‹ Traité d'agriculture pratique [microforme]Chapitre 98 sur 120 · É TH · texte numérisé non relu

É TH

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Quand les herses ne sont pas assez lourdes pour éraser les mottes de terre, on les charge de pierres, ou le conducteur monte dessus.

Les cultivateurs peu aisés qui n’ont pas de herses, ou lorsqu'elles sont hors de service, peuvent M suppléer en attachant des fagots d’épines à une pièce de bois qu’ils chargent de pierre pour lui donner de la pésanteur; elle unit perfaitement une terre légère ; c'est sans doute la première herse qui ait été employée en agriculture ; son unique défaut est le renouvellement frequent des fagots qui s’usent par le frottement.

Paillassons,

Un paillasson est un assemblage de fétus entiers et d’égale longueur, rangés plus ou moins près les uns à côté des autres, sur une certaine épaisseur, et liés entr'eux avec dss baguettes ou de la ficelle, de manière qu'ils forment un toui régulier et plat, ayant ordinairement la figure d'une parallélogramme.

Ils sont destinés à servir d’abris portatifs, leur usage à pour objet le succès des semis et la

conservation des plantes-délicates ; dans aucun PR

climat froid et même tempéré on ne peut s'en passer.

Ceux dont on se sert le plus communément sont faits de paille de seigle venue dans un terrain sec parce qu'elle est la meilleure ; si on se sert de ficelle pour lier la paille, il faut la choisir de bonne qualité et la cirer pour qu’elle dure plus longtemps.

La manière la plus simple pour fabriquer les paillassons, c’est de faire un lit de paille d’environ un pouce d'épaisseur, sur trois baguettes

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placées à une égale distance, de lier, au moyen de fil de fer, ces baguettes avec d’autres parfaitement semblables et qui leur correspondent en dessus.

Une autre manière, c’est de coudre en points croisés la même épaisseur de paille, dans plusieurs endroits, avec de la ficelle cirée.

Un point important dans leur fabrication est | de n’employer que de la paille bien saine et bien sèche ; on doit aussi disposer les têtes et les gros bouts des pailles de manière qu'il y ait toujours moitié des uns et des autres à chaque extrémité du paillasson.

Dans le jardinage, on fait un usage très étendu des paillassons ; on en garnit les vitraux

hiver le froid d’y entrer et les préserver en été des effets de la grèle ; on en couvre les semis sur couches, ou en pleine terre, toutes les fois que les gelées sont à craïîndre: par leur moyen on garantie les plantes délicates et les arbresen fleurs des mêmes gelées, des brouillards, des

nouies qui craignent l'ardeur du soleil; on Lsoustrait à l'influence trop forte de cet astre les jeunes boutures et les plantes nouvellement transnlantées jusqu'à ce que leur reprise soit assurée.

Il faut avoir soin de ne les pas placer trop près ni trop loin des objets qu'ils doivent ga- Rrantir, la distance convenable est de quatre à six pouces.

beaucoup de circonstances.

ou lattes parallèles, d’une longueur égale et.

des serres et des couches pour empêcher en.

mauvais temps, des hâles et des pluies d'orage ;: on ombrage les semis d'été et les fleurs épa-.

Les nattes remplacent les paillassong dans:

Pic.

Le pic est un outil de fer courbé et pointu, «qui a un manche de bois ; on s’en sert-nour ouvrir le sein de la terre dans les terrains pierreux ; il y en a qui n’ont qu’un seul taillant et d’autres deux. Celui a deux taillants sert ‘comme le premier à faire des fouilles dans les terrains pierreux ou de tuf peu solide.

Pioche.

La pioche, comme le pic, est un instrument «de fer dont on se rert pour fouiller la terre, faire -des rigoles, des renchausages et autres cpé-

rations, elle est d’une grand utilité en agriculture ; la pioche ordinaire est large de trois à -quatre pouces et longue de sept à huit ; elle est recourbée et emmanchée à angle droit à l’extrémité d'un morceau de bois de deux pieds de

-demi à trois pieds de longueur ; les unes sont «Ovales et d'autres ont le fer à deux côtes.

Rateav.

Le rateau est un instrument dont les agri- -culteurs et les jardiniers se servent pour ramasser les foins, rassembler les pailles des champs, nettoyer les chemins et les allées des jar- «dins, pour épierrer la surface des labours et pour unir le sol des terrains avant et après les -Semailles.

Un rateau est composé de plus'surs dents parallèles, fixées à une traverse, à laquelle s'adapte un manche ; ces dents sont de fer ou de bois, droites, ou tant soit peu courbées, plus ou moins pointues, longues et espa- <ées ; la traverse et le manche sont ordinairement de bois, dans les rateaux de jardin le

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manche est verpendiculaire à la traverse qui porte les dents, et oblique dans ceux des champs pour ramasser le foin, ce qui permet à l'ouvrier de suivre une place vide et de ressembler le foin non devant lui, mais à côté de lui,

Tomberea1.

