‹ Traité d'agriculture pratique [microforme]Chapitre 114 sur 120 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Telle est la totalité des cultures et des

| améliorations que j'ai cru devoir présenter et

recommander à mes compatriotes cultivateurs canadiens pour les mettre au niveau de ceux d'Europe et les enrichir comme eux par leur adoption.

Je ne leur recommande rien qui ne soit pratiqué depuis longtemps, soit en France soit en Angleterre ; qu’ils en fassent l'essai et je ne doute nullement du succès.

Le commerce des pelleteries qui, pendant longtemps, a fait regarder cette province, comme

| le plus beau brillant de la couronne d'Angle-

terre, est réduit à rien, le commerce du bois qui lui a succédé, va de même bientôt disparaître; il ne vous reste que la fertilité de vos terres ; faites-les donc valoir; mais pour vous rendre recommandables auprès de la mère patrie

H adonnez-vous à la culture du chanvre, dont

elle & tant de besoin et pour le produit duquel elle envoye, avec regret, chez l'étranger, des

| millions de livres sterling qui vous enrichiront

plus efficacement que le commerce des pelleteries n’a jamais pu le faire et que celui du bois ne fera pas d'avantage. Le produit du chanvreau contraire durera aussi longtemps que l’Angleterre tiendra le sceptre de la mer, c’est-à-dire, jusqu’à la fin du monde.

Vos terres et votre climat sont favorables à cette culture; elle a été, sous le gouvernement

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français, suivie avec succès, pourquoi ne {lg serait-elle pas encore? ne voit-on pas, à la porte de chaque particulier qui nourrit des siseaux, le chanvre prospérer sans culture ?

que sera-ce donc quand il sera cultivé convenablement? oui! mes amis, entreprenez cette culture, enrichissez-vous et mes vœux seront accomplis. C’est dans cette vue que j'ai réservé ce dernier article et je vous engage à y porter une attention particulière, puisqu'il peut vous maintenir dans le haut rang que vous avait donné le commerce des pelleteries et du bois, celui d’être le plus beau brillant de la couronne d'Angleterre.

Chanvre.

Cette plante cultivée de temps immémorial parait être de tous les climats, puisqu'on la trouve dans la froide région dela Russie et dans la chaude contrée de l'Italie, elle est incontestablement une des plus utiles dans les arts et une des plus avantageuses dans les assolements.

Le chanvre exige, pour prospérer, le terrain le plus fertile et le mieux préparé.

Les terres maigres, sèches, sablonneuses et pierréuses lui conviennent bien peu et celles qui sont compactes, argileuses et humides ne lui conviennent guère mieux à moins que leur ténacité et humidité n'aient ‘6 rassablement corrigées par un amendement calcaire, tel que la marne et la chaux ; les terres fraîches, d’alluvion, des vallées et celles récemment défrichées après bois ou prairies sont plus propres à sa culture, quoiqu'il végète rapidement dans un sol quelconque avec une culture et une température convenables, cependant il

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lui faut encore les engrais les plus riches les plus divisés et les plus consommés.

On n’en doit commencer la semence que sur un défoncement à la bèche ou à la pioche, ou sur trois labours profonds ; dont un avant l’hiver, le second à la fin, et le dernier immédiatement avant l’'ensemencement ; on doit déposer l'engrais avant le premier labour.

On remplate avantageusement les fumiers ordinaires par celui de mouton, la poudrette, la colombine, les débris d’os et de cornes, les cuirs et les rognures de cuir et d’étoffe de laine, les boues, les vases, les terreaux et les composts, que l’on doit incorporer par de fréquents hersages : on doit attendre que le temps soit à la pluie avant de semer et que les gelées du printemps ne soient plus à redouter ; la graine doit être de l’année précédente, pesante, luisante, d’un gout agréable et d’un gris foncé; on sèine de deux manières, à la volée ou en lignes. La première est la plus usitée et la plus convenable pour obtenir une filasse fine, douce et déliée, la seconde pour obtenir un fil plus fort et de bonnes graines.

Le chenevis, c'ést-à-dire la graine, demande à être peu enterrée et roulée; quelquefois on dépose par dessus la semaille des engrais pulvérulants ou bien réduits, ou des famiers longs pour empêcher la terre de se durcir.

Aussitôt que la graine est levée partout, on sarcle et on éclaircit, c’est pourquoi les planches ne doivent pas excèder quatre pieds et on doit lais ser un sentier tout autour pour ne pas piétiner la plante et faire facilement l’arrachage des pieds mâles ou femelles, suivant l’objet qu’on a en vue.

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