EAUX MINÉRALES
Ma»
Juillet. . . .
Eau de la soùrce de Niederbronn (Bas-Rhin). . . .
AMMONIAQUE
Les eaux pluviales contiennent une proportion plus considérable d’ammoniaque que les eaux de sources et les eaux de rivières. M. Barrai a trouvé, en moyenne, d’am-
moniaque dans un litre d’eau de pluie recueillie sur la terrasse de l’Observatoire de Paris. Dans un litre d’eau de pluie recueillie à Paris au mois d’avril, M. Boussingault a dosé d’ammoniaque, c’est-à-dire 27 fois plus que dans l’eau de la Seine ; suivant le même observateur, la pluie tombée dans les champs contient beaucoup moins d’ammoniaque que la pluie recueillie à Paris , et la proportion d’ammoniaque diminue à mesure que l’eau est tombée ^Ins longtemps après le commencement de la pluie.
La neige, comme l’eau de pluie, renferme de l’ammoniaque. Dans deux expériences, M. Boussingault a trouvé ;
Eau de neige ramassée sur une terrasse. Im*aigj78 d’ammoniaque.
)> dans un jardin. . I0'naiig^34
Dans la seconde expérience , l’ammoniaque provenait très probablement en partie des vapeurs fournies par la terre.
La méthode que nous venons d’exposer est applicable, suivant M. Boussingault, à la recherche de l’ammoniaque contenue dans l’atmosphère. Ce chimiste pense que l’emploi des liqueurs titrées serait préférable à celui du bichlorure de platine.
§ 2. Sels aninionlncittix.
Le dosage des sels-’* ammoniacaux peut se faire par le procédé de M. Boussingault ; on introduit dans le ballon un poids déte;^uiné de sel ammoniacal dissous dans l’eau, on y ajoute une' quantité suffisante de potasse caustique, et l’on distillé*, 4vec les précautions que nous avons indiquées. La dissolution de sel ammoniacal doit être très éten-
POCCIAI.E.
ALCALIMÉTRIE.
due, afin que toute l’ammoniaque se trouve dans le premier tiers ou dans la première moitié du liquide distillé. On sature ensuite par l’acide sulfurique titré pour avoir la proportion d’ammoniaque, et par conséquent la quantité du sel ammoniacal qu’on a essayé.
S 3. Dosage de l’ammoniaciae par le procédé de m. Selilcesing.
M. Schlœsing a décrit dans ses Recherches sur la composition du tabac un procédé pour le dosage de l’ammoniaque dans ses combinaisons salines, et il a démontré que les matières azotées ne modifient pas les résultats obtenus.
Ce procédé repose sur la propriété que possède l’eau ammoniacale de se dépouiller du gaz ammoniac qu’elle renferme, quand on l’expose à l’air libre, ou sous une cloche en présence de l’acide sulfurique. Au bout d’un certain temps, l’acide absorbe toute l’ammoniaque, et si l’on emploie un acide normal, on pourra en déterminer la quantité. Lorsque l’ammoniaque est à l’état de combinaison saline, il est nécessaire de la déplacer par la potasse ou par la chaux.
Pour faire cette analyse, on met la dissolution ammoniacale (fig. 102) dans un vase A qui est plat et qui a
10 à 12 centimètres de diamètre. Un trépied en verre plein B est posé au milieu de ce vase et supporte un vase C qui contient de l’acide sulfurique.
Une cloche de 10 à 12 centimètres ou un pot de verre Fig. 102. repose sur une assiette conte-
nant du mercure et met ainsi les deux dissolutions à l’abri de fair.
AMMONIAQUE
11 résulte des expériences de M. Schlœsing que, lorsque l’on dissout dans 25 à 30 centimètres cubes d’eau de 1 décigramme à 1 gramme d’ammoniaque, et qu’on introduit la dissolution dans l’appareil à absorption, une grande partie de l’aumioniaque est absorbée dans les premières heures, mais la totalité ne l’est qu’au bout de 2Zi ou liS heures.
L’ammoniaque est déplacée tantôt par la chaux, tantôt par la potasse. Lorsqu’on emploie la chaux , elle doit être ajoutée rapidement, afin que l’ammoniaque ne s’échappe pas. La potasse n’est pas versée en dissolution; on en met un morceau sur un petit trépied en verre au-dessus de la dissolution du sel ammoniacal, et elle ne tarde ^as à se liquéfier et à couler sur ce sel.
