‹ Traité d'agriculture pratique [microforme] (volume 2)Chapitre 34 sur 80 · LE PIGEONNIER · texte numérisé non relu

LE PIGEONNIER

E pigeonnier sera établi dans le grenier au-dessus du fournil, adossé à la cheminée qui le réchauffera suffisamment, si on le latte, crépi et renduit ; il devra être garni tout sutour de tablettes, divisées par de petites planchettes qui for-

meront des nids.

Il sera pratiqué dans le pignon non-seulement un chassis de quatre vitres en coulisses, mais encore plusieurs ouvertures, avec saillies, pour faciliter l’entrée et la sortie des pigeons, avec des tirettes pour les fermer le soir, et ouvrir soigneusement le matin.

Le maître n’oubliera pas de nommer aussi tous les mois un élève pour en prendre le soin quiest indiqué à l’article PiGson de cet ouvrage.

En employant ainsi les élèves, à tour de rôle, à prendre soin des animaux de l’établissement, on les perfectionne dans l'économie rurale, et on perpétue les bons moyens de préserver les animaux domestiques en santé, et d'en tirer le meilleur parti possible; il n’y a aucun doute que, rentrés chez eux ou devenus maîtres à leur tour, ils mettront en pratique les leçons qu'ils auront reçues; et à cette fin le maître exigera que chacun d’eux copie dans un cahier ce qui est enseigné pour chaque espèce d'animaux qui lui sera confiée, et cela avant qu’il en prenne soin.

ETABLES,

E climat est si rigoureux dans le Bas- L | Canada, qu’on est obligé d'établer les L | animaux domestiques la majeure partie 3 de l’année, et de les y nourrir. q | S Les étables où on loge plus particu- | | lièrement les bœufs et les vaches, sont :

| une partie d'architecture rurale, à laquelle on < | doit porter une attention particulière, afin de pis {! les préserver du froid qui les ferait indubita- 46 RL blement périr, et des maladies qu’un long sé- pré jour dans des étables mal construites leur don- da MN nerait. Les plus saines sont celles qui sont | construites en bois ; celles en pierre sont froides :. et humides. Leur grandeur doit être propor- | tionnée au nombre de bœufset de vaches qu’on ie se propose de garder. s'é

Je suppose qu’un collège comme celui que je propose, qui peut contenir cent quarante pensionnaires et autant d’externes, doit avoir quatre bœufs de charrue pour l'exploitation de la terre, et huit vaches pour la nourriture des élèves.

Je proportionnerai la grandeur d’une étable à cette quantité, ce qui pourra servir d'échelle pour une quantité plus ou moins grande.

Une étable donc pour douze bêtes à cornes doit avoir trente pieds de long sur vingt-quatre de large. Le salage sera élevé d'au moins un pied au-dessus du sol environnant ; on remplira ce vide, en dedans, de sable, de gravier, ou de pierre concassée pour entretenir la sécheresse ; on les pavera, par-dessus, en madriers de trois pouces, de manière à lui donner une pente douce pour écouler les urines dans une rigole qui traversera, dans le milieu de l’é-

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‘dans le réservoir du fumier. La hauteur entre les deux planchers devrait être de douze à quiuze pieds.

Soit que les animaux fassent face aux pigeons, soit qu'ils soient placés sur deux rangs, têtes contre têtes, dans le centre, ils auront, <hacun, des stalles de quatre pieds de large, sur huit ou dix de long, séparées par des cloisons en madriers de trois pouces d'épaisseur, sur quatre à cinq pieds de hauteur, emboités dans des poteaux de quatre à cinq pouces quarrés, qui doivent être pris dans la poutre du hant et dans la lambourde du bas.

Les abreuvoirs et rateliers seront posés devant les animaux à une hauteur raisonnable, et s’étendront sur toute la longueur des pignons.

Les rateliers seront en barrotins, et s’élèveront jusqu’au plancher, pour ne rien perdre du fourrage qu'on y jettera par une ouverture audessus, laquelle ouverture servira en même temps d’éventouse pour évaporer les exhalaisons des animaux, et entretenir un courant d’air si nécessaire à leur santé.

Les abreuvoirs doivent dépasser l'extérieur

de l’étable, à chaque bout, d'au moins un pied,

pour, à un bout y jeter de l’eau, et à l’autre la vider, quand on veut la renouveler, et afin

d'empêcher l’air d'y pénétrer, dans l'hiver, on

pratique une tirette à chaque extrémité.

Il devra y avoir au centre de la façade de

T’étable une porte de quatre pieds de large sur

six de haut, en planches doubles, garnies de Cloux en carreaux; on ouvrira sur le devant et le derrière de cette étable, à quatre à cinq

pieds au-dessus du plancher, deux fenêtres ow guichets de trois vitres de long sur deux de haut, posées sur des coulisses à l’intérieur, et à l'extérieur un contrevent aussi en coulisses à chaque, fait de planchettes mises les ‘unes sur les autres, de manière à laisser passer l'air et empêcher les mouches de tourmenter les animaux pendant l'été.

On ouvrira une lucarne sur la couverture, er front du bâtiment, pour entrer le fourrage, visà-vis de laquelle il y aura une échelle solide; pour que les élèves puissent aller jeter le fourrage aux bestiaux.

Le maître en nommera deux chaque mois

pour faire le service recommandé. pour ce bé- Là

tail à l’article de Bœurs ET VACHESs.

Une étable construite de cette manière sera:

non seulement salubre, mais aisée à servir.

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