SEIGLE
E seigle est une des céréales assez bien
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J précieux aux ÿeux des cultivateurs, € & l'ont fait adopter dès l'établissement dé la colonie; c'est lui qui, après le froment, donne la farine la plus propre à être convertit en pain; il prospère dans des terres où €
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Tous les sols qui ne sont pas aquatiques fournissent des récoltes plus ou moins avantageuses de seigle ; en conséquence, on ne doit lui consacrer que ceux qui ne sont pas propres. au froment comme ceux qui sont arides, sablonneux, crayeux, ou argileux.
Tous les engrais et amendements favorables.
à la production des autres céréales conviennent
au seigle ; on lui donne les mêmes labours, les
mêmes façons et les mêmes soins que ceux qui sont indiqués ci dessus pour la culture du.
froment, ainsi on y aura recours, et en les pratiquant, on en sera récompensé par d’abondantes récoltes.
Une chose que l’on ne connaît pas ici, c’est
qu'en semant du seigle dans les premiers jours de juillet, temps auquel on connaît si le fourrage sera abondant ou non, il y peut suppléer sbondamment, puisqu'on pourra le faucher une couple de fois avant les gelées, et qu'il n’en donnera pas une récolte moins abondante dans son temps.
On emploie cent vingt livres de seigle, terme moyen pour semer un arpent ; on doit le couvrir en peu ; un fagot d’épine, au lieu d'une herse, ufit pour lenterrer.
Sa paille sert à couvrir les bâtiments, à lier es bottes de froment, d'orge, d'avoine, et de oin, à attacher les arbrisseaux, comme les adelliers, les groseillers, etc. et à faire de l& itière.
Ces grains servent à faire de la bierre et de eau-de-vie, à nourrir les hommes duns les | (e, S.P.
potages et en bouillies, et les animaux en patées où en grains.
L'ORGE ST un graminée cultivé en Canada depuis son établissement ; il n’y a guères de fermes où l’on n’en voie un 9 petit champ.
I1 y ena plusieurs variétés; c’est aux cultivateurs à faire choix de la plus productive. Elles viennent dans toutes sortes de terre, pourvû qu’elles ne soient pas complètement stériles, ou trop marécageuses ; mais elles prospèrent mieux dans celles qui sont légères et chaudes, et principalement dans les calcaires.
C’est de toutes les céréales celle qui manque le moins souvent, et qui mürit la plus vite:
l'orge semée ex avril se coupe à la fin de juin ou au commencement de juillet, et laisse un terrain sur lequel on peut faire ure seconde récolte de navets.
Quarante à cinquante livres d'orge suffisent pour un arpent de bonne terre ; on lui donne les mêmes façons, et on lui porte les mêmes soins que ceux indiqués pour le froment.
On doit la couper peu après qu’elle a cessé de végéter; c'est-à-dire, quand elle devient blanche, et que son épi s’est recourbé ; cette opération doit se faire de grand matin, pendant la rosée, afin qu ilse perde moins de grain, et la lier le soir même du jour qu on l'a coupée, ei l’engranger le lendemain.
Da paille n’est bonne qu’à faire de la litière; c'est sous la forme de gruau, d'orge mondée et perlée, qu’il est le plus avantageux de manger
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ce grain : elle est plus nourrigsante en grains
pour les chevaux que l’avoine; trempée et
encore mieux moulue et fermentée, elle augmente considérablement le lait.des vaches, engraisse les bœufs, les cochons et les volailles, avec une incroyable rapidité, et leur domne une graisse de la meilleure nature; mais le grand emploi de l'orge est dans la fabrication
de la bière.
L'AVOINZ
ST un de ces graminées qui a été cul-
tivé en Canada depuis sa découverte ;
il y en a une infinité d'espèces ou de
variétés ; c'est aux cultivateurs à faire
choix de celle qui convient le mieux
à leur sol; elle intéresse essentielle-
ment les habitants Ges parties septentrionales
de l'Europe et de l'Amérique, puisqu'elle leur
fournit la nourriture au moyen des graines,
et celles de leurs animaux, au moyen de la paille.
L'avoine demande un terrain substantiel et frais ;: n’exige qu'un labour lorsqu'elle est semée sur un chaume de froment ; on ne la fume point dans ce cas, ni lorsqu'on la sème sur des jachères ou des prés; du reste elle veut les mêmes facons et les mêmes soins que'les autres céréales, sans omettre le chaulage.
On doit commencer les semences par cette plante, car elle a une végétation lente et longue, et les premières semées sont toujours les plus bélles.
On la coupe, soit à la faux, soit à la faucille ; si c'est à la faux, elle forme des onüins, et à la faucille des javelles.
Les graines d'avoine sont un aliment pour
les hommes et les bestiaux; la farine sert à.
faire des gruaux, des crêmes et des gâteaux qui ne sont pas sans délicatesse. Dans le Jura, on en fait des boulettes de la grosseur du poing, que l'on fait sécher complètement au four, que l’on peut conserver ün an dans un endroit sec, pour en faire des potages en les écrasant avec un marteau ; mais la plus grande consommation est par les quadrupèdes et les volatiles.
Il ne sera pas hors de propos de citer ici une expérience de Monsieur de Dael, qui en sema sur l’herbe d’une prairie basse, et la recouvrit d’un demi pouce de terre ; il obtint une superbe récolte, et celle de la prairie le fut également l’année suivante ; ce serait un bon moyen de raviver les vieilles prairies.
LE SARRASIN, | U blé noir, est une plante annuelle, qui 1 a la tige droite, cylindrique, rameuse, } lisse, charnue, rougeâtre, haute d’'envi-
ron deux pieds ; les feuilles alternes, en
Oo cœur, d’un vert clair, les inférieures
pétiolées, et les supérieures sessiles; les fleurs réunies en bouquets aux extrémités des rameaux.
Cette plante ‘offre des avantages précieux sous plusieurs rapports, dont les principaux sont l'abondance de ses graines, la rapidité de sa croissance, la propriété de réussir dans les sols les plus arides, et de servir à les améliorer lorsau’on l’enterre pendant sa floraison.
Comme elle craint les gelées, on ne doit en Canada le semer que vers le dix de mai, bien
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clair quand le but est une récolte de graines, mais épais quand c’est pour nettoyer un champ de mauvaises herbes, ou pour l’engraisser.
On le sème en général sur un seul labour à la volée ; cependant comme il gagne beaucoup à être biné et butté, je conseillerai de le semer en sillons assez espacés pour lui donner ces façons à la charrue; un bon hersage et un bon roulage concourent infiniment au succès du semis.
Je recommande de le semer sur les terres qui ont produit de l'orge et du seigle, aussitôt après qu’ils ont été coupés, parce qu'il aura encore le temps de fleurir avant les gelées, et qu'enterré, il arnéliorera tellement ces terres, qu'elles donneront une bonne récolte l’année: suivante, sans autre engrais.
Je ne connais, dit Rozier, aucune plante qui fournisse un meilleur engrais que le sarrasin, et qui se réduise plus vite en terreau.
Les cultivateurs qui manquent d'engrais devraient donc l'employer comme je l'indique.
La farine du sarrasin fait de bonnes bouillies, d'excellentes crèpes, et des galettes fort nourrissantes ; dans plusisurs pays on en donne la graine aux chevaux au lieu d'avoine; on engraisse les bœufs, les cochons, les moutons et les volailles, avec ses graines; ses fànes sont employées avantageusement à faire de la potasse.