‹ Traité d'agriculture pratique [microforme] (volume 4)Chapitre 13 sur 24 · TEST TARGET (MT · texte numérisé non relu

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de manière qu’il y ait un demi-pied d’épaisseur de ces"plantes, et un demi-pied. de terre alternative. ment : on fait des tas de ces substances, de distance en distance, de la longueur et largeur que l’on jnge à propos, et de six pieds de haut ; on bat les faces extérieures de ces tas pour les rendre unies, et conserver les eaux de pluie, qui facilitent leur décomposition. Si on y met de la chaux, la décomposition sera plus prompte ; mais, d’une maniè:e ou d’autre, au bout d’un an, on aura un excellent fumier qui portera la fertilité sur toutes les espèces de terre où on le répandra ; surtout sion a eu soin d’arroser ces amas pendant les chaleurs de l’été, pour exciter la fermentation : il faut avoir attention d’en répandre peu sur les terres.

CHARoGNES.— C’est le nom que l’on donne aux cadavres des animaux morts de maladie ou d’accident, qu’on voit exposés sur les terres et dans les chemins, au risque de donner des épidémies et d’occasionner des épizooties ; les cultivatcurs sont d’autant plus blamables de les laisser décomposer à l'air, que c’est un des plus puissants engrais qu’ils puissent employer, s'ils les enterrent dans leur fumier, ou les mettent dans des fosses, et les chargent de terre.

CHarBon.—Le charbon de bois et celni de terre ont, à peu de chose près, les mêmes qualités ; tous deux servent d'engrais, purifient les eaux gatées, et préservent les viandes de la corruption pendant plusieurs jours,

Si vonts avez des marais où l’eau se gâte l’été, si vous voulez en conserver dé bonne dans des barriques, pour votre nsage, jettez-y des morceaux de Pun au de l’autre cherbon, et vous les aurez limpides ét vonnes ; si vous êtes obligés de garder de la viande fraiche pendant plusieurs jours, pendant les chaleurs, mettez-la sur des charbons ; si vous en

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avez à faire cuire, qui ait mauvaise odeur, jettez u1 morceau de charbon dans la marmite où vous la ferez bouillir, et vous serez étonnés de son effet ; mais surtout comme engrais pour fertiliser les terres, et en particulier les prairies.

Pour l’employer comme engrais, il faut le pulvériser avant de l’étendre sur les terres et les prairies ; aussitôt après qu’elles sant fanchées, non seulement le charovn, mais encore ses résidus, comme sa suie et sa cendre, après qu’ils ont servi comme-combustibies, s’employent à la même fin. 7

Trente minots de charbon pulvérisé par arpent, sur les terres froides, argileuses et humides, et dix à douze sur celles qui sont sèches et légères, paraissent être le terme moyen d’une bonne pratique.

En général, c’est sur les terres de marais que 16 charbon produit le plus de bien ; les arbres fruitiers, les plantes vivaces, reprennent de la vigueur lorsqu'on en met quelques poignées autour de leurs pieds, L \ a l

CHaux.—Les agriculteurs prudents trouvent dans Ja chaux le plus puissant de tous les amendements, et le plus complet de toutes les sortes d’engrais, principalement sur les terres marécageuses.

Mêlée avec du fumier, la chaux produit dans tous les sols des effets merveilleux, soit pour les céréales, soit pour les végétaux ; si on l’emploie seule, il faut l'éteindre complètement avant de la répandre sur les terres ou les prairies ; un minot par perche suffit, et cet amendement dure une douzaine d’années ; ainsi donc, ceux qui peuvent se procurer de la chaux à un

rix raisonnable, ou qui peuvent en faire à peu de rais, feront sagement de s’en procurer pour améliorer leurs terres ; ils seront amplement récompensés de leurs déboursés. ou de leurs peines, par d’abonduntes récoltes. M 2

Anruur Youne a démontré que l'emploi de la chaux a fait la fortune des cultivateurs anglais; et

pourquoi, ne ferait-elle pas celle des cultivateurs Canadiens? EEE

.Cowposr.--C’est le nom générique que les Anglais donnent au mélange qui a pour but de fertili.

ser la terre,

Ils le composent de’ toutes sortes de substances rises dans les fossés, les ruisseaux, les mares, et es étangs ;le tan, la suie, la craie, la chaux, la mar-

ne, les. balayures des rues, des grandes routes, les lies, les résidus des matières fermentées, le gg2on, la tourbe, les feuilles des arbres, des plantes, lcs marcs des fruits, les végétaux qui ont servi de litière aux animaux, opèrent de bons effets mis en com. post ; ne s’agit que de les approprier, de les arranget par couches alternatives ; élles se pénètrent ré. ciproquement, et forment par leur réunion un engris plus actif que ne le peut chacun de ces objets séparément,

On fait une fosse, du: plus, dans lesquelles on met par lits ces différentes matières ; on les y laisse fermenter pendant un an, avant de s’en servir ; et afin que les gaz ne s’évaporent pas, on les recouvre d’une matière impénétrable. |

On fait aussi des composts avec du fumier et de la terre seule ; on peut y mêler de Ja chaux et de la cendre en petite quantité ; on peut y faire entrer les charognes, le sange les cornes, les ongles des bœufs et des moutons, les poils, les plumes, les matières fécales, la colombine, les urines, &c. et on les arrose avec les eaux de lessive, de savonage, et de cuisine.

