ET DE MAGNÉSIE, EN DISSOLUTION DANS LES EAUX
MM. Boutron et Boudet ont désigné sous le nom à' hydrotimétrie (v^top, eau; Tîpù, valeur; pcrpov, mesure) une
(1) Hydrotimélrie. Nouvelle méthode pour déterminer les proportions des matières en dissolution dans les eaux de sources et do rivières, par MM. Boutron et Boudet.
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méthode d’essai destinée à reconnaître la l3onne qualité des eaux, et notamment à déterminer la quantité de sels de chaux et de magnésie qu elles contiennent.
Cette méthode repose sur la propriété que possède le savon de rendre l’eau pure'mousseuse, et de ne 23roduire ce phénomène avec les eaux qui contiennent des sels de chaux et de magnésie, que lorsque ces sels sont décomposés par le savon et qu’on a ajouté un léger excès de celui-ci. On comprend donc que l’on puisse, à l’aide d’une dissolution titrée de savon, avoir la quantité de sels de chaux et de magnésie et reconnaître la bonne ou mauvaise qualité des eaux , au moins sous le rapport des sels terreux.
Un décigramme de savon suffit pour produire à la surface d’un litre d’eau la formation de la mousse, et il est facile de saisir le moment où les sels calcaires et magnésiens sont détruits. Le savon peut donc être considéré dans ce cas comme un réactif sensible.
MM. Boutron et Boudet ont proposé d’employer le savon à l’état de dissolution alcoolique et de titrer cette liqueur d’épreuve avec une dissolution de chlorare de calcium fondu, contenant 0®'‘,25 de ce sel par litre d’eau distillée.
On prépare cette liqueur en dissolvant à chaud 100 grammes de savon de Marseille dans 1600 grammes d’alcool à 90 degrés centésimaux; on filtre et on ajoute à la dissolution filtrée 1000 grammes d’eau distillée, de sorte que le poids de la solution obtenue s’élève à 2700 grammes. Le titre de cette liqueur doit être rapproché de celui qui a été fixé par MM. Boutron et Boudet ; cependant il est nécessaire de le vérifier avec soin. On exécute cet essai à l’aide d’une petite burette graduée (fig. 105) et d’un flacon bouché à l’émeri d’environ 60 grammes de capacité, et
HTDROTIMÉTRIE, .
contenant /iO centimètres cubes jusqu’au trait circulaira (fig. 104).
La burette est graduée de manière que 23 divisions ou degrés correspondent à 2 centimètres cubes et 4 dixièmes. Mais comme une division de la burette est nécessaire pour produire une mousse persistante, on ne compte pas le premier degré, et le 0 degré n’est marqué qu’ au-dessous de la première division, de sorte que la capacité de 2 centimètres cubes et 4 dixièmes n’est divisée qu’en 22 degrés qui produisent une mousse persistante avec 40 centimètres cubes *de liqueur normale. Si l’on a employé exactement 22 divisions de la burette pour donner naissance à ce phénomène, c’est que la dissolution est bien préparée ; mais si elle est trop forte, c’est-à-dire si l’on a employé moins de 22 degrés, il faut ajouter la quantité d’eau nécessaire.
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AO grammes de liqueur titrée contiennent 1 centigramme de chlorure de calcium. Par conséquent, 22 degrés correspondent à la même quantité de ce sel, et 1 degré à
= 0,000/i5. Chaque degré de liqueur d’épreuve neutralisée par AO centimètres cubes de liqueur titrée représente 06%01 X 25
^ = 0,011A de chlorure de calcium. Suivant
MM. Boutron et Boudet, cette dissolution normale permet de reconnaître dans AO grammes d’eau un quart de milligramme de chlorure de calcium. j
1000 centimètres cubes de solution de chlorure de cal- | cium exigent 2«'',326 de savon pour décomposer 0®'^,25 de \ chlorure de calcium. Chaque degré de la burette représente donc approximativement 1 décigramme de savon. Par conséquent, on peut savoir par ce procédé la quantité de chlorure de calcium contenue dans un litre de dissolution de ff
ce sel, et la proportion de savon qu’il doit neutraliser. !
§ t. Détermination du degré hydrotimétriquc des eaux.
On entend par degré hydrotimétrique des eaux la quantité de savon qu’elles neutralisent par litre.
Cette analyse exige particulièrement l’emploi d’une burette désignée sous le nom d’hydrotimètre , d’un flacon d’essai jaugé à 10, 20, 30 et AO centimètres cubes, de la capacité d’environ 60 centimètres cubes, et de la liqueur titrée dont nous avons indiqué la composition.
Pour essayer cette eau, on en prend avec le flacon gradué AO centimètres cubes ; on y verse goutte à goutte la liqueur savonneuse titrée et on agite de temps en temps pour s’assurer si elle produit une mousse qui se maintient au moins pendant dix minutes. On lit alors sur la burette
HYDROTIMRTRIE.
le nombre de divisions qu’on a employées pour former la mousse, et l’on a ainsi le degré hydrotimétrique de l’eau essayée. Si l’eau était chargée de sels de chaux et de magnésie, il conviendrait de l’étendre d’un volume connu d’eau distillée avant d’y ajouter la dissolution hydrotimétrique.
Le degré observé indique le nombre de décigrammes de savon. Si l’on a employé 15 divisions, par exemple, on aura la place que l’eau examinée occupe dans l’échelle hydrotimétrique suivante, dressée par MM. Boutron et Boudet,
Échelle hydrotimétrique des eaux de sources et de rivières.