LE MAIS
U' blé-d’Inde,
rique du sud, et avait passé de là dans
celle du nord. Cette plante était cul-
7 c4 tivée en Canada, avant sa découverte:
les sauvages étaient dans l’usage d'en
emporter dans un petit sac, de grillé et
de concassé, y mêlaient un peu de sucre, en
jettaient quelques pincées dans de l’eau, J’ava-
laient, ce qui leur servait d’aliment et de bois-
son, quand, dans leurs incursions, ils se trou-
vaient privés des ressources de la pêche et de la chasse:
Cette plante est : la famille des graminées, Sa racine est pivotante, sa tige est droite et solide, elle s'élève à cinq et six pieds, elle porte terme moyen, deux épis, dont quelques-uns ont jusqu’à douze rangées de trente-six grains, ce qui fait monter le produit d’un seul grain à sept cent quatre-vingt-quatre ; ce produit extraor: dinaire en a fait adopter la culture dans toutes les parties du monde.
On le distingue par la couleur des grains, dont les uns sont blancs, d’autres jaunes, quelques-uns rouges, bleus, et enfin des marbrés, les uns plus hâtifs que les autres, que l’on a nommés quarantains.
C'est à l’estimable et savant parmentier qu'on doit le premier écrit régulier sur Ja culture de cette précieuse plante, qui se réduit à Ceci :—
Culture, dit-il, lui
Toute terre, convient, pourvu
qu’elle soit profonde, bien travaillée et suffisam- È
ment amendée ; cependant il réussit mieux dans
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celle qui est légère et humide; comme il épuise promptement le terrain, il est bon d’en changer tous les ans et de ne l’y resèmer que quatre ans au moins après.
Il exige deux labours, un l’automne et l’autre le printemps, temps auquel on doit le semer avec du fumier bien consommé.
La manière la plus simple de faire ce semis est à la charrue qui trace un profond sillon, un jeune homme Îa suit, s’agenouille et jette dans. la raie quatre à six grains, se relève, fait un pas, s’agenouille au second et jette encore quatre à six autres grains, et ainsi de suite jusqu'au bout de Ia planche. Il tourne et suit toujours la charrue et continue à semer de la. même manière, un jeune homme le suit un rateau à la main qui recouvre les grains d’un pouce et demi de terre seulement. Quand le plant à cinq à six pouces de haut, on le bine et renchausse sur le travers avec une charrue à deux oreilles, qui renchausse deux rangs à la fois. Si le semis a été fait régulièrement, quelques feunes gens doivent suivre la charrue, avec des bêches, pour battre la terre et l’affermir au tour des plants et enlever les mauvaises. herbes. Le second binage et buttage se fait quand il a un pied de haut, de la même manière, et le troisième lors de la floraison; on ne doit pas oublier d’extirper les pousses autour des pieds.
La maturité du maïs se reconnait à la dessication de la plus grande partie de ses feuilles et au déchirement de la plus grande partie des enveloppes de l’épi; il ne faut pas se presser d’arracher les pieds. Si on est forcé
-de le faire, par les gelées, avant leur entière maturité, il faudra faire sécher les épis au ‘four, pour les conserver jusqu'à ce qu’on en fasse usage.
LA CULTURE DU MAIS, COMME FOURRAGE ST très-avantageuse quand on sait la diriger convenablement, pourquoi je l’indiquerai succintement.
Dans leur jeunesse, les feuiles, et sur.
tout les tiges, contiennent une si grande
quantité de mucilage sucré, que les hommes ont du plaisir à les saucer, et qu’on en peut en retirer du véritable sucre par les procédés employés pour la canne ; aussi les animaux herbivores les aiment-ils avec passion leur usage habituel les engraisse promptement, et donne un excellent goùt à leur chair.
On en doit semer exprès dans cette vue, et le
faire sur un terrain qui aurait produit une:
récolte précoce, comme de seigle et d'orge:
pourvû qu'on le sème avant le quinze de juillet, on obtiendra une récolte de ce précieux fourrage, qui payera amplement la peine qu'on $e sera donnée; dans ce cas on fait le semis sur un seul labour; on répand huit minots de graines à la volée par arpent: on coupe les pieds au moment où les panicules de fleurs mâles sortent de leurs enveloppes, quelquefois plutôt ou plus tard, selon les convenances ; le maïs ainsi coupé se sèche comme le foin, excepté qu'il lui faut plus de temps; ce fourrage se conserve bon pendant deux ou trois ans; peu de plantes en fournissent davantage sur la même étendue de terre ; les tiges trop dures s'écrasent avec un marteau au moment de la consommation.
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