assez grand de la part de la fille de la basse-cour ; aussitôt qu’elle entend une poule glousser, elle doit lui préparer un nid à l'abri du grand jour et du oruit, lui porter une douzaine d'œufs, qu’elle doit mirer auparavant pour s'assurer s'ils sont bons, et poser la poule dessus ; l’y laisser tranquille, lui porter à boire et à manger, pour qu’elle ne laisse pas son nid pour subvenir à ses besoins.

Education des p-ussins.

Les poussins éclosent communément le vingt-cinquième jour de l’incubation, Le lendemain de leur naissance on les porte dans un panier garni d'étoupe dans un endroit chaud, et on leur donne pour nourriture des miettes de pain trempé dans du vin, s'ils sont faibles,

ou dans du lait pour leur procurer de l'appétit ; on leur présente des jaunes d'œufs quand ils sont dévoyés ; on leur met tous les jours de l'eau pure, et on leur distribue des poireaux ou de la ciboulette hachés ; au bout de cinq à six jours on leur fait prendre l'air au soleil, vers le milieu du jour, et on leur donne de l'orge bouillie, du lait caillé, daus lesquels on a haché des herbes potagères ; lorsqu'ils ont quinze à dix-huit jours on les donne à la mère pour les conduire dans la basse-cour, et comme elle en peut soigner vingt-cinq à trente, on y en ajoute d'autres.

Quand les poussins ont toutes leurs plumes, on choisit les plus belles pour remplacer les vieilles et les plus vigoureux coqs pour succéder à ceux qui sont épuisés ; le surplus est vendu ou chaponné.

Cette opération consiste à leur faire une incision près des parties génitales, à introduire *e doigt par cette ouverture pour saisir les testicules et les emporter avec adresse, sans effenser les intestins; on ceint la plaie, on la frotte d'huile, on la soupoudre de cendre, et on finit par leur couper la crête,

Engraissement.

Pour parvenir à engraïsser promptement leg volailles, on les met dans une mue, ou cage, dans un lieu ou peu obscur et éloigné du bruit, où chaque volaille a un appartement proportionné à sa grosseur, et comme elle ne peut se retourner, ou lui met un petit auge pour boire et manger ; on pratique une ouverture entre deux barotins, pour qu’elle puisse y passer la tête,

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et un espèce vide par derrière, afin que ses excréments tombent par terre.

Ainsi placées, on leur donne de l'orge, du sarrasin bouilli, ou un paté composé de farine d'orge, de sarrasin, de blé-d’Inde et de patates délayées avec du lait.

| Maladies des volailles.

Les poules sont sujettes à plusieurs maladies communes à tous les animaux domestiques, mais spécialement à la mue, à la pepie, à la goutte, au mal caduc, au mal d’yeux, à la gale, aux tumeurs, à la constipation, et à la diarrhée ; quoiqu'il soit plus aisé de conserver la santé aux animaux que de guérir leurs maladies, cependant, j'indiquerai les remèdes que l’on doit tenter pour guérir celles que je viens de signaler.

La Mue

Est un crin périodique qui fait tomber les plumes aux poulets, qui est plus ou moins funeste ; quand la mue se déclare dans la saison chaude, elle est moins dangereuse que dans les temps froids; on s’en apperçoit parce que les poulets deviennent tristes, leurs plumes se hérissent, ils se secouent pour les faire tomber, et se les machent avec le bec; il faut dans ce cas les faire jucher de bonne heure, ne pas les laisser sortir trop matin, au contraire, les ren-

| fermer dans un endroit chaud, leur donner des.

agrains, du sarrasin, de la mie de pain trempée dans du vin, éviter surtout d’arroser leurs plu-

| mes, soit avec du vin, soit avec de l’eau tiède.

La Pepie.

C’est une maladie qui affecte la langue des

forme une espèce d’écaille, qui empêche les volailles de boire ou de manger.

Il est important d'observer à temps celles qui en sont attaquées ; la fille de la bassecour examinera la langue de celles qui paraissent malades, et si elle découvre une pellicule accornie, elle la grattera avec l’ongle, ou la fera tomber avec une aiguille : l'opération faite elle lavera la langue avec du lait ; renfermera

dans une mue et ne lui donnera ni à boire ni

à manger qu'une demi-heure après. La Goutte

Se fixe aux pattes des volailles : elles les ont enflées, elles ne peuvent se 'jucher : le remède est d’airer le poulailler, d'en éloigner les causes d'humidité, d'empêcher les volailles de marcher dans leur fiante, de leur laver les pattes et les doigts des pieds avec du vin chaud ; d'ouvrir le bec de celles qui sont immobiles, d'y souffler de l’air, de les envelopper de linges chauds, et lorsqu'elles reprennent des forces, de leur faire avaler un peu de vin.