On s’assure, à l’aide d’un papier de tournesol rougi et humide introduit dans la cloche, que tout le gaz ammoniaque est absorbé.
L’acide est ensuite neutralisé par une dissolution titrée de potasse à la chaux, et si on ajoutait un excès d’alcali, on neutraliserait l’excès de potasse par une dissolution normale très étendue d’acide sulfurique.
Ce procédé de dosage peut servir à déterminer l’ammoniaque dans la plupart des cas, mais il a le grave inconvénient d’exiger un temps considérable.
Pour doser, par ce moyen, l’ammoniaque contenue dans le tabac, on le réduit en poudre, on en pèse 10 grammes que l’on humecte avec une petite quantité d’eau, et on le met dans une capsule à fond plat. Cette capsule est placée dans fappareil à absorption (fig. 102). On verse ensuite, à l’aide d’une pipette, environ 150 centimètres cubes de lait de chaux ; on met sur le trépied la capsule qui contient l’acide sulfurique titré, et on couvre le tout avec une cloche dont les bords plongent dans le mercure. On termine l’opération comme précédemment. M. Schlœsing a obtenu les
292 ALCALIMÉTRIE.
quantités suivantes d’ammoniaque, en opérant sur divers échantillons de tabac :
Virginie 0,153 pour 100 de tabac supposé sec.
Kentucky 0,332 —
Maryland 0,212
Havane 0,870 —
Alsace 0,630 —
Nord 0,815 —
Lot... 0,900 —
ARTICLE V. — Baryte, strontiane et chaux.
L’acide sulfurique, dont ons’est servi pour le dosage de la potasse, de la soude et de l’ammoniaque, forme, avec la baryte, la strontiane et la chaux des sels insolubles, et ne peut pas être employé dans l’analyse de ces bases par la méthode des volumes. Il faut donc choisir un acide qui donne des sels solubles et qui, même étendu d’eau, agisse avec énergie sur la teinture de tournesol. L’acide azotique présente ces avantages ; mais comme il a une composition variable, il faut en déterminer le titre.
On débarrasse l’acide azotique du commerce des acides sulfurique et chlorhydrique qu’il contient ordinairement, à l’aide de l’azotate de baryte et de l’azotate d’argent, et en distillant ensuite. On enlève les composés nitreux en élevant la température de l’acide azotique et en y faisant passer un courant d’acide carbonique. On peut également détruire l’acide azoteux en distillant l’acide azotique avec une petite quantité de bichromate de potasse.
L’acide azotique pur ne précipite pas l’iode des iodures, ne colore pas en brun les sels de fer au minimum, et en vert le cyanoferrure de potassium.
Pour titrer l’acide azotique, on met dans un ballon un poids connu de carbonate de baryte pur, et on y verse peu à peu de l’acide azotique étendu, contenant, pour 1000 cen-
HYDROTIMETRIE.
timètres cubes, centimètres cubes d’acide réel; on chaufle et on continue à verser jusqu’à ce que tout le carbonate de baryte soit décomposé. On sature ensuite l’excès d’acide azotique par une dissolution normale de soude, de manière à colorer en violet foncé la liqueur. L’acide titré étant neutralisé par un volume égal de solution alcaline, on aura ainsi le volume réel de l’acide azotique employé. On note le résiütat obtenu, et on s’en sert pour toutes les analyses ultérieures. Ce procédé est exact, mais il exige un calcul pour chaque analyse.
On peut aussi étendre l’acide azotique de manière qu’il ^enferme un équivalent d’acide par litre ou qu’il sature un équivalent de carbonate de baryte également par litre.
On pourra, au moyen de cet acide, titrer le carbonate de baryte, l’hydrate de baryte, la dissolution de baryte dans l’eau, et même l’azotate de baryte et le chlorure de baryum transformé préalablement en carbonate de baryte par le carbonate d’ammoniaque.
Le dosage de la baryte pouvant se faire facilement et d’une manière rigoureuse par la balance, il est évident que la méthode des volumes offre ici peu d’avantages.
On peut exécuter facilement l’essai alcalimétrique de la strontiane , de la chaux et du carbonate de chaux avec l’acide azotique titré par le carbonate de baryte ; on fait le calcul d’après l’équivalent de la strontiane et de la chaux.
ARTICLE VI. — Hydrotimétrie (1). — Détermination des sels de chaux