Le tombereau est une voiture destinée particulièrement à transporter du famier, de la terre, du sable, des pierres &c., il consiste dans une cage ou bôite en planche, mise en équilibre sur un essieu passé dans deux roues; cette boite | repose en avant sur une traverse prise dans le brancard ou elle est retenue par un crochet ou cheville, pour l'empêcher de se renverser dans le trajet ; lorsque le tombereau est rendu à sa destination, on dégage le crochet ou la cheville et il renverse sa charge sans trouble.

Van.

Le van est en usage en Canada; toute la différence qù'il a avec celui d'Europe, c’est qu’il est fait d'une planche mince au lieu d'osier, sa forme est la même, c'est-à-dire en coquille, avec deux anses; on s’en sert pour séparer des grains la poussière, les pailles, les ordures et autres corps étrangers qui s'y trouvent mêlés ; l'arrière du van est un peu élevé et courbé en rond et son creux diminue insensiblement jusque sur le devant.

Pour s’en servir utilement il faut agiter d’une certaine manière le grain qu’on a mis dedans, etemployer, dans ce mouvement, un tour de poignet et de genoux que l'adresse naturelle et l'habitude seule peuvent donner; on en dé-

tache et fait sortir avec la main les corps

étrangers qu’il contient. Ja c On fait avec du carton des vans pour netto. Be yer les petites graines potagères où de fleurs, °hil ainsi que d’autres plantes. Done DES TRAVAUX. &c.,

EST dans ce chapitre que sont exposées dont

les améliorations agricoles inconnues from

dans le pays, mais adoptées en Europe par

“ee et qui ont porté la culture des terres à D part la plus haute perfection et enrichi ceux L’e

qui suivent cette honorable profession. lière:

Nos habitants privés de la lecture des ou. Æ jachè vrages qui traitent de ces améliorations n’ont Æ ment pu en profiter, mais comme l’education se ré. L’a pand rapidement dans le pays, j'ai cru l'oc- Æ cultu

casion favourable pour leur faire connaître les progrès que la culture des terres a faits en Europe depuis un siècle, afin qu'ils puissent s'enrichir comme les cultivateurs Européens,

Je renouvelle la promesse de ne léur présenter que des améliorations sanctionnées par un: longue expérienee, et quiconque en fera l’essai en sera convaincu,

Culture alterne, Le mot alterner employé dans les opérations agricoles indique la rotation des semences et des récoltes, ou l’ordre de succession dans le. quel la culture de divers genres ou espèces de végétaux s’observe sur le même champ.

Ainsi un champ se trouve alterné par conversion des prairies naturelles on artifiirelles, en terres arables, dont on exige d’autrei produits, et vice versa; par la substitution de

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la culture des plantes légumineuses à celle des graminées qui l'a précédée ; par l'introduction des plantes cultivées spécialement pour leurs racines, comme la rave, le navet, la betterave, la carotte, la pomme de terre, le topinambour, &c., immédiatement après la culture de celles

dont le produit est en grains, comme le

froment, le seigle, l'orge, l’avoine, etc.; enfin par le remplacement d’une culture quelconque par une autre d'un produit différent.

L'alternat des récoltes s’observe plus particulièrement dans la culture continue, sans jachères, friche ou repos, qui exige essentiellement uu ordre de succession convenable.

L'ordre dans lequel il convient d’alterner les cultures sur le même champ est, sans contredit, une des opérations les plus délicates et les plus essentielles de l'économie rurale. Toutes les opérations préliminaires, relatives à la préparation du sol, ne peuvent jamais donner qu'imparfaitement les résultats avantageux qu'on en attend, si l’on néglige d'apporter à cette opération toute l'attention que son importance mérite. On ne saurait trop répéter qu’elle ne doit jamais être faite arbitrairement, et qu'elle est susceptible, comme toutes les autres opérations agricoles, d'être soumise à des principes qui doivent diriger le cultivateur dans le plan de culture qu’il est de son intérêt d'adopter.

Il ne suffit pas d'obtenir d'une mème terre une suite plus ou moins prolongée de récoltes abondantes ; il faut encore que la série de ces récoltes soit telle, que les produits soient les mieux appropriés qu’il est possible aux besoins,

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aux débouchés et à toutes les circonstances locales dans lesquelles le cultivateur se trouve, Il faut en outre que le champ qui aura donné ces produits se trouve toujours rigoureusement maintenu dans un état de netteté, d’ameublis.

sement et de fécondité qui, en prévenant sa |

malpropreté, son endurcissement et son épuisement, lui conserve la précieuse faculté de fournir constamment de nouveaux produits avantageux, sans rien perdre de son état progressif d'amélioration.

Le but d’un ordre de succession convenable dans les cultures, est d’épargner les frais, de diminuer les labours et de rendre moins nécessaires les engrais, en même temps qu’on s'en procure une masse plus considérable, en augmentant celle des fourages, et par une suite nécessaire, le nombre des bestiaux.

C'est dans cet ordre que consiste l’art si utile et si peu connu des assolements dont nous allons parler daus l’article suivant.

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