‹ Traité d'agriculture pratique [microforme] (volume 4)Chapitre 11 sur 24 · IV. Caarirre. Des CLôrunes · texte numérisé non relu

IV. Caarirre. Des CLôrunes

On ne peut garantir les récoltes sur pied du maraudage des hommes, et du degat des animaux, que par une clôture bien faite et bien entretenue.

Pour clorre, on se sert ou de Fossés, ou de Hairs Vives, ou de Pignre, ou de PLANTATIONS d'arbres, ou de Murs, soit en terre, soit en pierre.

Fossfs.—Un fossé est une fosse peu large, mais très longue, destiné à indiquer une limite, à enclorre les propriétés, ou à faciliter l'écoulement des 4 ; quelquefois il remplit ces trois objets à la

ois.

Il est impossible d’en fixer les dimensions, puisis dépendent de leur objet et de la nature du Bo e.

Ceux destinés à l'écoulement des eaux doivent être proportionnés à la masse d’eau qu’ils doivent porter ; ceux qui indiquent seulement une limite se placent dans la ligne qui sépare les héritages, et peuvent être de deux pieds de large sur autant de profondeur ; mais ceux qui servent de clôture doivent avoir cinq pieds de largeur sur trois de profondeur ; tous doivent être creusés en talus, c’est àdire, être plus larges du haut que du bas,

La terre que l’on tire de ces fossés se jette du côté intérieur du champ, lorsqu’ils font limite, et des deux côtés s’ils servent à l'écoulement des eaux ; c’est sur ces élévations qu’on plante les haies vives.

Hares Vives, — De toutes les clôtures, la plus naturelle, la plus économique et la plus utile, sous le point devue général,est certainement celle faite avec une haie vive ; elle estun obstacleque l’hommea peihe à vaincre ; elle est la plus économique, parce que les matériaux dont on la forme sont ordinairement sur les lieux ; elle est la plus utile, puisqu’elle rap-

orte des revenus par la tonte que l’on fait annuel- Jement de ses branches, et.que lorsqu'on la détruit,

on profite non seulement des branches, . mais des pieds et des souches ; ainsi, partout où cela est pos. sible, les propriétaires de torres ont un grand intérêt à les enclore de haies vives.

Presque toutes les espèces d'arbres et arbustes indigènes peuvent servir à former des haies, mais l'aubépine est préférable, ainsi que tous les arbustes épineux.

Lorsqu'on veut former une haie, on emploie la “voie des semis, ou la plantation ; celle des semis est préférable, parce que le plant qui en provient étant pourvu de son pivot, a plus de force et de dnrée, il faut, l'automne prétédant la formation de la haie, créuser ane fosse de deux pieds de profondeur, sur trois ou quatre de large; le printempg suivant, on PA Aq i graines sur deux ou trois rangs dans

des rigoles élaignées de huit à dix pouces, et de manière que chaque graine soit à deux ou trois pou-

ces de ses voisines, et on las recouvre d’un pouce ‘de terre environ ; à la fin du premier été, on devra Jui donner un léger binage, et le printemps suivant ‘un s6cond.

La dernière année on donne deux binages, et on remplace les pieds qui ont manqué.

La troisième année, il sera bon do forcer toutes les branches, poussant en avant, à prendre une direction latérale, en les croisant, pour boucher les vides, 'et on pince le sommet des tiges qui s'élèvent au-dessus des autres.

La quatrième année, si ‘c'est une haïe darbustes ‘épineux, le plant'aura trois pieds de haut, et on vu la tondre sur les côtés et le dessus, pour lui

aire jeter plus de rameaux, ‘et fortifier ceux qui ont une bonne direction. |

La sixième année, elle est complètement formér:; “on continue à Ja tondre, une pnnée sur le devant,

et l’autre sur le deière,

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Une haié ainsi faite et entretenue durera cent ans, et fournira, suivant son étendue, assez de petit buis pour chaufler le four et faire bouillir la marinite d’un. ménage ordinaire pendant un an.

