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RECOLTES DES PLANTES

A récolte est le résultat et la juste récompense des travaux du cultivateur ; s’il a bien opéré, il y trouve la rentrée de ses avances, le salaire de ses peines, et la cessation de ses inquiétudes.

Chaque récolte a son époque indiquée par la nature que le cultivateur doit saisir avec empressement ; il doit avoir ses instruments et ses agrès tous prêts, pour n'être pas exposé à des pertes cousidérables.

Il n’y a en Canada que deux principales récoltes de la grande culture, savoir : la coupe des foins et celle des grains; les autres n'ont point de caractères particuliers, et se font sans de secours d'agents étrangers.

La récolte des foins est la première; ses instruments-sont des faulx; des fourches, et des charettes ; ‘sesagents sont des faucheurs, des faneurs, des voituriers, et des chargeurs.

Après les foins vient la moisson des céréales ; ses instruments sont des faucilles, des faux à javellier, des liens pour botteler ; les agents sont des coupeurs, des fauchev:,;, | des lieurs, des voituriers, et des chargeurs.

* Ces opérations exigent une grande activité: on ne doit pas épargner les bras dans ces occasions, afin d'éviter les pertes que le moindre retard peut occasionner ; ainsi les cultivateurs et les maîtres des collèges y emploieront tout leur monde.

A Rscoltes ameliorantes.

On donne ce nom aux prairies artificielles

coupées avant la maturité de leurs graines, |

ainsi qu'aux cultures de navets, de raves, de choux, de carottes, &c..

Par extension on a donné le même nomài des récoltes épuisantes par leurs graines, comme à des semis de vesce, de pois gris, de gesse &c. ainsi qu'aux cultures qui demandent des binages d'été, comme la patate, le maïs, le topinambour, qui non seulement détruisent les mauvaises herbes, mais améliorent le sol.

Recoltes epuisantes,

De même qu'il y a des récoltes améliorantes il y en a d'épuisantes, Les récoltes qui ont pour objet la maturité des graines, comme le froment, l’orge, le seigle, l’avoine &c. sont très-épuisantes, ainsi que Ja culture du chanvre, du lin, du navet, du pavot, &c.

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Recolte derobee, On donne ce nom à la récolte qu'on fait après

celle du seigle, de l’orge, du blé, de l'ayoine,

du trèfle, du mil et a d’autres plantes qu'on a semés avec ces céréales, ou après ; car loin de nuire à la fertilité de la terre elles l’améliorent, surtout si leur produit est consommé sur place par les animaux, et augmentent les revenus.

Recoltes enterrees pour engrais,

Ce n’est que depuis “"elques années qu’on sest imaginé de semer dans l'intention d’entrrer une récolte pour s’en procurer ‘une autre plus avantageuse, la théorie de cette opération est fondée sur ce que les plantes vivantes portent dans la terre une surabondance de, carbone, une humidité durable, et prolongent l'effet des labours en y laissant des vides après leur décomposition.

La conséquence est qu'il faut préférer enterrer des plantes à racines épaisses, ou à tiges charnues, ou à feuilles nombreuses dans

ls terrains secs et légers et dans les terrains . argileux et humides des plantes à tiges très ‘raméfiées,très-sèches et lentes à se décomposer.

Celles de ces plantes qu’on préfère le plus généralement dans les climats septentrionaux, comme le nôtre, sont pour les terrains secs et légers, la rave, le navet, le sarrasin et le trèfle, et pour les terrains argileux, la fève,’ le louis, les pois et la vesce.

Le tabac semé à la volée le printemps est la plante la plus avantageuse pour être enterrée en vert.

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Il est fort à désirer que cette bonne pratique

soit adoptée en Canada, où le fumier aui est

le seul engrais usité, est si peu commun.

Recolte morte,

C'est une récolte que la gelée, ou lu sécheresse, les grandes pluies, ou les inondations ont rendue si médiocre, qu’elle ne mérite pas les frais de la couper, en sorte que l'unique parti à prendre est de l'enterrer par un labour et d’y semer d’autres plantes comme raves, navets, trèfle, &c.

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