ExcrémeNrs.—Voyez lé mot LATRINES, où l’on a enseigné la manière de faire un compost.

Les excréments des oiseaux sont comme ceux des humains, très propres à fuire des engrais énergiques.

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Fumier.—On a parlé tant de fois, dans ce traité, de l’engrais qu’il fournit, que je me crois dispensé d'en parler de nouveau.

Marne.—Cette substance . est plus connue duns ce pays-ci, sous le nom de gidise, que sous celui de marne ; c’est ün mélange de calcaire et ad 2 susceptible de se délitér à l'air, et qu’on emploie pour amender les terres ; on pre à connaitre la bonné marne, en en faisant dissoudre un petit morceau dans du vinaigre. | |

On le trouve souvent sous la terre végétale, à peu de profondeur ; dans ce cas on doit l’éprouver avec du vinaigre, comme je viens de le dire ; ét si elle se dissout facilement, on doit l’en tirer, la mettre en tas sur les terres pour y passer un hiver, et la répandre eusuite à deux et quatre pouces d'épaisseur avant de labourer et semer.

Si c’est un terrain argileux qu’on veut amender, il faut y mettre dela marne calcaire ; si c’est au coñtrdire un terrain calcaire, il faudra employer la marne argileuse : voilà tout le secret.

Les Anglais font un grand usage de la marne, et plüsieuts gros fermiers lui doivent leur fortune. Canadiens ! faites-en autant, et vous y. trouverez la vôtre.

On peut l’employer seule, ou mêlée avec d’autres matières fertilisantes.

Paizte.—Je né considérerai ici la paille que comme litière, et la base de la plus grande partie des fumiers, et par conséquent des engrais:

On compose la litière des animaux avec toutes sortes de paille, soit de froment, de seigle, d'orge, soit d’avoine ; on ne doit ermployer pour cela que celle dont ôn a le moins de besoin pour la nourrituré des animaux, et celle que lon a de surplus, après leur hivernement,

C'est un mauvais calcul de la vendre ou de la hrû. ler ; le famier qu’elle produit, lorsqu'elle a servi de litière, est d’un bien plus grand avantage aux agriculteurs. \

Dans les pays où il n’y a pas de bois, on en fait une tourbe artificielle ; pour cela, après l'hiver, on arrose:la litière des écuries, on la dispose en tas, de quelques pieds de hauteur ; on y jette de l'eau, et on la fait trépigner par les chevaux et les bœufs ; le résultat est un corps solide, que l’on coupe par morceaux, comme la tourbe, quand il est desséché à moitié, on le met à l’abri de la pluie, et quandil est sec, on s’en sert pour faire du feu.

PraTre.—Le plâtre est employé, comme amendement, dans les pays où il est abondant ; comon.n’en a pas encore découvert en Canada, et qu’on: ne peut s’en procurer à assez bas-prix pour en faire usage comme amendement:sur les terres, je me contenterai de dire ici que le plâtre est considéré comme marne calcaire; et est-employé comme il est dit au mot MARNE : ainsi, dès qu'on pourra s’en procurer à bas prix, on en fera l’usage qui est indiqué à cet article.

Tan.—Le tan est le nom que l’on donne à l’écorce du chêne concassée pour tanner les peaux des animaux ; dans ce pays il conserve la même dénomination après qu’il a été employé, quoiqu’en France il en change et qu'il prend celui de tannée.

On fait usage de la tannée en Europe pour faire des couches chaudes ; on l’emploie seule ou mêlée avec du fumier ; mais plus généralement comme engrais sur les terres et surtout sur les prairies : avant que de l’employer il sera prudent de la laisser pendant quelque mois, s’incorporer avec le fumier.

Actuellement, cultivateurs Canadiens,que vos savez l’emploi qu’on peut faire de cette tannée, j'ose me flatter qu’on n’en verra plus d’étendue aux portes

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des tanneurs dans la ville et les campagnes et que les plus industrieux en feront l’usage que je leur in. dique.

anneau, —Le terreau n’est autre chose que le résultat du fumier consommé, et du compost, que je vous ai enseigné de faire. ( voyez ce mot).

L'utilité du terreau est siimportant qu’il doit avoir frappé tous les agriculteurs et les engager à s’en procurer une grande quantité pour avoir d’abondantes récoltes de céréaleset de plantes légumineuses.

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