PRAIRIES NATURELLES
N donne le nom de pré, ou de prairies naturelles, ou d’herbage, à toute espèce
de terrain qui produit naturellement une herbe assez abondante ou assez haute pour pouvoir être fauchée à sa maturité, et convertie en foin.
Je réunirai ici tout ce que les agronomes ont fourni de meilleur sur la culture des unes et des autres.
L'auteur de la nature a donné aux divers ‘paturages un caractère particulier, qui peut les faire connaitre par les animaux qui les broutent.
Les paturages les plus secs que l’on rencontre sur les lieux les plus élevés paraissent destinés à la nourriture des chèvres-et des bêtes à
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laine ; les bôtes chevalines se tiennent dans les vallons, et celles à cornes ne prospèrent que dans les paturages les plus gras des plaines.
D’après ces observations on admettra trois classes de prairies naturelles : les Aautes, les moyennes, et les basses.
Prairies hautes,
Les prairies de la première classe peuvent être bonifiées par la culture ou les irrigations ; elles donneraient alors des herbes fines et succulentes, au lieu que dans leur présent état elles n'offrent que de bien faibles ressources.
Prairies moyennes.
Celles de la seconde classe sont ordinairement encloses et fournissent de meilleures herbes, étant sur un meilleur fonds et plus humide ; elles doivent être convenablement nettoyées l'automne, les fossés et rigoles bien curés, afin de profiter des eaux de cette saison,
qui fournissent des alluvions de la première
qualité.
Les travaux d'améliorations, le printemps, sont l’extirpation des mauvaises plantes, et le remplacement des vides par des graines convenant à la nature du sol. |
On ne doit pas négliger de répandre des engrais sur ces prairies; tous sont bons: les
fumiers, les bonnes terres, l'argile, la marne, le
plâtre, la chaux, toutes sortes de cendre, Îes vases, les varecs, les irrigations d'eaux truubies ou claires, &c. |
p Si l'usage de ces engrais était trop dispendieux, il vaudrait mieux défricher ces prés,
les cultiver en céréales et les convertir en prés-bazons, pour les défricher encôre lorsqie leurs produits viendront à diminuer. |
IM meilleure manière de consommer les produits de ces prés serait de les faire pâturer tous les deüx ans; d’abord par les bêtes à cornes, et ensuite par les moutons: de ne les faucher que dans les années intermédiaires.
Prairies basses,
Les travaux de prairies de la troisieme classe sont absolument les mêmes qne ceux de la deuxième.
On doit, un peu avant les pluies d’automme, retirer ‘les animaux de ces prairies, curer les fossés, les rigoles, réparer. les empellements et assurer par la l'écoulement des eaux pour donner la première ‘rrigation ; renouveler ensuite ces soins jusqu’au printems pour alors activer la végétation, et même après la prémière coupe; défricher les parties trop humides pour, favoriser la destruction des mauvaises herbes; y mettre des engrais qui feront d'autant plus d’eret qu ils seront de meilleure qualité ; dans ces parties humides et marécageuses, on doit faucher, dans le mois de mai, les joncs,les roseaux, les glayeuls et pour les détruire on jette dessus des cendres qui, en entrant dans leurs tige ouvertes, les brülent.
La combustion de ces joncs, &c., sur les.
lieux mêmes produira le même effet avec moins. de frais ; aussitôt après ce fauchage, on met les bestiaux dans ces prairies pour quelques jours seulement, pour consommer ce qui & échappé à la faulx ; ensuite on les rétire si on veut, fauchier une seconde fois.
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Les prairies marécageuses et les marais n'ont
pas besoin d'engrais ni d'irrigations ; on doit au: contraire les défricher. par tous les moyens les:
moins dispendieux ; on ne doit point épargner
les fossès et les rigoles pour lés égouter, ou les:
digues pour contenir les eaux supérieures, afin qu’elles ne séjournent pas ‘sur la place ; les portions défrichées seront destinées à faire des pâturages et les autres seront fauchées.
Remarques generales.
On les divisera doncen:paturage de différentes.
espèces suivant l’humidité naturelle plus ou moins grande de chaqueportion ; on les séparera par des fossés, des clôtures ‘et des plantations convenant à la nature du terrain, et après en avoir extirpé les joncs et glayeuls, on.
en obtiendra pendant plusieurs années, d'abon-
dantes récoltes, davoine, de chauvre, après quoi on les sèmera rn prairies. rs Les travaux de conservation de ces prairies
ainsi défrichées consistent dans l'entretien des
canaux, des fossés, des rigoles, des clôtures et dans l’extirpation des mauvaises herbes,
Le moment le. plus favorable pour récolter les foins est lorsqu'ils sont généralement en fleur.
Un beau temps fixe est nécessaire pour fairede bons foins ; si le foin est rouillé, par quelque cause que ce soit, le mieux est de le faucher immédiatement afin de procurer de bons regaing:
qui dédommagent du rouillé que l’on ne doit
employer qu’à faire de la litière.
Les regains sont ordinairement très faibles
| dans les prairies de la seconde classe, ceux dé-
la trosième et quatrième sont plus abondants.
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Ces foins demandent à être serrés dans un «état de siccité complet; ils sont excellents pour les veaux d'élève et les poulins.
Le meilleur foin est celui qui provient des ‘ prairies sèches; on le réserve pour les cheveaux ; le plus mauvais est celui des prairies très humides et marécageuses, dont on ne de- “vrait faire usage pour les bêtes à cornes que dans un cas de disette de fourrage et avec ‘beaucoup de précaution, en le mêlant avec de la paille.