‹ Traité d'analyse chimique par la méthode des volumesChapitre 37 sur 123 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

ALCALIMÉTRIE.

ARTICLE PREMIER. — Potasse du commerce.

On trouve dans le commerce plusieurs sortes de potasse, ^ont les plus importantes sont la potasse de Russie, de Toscane, d’Amérique, des Vosges, des mélasses de betterave, etc. C’est par la combustion du bois qu’on les obtient généralement ; les cendres, qui en proviennent, sont ensuite lessivées, et les liqueurs obtenues, étant évaporées dans des chaudières, laissent un résidu salin.

Dans quelques contrées, on fabrique la potasse avec la lie de vin qui contient une proportion considérable de bitartrate de potasse. La lie, soumise à une forte pression, est convertie en tourteaux aplatis que l’on incinère ensuite.

La potasse causticpie, ou potasse rouge d’Amérique, se prépare en ajoutant aux lessives chaudes une quantité convenable de chaux éteinte en bouillie et en soutirant la solution de potasse caustique lorsque le carbonate de chaux s’est déposé, ün évapore ensuite rapidement la liqueur jusqu’à siccité ; le résidu de l’évaporation est fonda, puis coulé dans des marmites en fonte. Après le refroidissement les produits sont déposés dans des fûts solides et bien cerclés.

Il existe dans le commerce d’autres produits connus sous le nom de potasse rouge d’Amérique et qui ne contiennent cependant que de la soude et des sels de soude. Pour les

ALCALIMÉTP.IE.

préparer, on rend la soude caustique, on abaisse le degré alcaliraétrique à environ 55 degrés et on colore la matière en rouge à l’aide du protoxyde de cuivre qui se forme dans la matière en fusion, en y ajoutant du sulfate de cuivre et en agitant la masse avec un morceau de bois.

Depuis plusieurs années on extrait la potasse et la soude des résidus des mélasses de betterave. Ces produits renferment une proportion considérable de carbonate de soude.

Les potasses du commerce sont des mélanges variables de potasse caustique, de carbonate de potasse, de sulfate de potasse, de chlorure de potassium, de carbonate de soude, d’oxydes de fer et de manganèse, de carbonate de chaux, de phosphate de chaux, d’alumine et d’acide silicique. Le sulfate de potasse et le chlorure de potassium n’ayant aucun effet utile, on les sépare quelquefois à l’aide de l’eau qui, étant employée en petite quantité, ne dissout que le carbonate de potasse et un peu de sulfate de potasse et de chlorure de potassium.

Nous donnons, dans le tableau suivant, la composition des potasses commerciales :

Toscane.

Russie.

Amérique

perlasse.

Amérique 1 rouge.

Vo.'ges.

SA] des me

Potasse

epurée.

ulN

lasses.

Soude

extraite.

Sulfate de potasse. . . .

Chlorure de potassium.

„ , . 1 de potasse.

de soude..

Eau hygroscopique. . . .

Substances insolubles et

perte

Degrés alcalimc'riques.

SOUDES NATURELLES. SOUDES ARTIFICIELLES, ETC. 2^9

ARTICLE II. — Soudes naturelles. — Soude artificielle.

Cristaux de soude.

L’industrie consomme des quantités considérables de carbonate de soude pour la fabrication du verre, des savons et du borax, pour la préparation des laques, des teintures et des chlorures désinfectants , pour le blanchiment des toiles et pour le lessivage des fils. L’emploi de la soude, beaucoup moins coûteux que celui de la potasse, au moins en France, a remplacé celle-ci dans plusieurs industries.

Les soudes naturelles s’obtiennent par l’incinération des plantes marines, telles que les fucus, les varechs, ou bien l^r autres plantes que l’on trouve sur les bords de la mer, comme la barille et quelques espèces des genres atriplex^ chenopodium, salicornia, etc. Les soudes naturelles sont désignées sous les noms de soudes d’Alicante, de Malaga, de Carthagène, d’ Aigues-Mortes, de varech, etc. Celles d’Espagne sont plus estimées que les autres.

11 nous vient aussi d’Égypte, de Hongrie et d’Amérique, du carbonate de soude impur, qu’on nomme natron,^ic[\\\ est fourni par l’évaporation de l’eau de certains lacs. Mais les soudes naturelles sont peu recherchées depuis que l’on prépare, par la méthode de Leblanc, du carbonate de soude artificiel. On sait quelle consiste à décomposer le sulfate de soude par la craie et le charbon. Cette découverte, une des plus belles des arts chimiques, a donné lieu à une industrie qui livre annuellement au commerce plus de 70 millions de kilogrammes de soude ou de sels de soude.

On appelle soude artificielle brute le produit que l’on obtient en chauffant au rouge, dans un fourneau à réverbère, un mélange de sulfate de soude anhydre, de craie desséchée et de charbon de terre pulvérisé en partie. La soude brute est d’un gris bleiuitre et marque environ /|0 degrés à l’aréomètre.

250 ALCALIMÉTRIE.

Nous avons inscrit, dans le tableau suivant, la composition de trois échantillons de soude brute provenant de trois fabriques différentes.

Composition de la soude arlifloielle brute.

Page 1