PLANTATION D’ARBRES,—On peut faire aussi des haies avec de jeunes arbres de deux à trois ans, crus dans les forêts, dont on entremèle les espèces, et que l’on plante le printemps, avant que la sève soit montée ; on coupe à deux pouces au-dessus du collet des racines le plant qu’on destine à. former une haie ; on lève ce plant, avec ses racines, et oa le plante dans une double rigole, assez profonde et assez large pour qu’on puisse étendre les racines dans toute leur longueur, à quatre ou six pouces de distance, et même plus, de manière que ceux d’un rang soient vis-à-vis le vide de l’autre ; on les cou: vre d’une terre bien meuble, et on les conduit pour le surplus comme les arbustes épineux,

Quelques-uns veulent, qu’on emploie, par préférence, des arbres fruitiers, dont on en laisse un de dix pieds en dix pieds s'élever au-dessus de la hauteur ordinaire des haies.

Les bois commencent à êtra éloigné des. habitations en Canada, et les charrois dispendieux ; pourquoi je recommande aux habitants de planter des haics vives pour y suppléer avant que les forêts soient entièrement dégarnies, ou si éloignées, qu’on ne pourra. s’en procurer qu’à des-prix exorbitants,

Pauissanes. —Les palissades ne sont autre chosa que des. plantations. d’arbres, soit pour border une avenue, soit pour cacher uae vue désagréable ou inutile, de vraies haies vives, excepté qu’elles:sont Moins compactes.

Barrières. — Que les terres soient enclnses d’une façon ou d’autre ; il n’en faut pas moins pour facili. ter les communications intéricures et extérieures ; elles doivent être construites simplement et solide-

ment, soit qu’elles ouvrent d’une seule pièce," owen deux, sur des pivots de bois ou de fortes pentures: soit qu'elles coulent entre deux piquets ; celles qui ouvrent d’une seule pièce doivent avoir un balancier à la partie supérieure qui croise la barrière, supporte son poids, et facilite l'ouverture et fermeture ; elles sont ordinairement plus-longues que hautes ; elles doivent avoir huit pieds de long sur quatre à cinq de haut, et garnies de barreaux dans toute leur longueur, posés à cinq et six pouces de distance, amanchés dans un cadre, haut et bas, pour en diminuer la pesanteur ; à côté de ces barrières on en doit pratiquer une moyenne, de trois pieds de large, pour le passage des animaux, et un échellier pour celui des hommes de l’autre côté.

Pieux £r PercHes.—Il a été constamment d’u.

sage dans le pays, de clore en pieux et en perches, quand le bois était commun et à la main; mais comme il devient de jour en jour plus rare et plus éloigné, et que le renvuvellement de ces clôtures devient for: dispendieux, il serait sage et prudent d’y suppléer par un moyen ou par un autre ; et c’est pourquoi j’ai proposé celui des haies vives, soit en arbustes épineux, soit en arbres forestiers, ou en fruitiers ; il m’en reste cependant encore un à proposer: celui des murs en pierre sèche, ou en mortier.

Murs.—On ne peut disconvenir qu’un mur en pierre ne remplisse bien le but proposé, qui est de séparer Îles héritages, et de mettre les récoltes à Pabri des dégats des hommes et des animaux ; mais ls sont plus dispendieux, et ne rapportent pas de bénéfice comme les haies vives ; ajoutez à cela qu’on ne veut contraindre son voisin à clore ainsi, suivant la coutume de Paris, hors des villes et des fauxbourgs.

Cependant comme je vois dans plusieurs champs

ou en itures, es qui ancier pporte ; elles elles à cinq ur lonnce, àn dimi-

on en large,

r pour

nt d’uerches,

des amas de pierres et de cailloux répandus cà et là, qui non seulement défigurent les terres, mais mettent un obstacle à leur culture, je conseille aux

ropriétaires de s’en servir pour clore une partie de eurs terres, soit à sec, ou avec du mortier ou de la terre glaise, à une hauteur de quatre à cinq pieds; ils se trouveraient dans peu d'années dédommagés par le produit que donneraient les terrains qu’ils couvraient, et dispensés de se pourvoir de pieux et de perches pour autant.

Parce.—Les parcs sont de va s étendues de terre entourés de murs, et plantés de bois qui accompagnent souvent en Europe les maisons de campagne dee personnes opulentes, et qui servent ordinairement à renfermer des gibiers et des bêtes fauves.

Comme il n’y en a pas dans le pays, et que je ne désire pas en voir, à cause des dissentions qu’ils occasionnent, je me dispenserai d’en parler,

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