Le Mal-Caduc

Provient de ce que le sang se porte à la tête

des volailles, leur donne des convulsions et leur cause des vertiges.

On doit dans ce danger périlleux les saigner avec une aiguille à une veine assez apparente sous la peau qui sépare les ongles, ou à la veine sous l'aile ; leur donner une nouriture rafraichîsante comme de l'orge bouilli, de la

balle.

Mal d’'Yeux

Les oiseaux de la basse cour sont exposés à|

des ophthalmies qui leur font perdre la vue, et

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à des catarres, des fluxions ; le seul parti à prendre dans ce cas est de les tuer.

Le seul préservatif est de les tenir propre, et de changer l’air dans leur demeure

Gale.

Le couveuses y sont fort sujettes, parcequ’elles ne se vautre pas. On s'aperçoit qu’elles ont cette maladie par le désordre de leur plumes et leur tristesse. Une dissolution de savon noir dans deux pintes d’eau, ou une décotion de comomille puante et de tabac, à laquelle on ajoute deux gros de sel, appliquées chaudes à l'extérieur pendant quelques jours opèrent la guérison.

Il faut avoir attention de les exposer devant

le feu, ou au soleil, pour qu’elles sèchent, avant de les laisser courir.

Tumeurs.

Quand les poules paraissent mélancoliques, regardez les au croupion ; s’il se forme à son extrémité une petite tumeur douleureuse, vous devrez l'ouvrir avec un instrnment tranchant, en faire sortir le pus, en pressant la tumeur avec les doigts, et ensuite laver la plaie avec de l’eau tiède. Il se trouvent souvent sur cette partie deux ou trois plumes dont le tuyau est rempli de sang, on les arrache et l'animal reprend de la force et de la santé.

Constipation et Diarrhee, Pour la constipation on plume le fondement de la volaille et on frictionne le tour du croupion avec un peu d'huile.

On donne contre la diarrhée des réchauffants, /

comme du vin,

LE DINDE ST de la famille des gallinacées. Le mâle a la tête et la gorge couvertes de caroncules rouges. Il a aussi un bouquet de crimniers au milieu de la poitrine et joint la faculté de relever en rond les plumes de sa queue. Il est original de l'Amérique Septentrionale ; on en voit encore dans le Haut-Canada.

Les dindes vivent de tout ce qui est susceptible d'être mangé dans le règne animal et végétal. Ils s’'accommodent entre autre de toutes les températures.

Le premier soin de tout cultivateur qui veut en élever doit être de se procurer un beau mâle et huit à dix femelles auxquelles un seul mâle suffit. On ne garde les mâles que trois ans parce qu’ils deviennent méchants. Il leur faut un logement spacieux et bien airé, comme un hangar, dans lequel on place de fortes perches pour les jucher.

Ils commencent à se reproduire après les gelées du printemps. Les femelles pondent le matin de deux jours l'un ; on doit préparer des nids de paille dans leur demeure et y mettre un œuf figuré. On doit ramasser leurs œufs tous les jours et les porter à la maison. On connait leur envie de couver à un gloussement particulier et à leur accroupissement continuei, On donne à chaque couveuse une vingtaine d'œufs il ne faut plus les déranger ensuite, mais leur porter une fois par jour de quoi boire et manger.

EDUCATION DES DINDONNAUX.

Ordinairement les petits sortent de l’œuf le trentième jour ; ils n’en sortent pas tous le

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même jour, Comme les dindonnaux sous leur mère jouissent d’une température de vingt cinq à trente degré, il ne faut pas les exposer à une température moindre quand ils sortent de dessous ses ailes ; à cette fin il faut les mettre dans un appartement, auquel on donnera ce degré de chaleur au moyen d’un poêle.

Dans les bois ils vivent de larves, d'insectes et de baies ; dans les campagnes on y supplée par l’ortie, le persil, les chardons hachés menus et mêlés avec de la farine d’orge, de blé d'Inde, de sarrasin, à quoi on doit ajouter des jaunes d'œufs durs, et de la viande, cuite, hachée menue ; on ne doit leur donner à manger que peu à la fois, mais souvent, sous une mue, afin que la mère ne les prive pas de leur nourriture.

Toute grande variation dans l'atmosphère est préjudiciable aux dindonnaux, comme la

| trop grande chaleur, le froid et surtout la

pluie; en sorte qu’il convient de les en garantir autant que possible.

On doit les renfermer de bonne heure le soir

| et ne les laisser sortir le matin que lorsque la à rosée est entièrement évaporée.

Leur engrais est le même que celui des chapons, en conséquence on aura recours à ce que j'ai indiqué à ce sujet.

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