PRAIRIES ARTIFICIELLES
N ne peut faire de bonne agriculture sans prairies artificielles ; elles sont le fondation d’une fortune assurée pour tous le cultivateurs qui en établissent avec con-
) naissance de cause, c'est cette connaissancs que je veux donner aux cultivateurs du Bas-Canada.
Il est nécessaire de donner deux labours au terrain que l’ou veut mettre en prairie arti- - ficielle, un l'automne et l’autre le printemps, il ne suffit pas que la terre soit bien divisée, il faut encore quelle soit bien engraissée.
Les opérations les plus importantes ensuite sont l'épierrement, le hersage et le roulage.
Comme les pierres sont nuisibles à la fauchaison, on doit les faire ramasser par des ‘enfants avant le second labour et les faire servir aux réparations des chemins; on doit herser, non seulement avant les semailles, mais encore tous les printemps, les prairies artificielles avec une herse de fer ; aussitôt après les semailles on doit passer le rouleau.
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Une chose bien essentielle aux prairies est le-
nivellement exact du sol.
* Ce sont les graines de la première coupe qu’on doit employer pour la formation des prairies ; c’est pourquoi tout cultivateur jaloux du succès de ses cultures doit réserver une portion de ses prairies pour la graine et ne la couper qu'à parfaite maturité. F
Mr. Gilbert, fameux agronôme français, est d'opinion qu'il y a un millieu à observer dans la: quantité de semence que l’on doit confier à la terre pour former une prairie artificielle ; les plantes vivaces doivent être moins serrées que les annuelles, dit-il ; la quantité aux environs de Paris par arpent est de dix-huit livres terme moyen, pour la luzerne, de seize livres pour le trèfle et de deux cent vingt livres pour le sainfoin.
Le fléole en français, ou Timothy grass en.
.… &'ais, connu en Canada sous le nom de Mil,. caige de douze à seize livres par arpent.
L’ensemencement des prairies artificielles se fait exclusivement à la volée, sur un labour plat ; les graines ne doivent être ni trop ni pas assez -enterrées ; un hersage léger suffit pour les terres fortes et un roulage pour les terres légères.
On ne coupe point les prairies artificielles la première année, ce n’est qu’à la seconde qu'on les coupe jusqu’à deux fois.
Une prairie de luzerne dure de huit à vingt ans ainsi que celle de mil; celle de trèfle ne dure que deux à trois ans, et celle de sain foin de six à douze ans; le tout suivant le nature du terrain.
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‘tes.
Le moyen-le plus sûr de conserver la qualité
-des fourrages est de les mêler:avec dela paille.
en formant un lit de.foin.et un de paille. alternativement; ils trouvent tous, deux un égal avantage, dans cette union; la paille devient aussi appétissante que le foin et ce. dernier aussi inaltérable que la paille.
Un prâirie artificielle qui commence à diminuer peut être amendée par toutes.sortes d'engrais.et par la plupart des amendments ; mais parmiles amendements il en est. un, dont. on
‘peut.faire usage à toutes les époques, c'est le
PLamne et à son défaut la cHAux en poudre.
Quant enfin ces prairies sont épuisés, on les laboure et les sème en céréales ou autres plan-
; __ FOUBRAGES VERTS.
N donne ce nom à des semis de plantes annuelles, dans l'intention d'en appliquer
le produit en herbe à la nourriture des.
bestiaux.
Parmi les plantes qui sont dans le cas d’être employées à cet objet, il en est deux
“qui méritent la préférence le Seigzs et le Mas,
ensuite vient L’AVOIN®, le froment, l'orge, la vesce, les pois, gris, les fèves de marais, les lentilles &c.
Une exploitation bien conduite ne peut se dispenser d'avoir des fourrages verts, indépen-
. damment des prairies naturelles et artifieielles,
parcequ'ils donnent un paturage ou un fourrage d'herbe fraiche aux époques de l’année où on en manque ordinairement ; on doit s'empresser d'en faire surtout quand on s’apercoit que les ‘fourrages ne seront pas abondants.
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Prairies Seches
Sont celles qui sont situées dans des terrains sablonneux ou de peu de profondeur, dont l'irrigation est impossible.
Ces sortes de prairies servent de paccage, et se touchent rarement, elles sont cependant susceptibles d’être cultivées, mais de loin en loin, en seigle et en avoine; on en fait quelquefois des prairies artificielles avec du sainfoin; en général on les conserve pour l'usage des vaches et des moutons, qui y acquièrent une excellente chair, et les premières un lait très-savoureux.
Comme c'est la masse des fourrages qui fait la fortune des cultivateurs, en les mettant en état d'élever un grand nombre d'animaux, ils doivent sentir, sans- autres commentaires, <ombien il est intéressant pour eux d'employer tous les moyens pour s'en procurer.