‹ Traité d'agriculture pratique [microforme]Chapitre 107 sur 120 · PRAIRIES ARTIFICIELLES · texte numérisé non relu

PRAIRIES ARTIFICIELLES

| L est de toute nécessité de faire précéder

l'année de l’établissement d'une prairie

artificielle par une culture améliorante ;

OI c'est-à-dire une culture qui exige d’abon-

7 dants engrais et surtout des sarclages,

© des houages, des buttages, ou un fauche-

ment en vert, ou une consommation par Îles

animaux sur le champ, ou enfin un enfouisse-

ment du produit comme moyen d’engraissement et de nettoiement,

Le terrain ainsi préparé doit être labouré profondément, ameubli et divisé suffisamment pour que les racines pénètrent aisément à une profondeur convenable, la herse et le rouleau ‘doivent compléter la division et le nettoiement -de la terre.

Il est très important de ne semer que de bonnes graines et bien nettes ; de n’employer que celles qui conviennent à la nature du sol et qui sont propres à la : ourriture des animaux qui doivent en consommer le produit.

Les plantes connues et usitées en Canada pour les prairies sont: le trèfle, le mil, le sainfoin ; elles peuvent être semées ensemble ou séparément ; maïs comme elles mürissent à des époques différentes, je conseillerais d'en faire des prairies distinctes et séparées, ne fusse que par ce qu’elles faciliteraient la fauchaison à des -époques différentes etrendraient cette opération ‘plus régulière et moins pressante.

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On ne doit pas perdre de vue que pour faire du-rer ces prairies un peu longtemps, il faut les faucher au moment de la floraison et ne pas attendre la‘maturité de leurs graines, qui épuisent la terre de telle sorte qu’elles ne peuvent se soutenir que peu d'années ; je ne crains pas d'avancer que des prairies cour es à l’époque de la floraison des plantes dueront deux fois plus de temps, que celle coupées lors de la maturité des graines et produiront une plus grande quantité de fourrage par l’abondant regain qu’elles.

donneront à la seconde coupe.

On ne doit laisser venir à maturité qu’un petit. morceau de ces pruiries, lorsqu'on veut en former de nouvelles.

Aussitôt qu'on s'aperçoit que ces prairies: diminuent en produit on doit les labourer, les ensemencer de céréales, les alterner, pendant trois ou quatre ans, de plantes améliorantes et les convertir de nouveau en prairies.

TREFLE,

E trèfle dit M. de Père réussit bien dans les terrains argileux quand ils sont égoutés parfaitement, bien ameublis et amendés ; on ne doit pas, dit-il, en tenter la culture sur ceux qui sont épuisés par défaut d'engrais ou par une longue suc-

cession de récoltes épuisantes, ni sur les terrains couverts de pierre ou de graviers, ni sur les terres ferrugineuses, submergées ou marécageuses.

Quand on n’a pu fumer la terre avant de semer du trèfle, il convient de le faire l'automne suivant, en le couvrant légèrement soit de fumier, soit de chaux, de poudrette, de cendre,. de charbon pulvérisé, on de suie.

Undes plus grand ‘inconvénients du trèfle st la difficulté de son fanage ; il est prudent de le mêler, quand on l’a seché convenable.

ment, avec du vieux foin ou de la paille, pour le préserver et donner bon gout à ces fourrages,

Le trèfle soit en vert, soit en sec, offre à tous les animaux une nourriture saine et abondante, ‘on ne doit leur en donner qu'avec réserve ; car l'excès lorsqu'il est vert les relache et les resserre lorsqu'il est sec.

Le trèfle est la plante par excellence pour alterner les récoltes sur les terres auxquellesil ‘convient ; lorsqu'il est bien cultivé, toutes les céréales qui lui succèdent donnent des produits plus avantageux qu'après la jachère abolue ; il résulte de tout cela cette précieuse “vérité, qu'une belle récolte de trèfle assure une belle récolte de blé.

Mr. de Père, qu'on 8e plait toujours à citer, -dit qu'on doit éviter le retour fréquent de cette plante, même sur les terrains qui lui conviennent le mieux; il recommande. la rotation suivante: 1, des fèves; 2, du froment; 3, du trèfle ; 4, du froment.

FEVE A CHEVAL.

| A fève de marais, dite gourgane, est une plante annuelle, estimée pour la culture des terres compactes, marécageuses et humides.

On peut avoir trois objets en vue en la cultivant :

1. De la récolter en grains; 2. de la conver: tir en fourrage ; et 3. de l’enfouir en vert pour engrais.

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Pour quelques fins que ce soit qu’on cultive la fève de marais, elle doit être semée à la volée, si c'est pour en faire du fourrage, et en rayon . si c’est pour la graine, sur un champ préalablement labouré, hersé et même roulé. Si on a semé en rayons suffisament espacés, on passe dans les raies vides une petite charrue à deux oreilles, lorsque les circonstances exigent qu'’elles soient sarclées et renchaussées ; on répète cette opération aussi souvent que le besoin le demande.

Si les pucerons les attaquent, le plus sur moyen de s'en débarasser est d’en faucher les extrémités attaquées : on a remarqué que cette opération accélerait la maturité des fruits lorsqu’elie était à l’époque de la floraison, et augmentait le produit en beauté et en quantité.

Le moyen le plus expéditif pour les récolter est de les faucher ; ensuite on les lie et met à couvert lorsqu'elles sont bien sèches, on ne doit les battre qu’a fure et à mesure qu’on en a besoin.

Le fourrage qu’on obtient des fèves est très nourrissant soit en vert soit en sec, on peut en obtenir plusieurs coupes, parceque le fauchage des tiges en fleurs leur fait ordinairement pousser des jets latéraux qui fournissent une nourriture tendre et succulente.

Avant que d’enfouir les fèves pour servir d'engrais, il est bon de passer dessus un rouleau pour les coucher, lors de la floraison, à la suite de la pluie ou avant que la rosée soit évaporée.

Olivier de Serres a dit, il y a longtemps que l'on sait que les fèves engraissent les terres ou

elles ont été semées et recueillies, en y laissant quelque vertu agréable au froment qu'on y sème après.

Il est d'expérience que l’on peut soutenir

2°. froment; 3°. fevès; 4°. froment, on

rotation

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