CHAPITRE XXII
ARGENT (1)
Les essais d’argent s’exécutaient autrefois par la coupellation; dans cette opération le cuivré s’oxyde, est absorbé par une coupelle en os calciné, tandis que l’argent, qui résiste à l’action oxydante de l’air, reste sur la coupelle sous la fonne de bouton.
Pour favoriser l’oxydation du cuivre , on ajoute à •
1 gramme d’alliage 7 grammes de plomb pour les alliages à 900 millièmes, on dépose ce métal dans une coupelle chauffée dans un moufle à la température rouge, et lorsque le plomb est devenu brillant, on ajoute l’alliage d’argent
(1) Instruction sur l’essai des matières d’argent par la voie liuniide, par Gay-I.ussac.
ARGENT
enveloppé dans du papier. L’oxyde de plomb et l’oxyde de cuivre sont absorbés, et l’on trouve dans la coupelle un bouton d’argent, dont la surface supérieure doit être brillante, bombée et sans aucune saillie.
Cette opération si simple exige pourtant de grandes précautions. Ainsi , si la température du fourneau est trop élevée, la coupellation donne jusqu’à 8 ou 10 millièmes de moins pour le titre des alliages d’argent, et si l’on ne cliaulfe pas assez, l’argent retient du plomb et du cuivre.
Lorsque la température est trop élevée, l’argent se volatilise, et il en résulte une perte de quelques millièmes ; d’un autre côté, la coupelle retient le double de l’argent qui manque, et par conséquent le bouton d’essai n’est pas de l’argent pur, mais contient environ h millièmes de plomb et ' de cuivre. Les directeurs des monnaies étaient donc obligés, avant l’application du procédé de Gay-Lussac, pour avoir un alliage au titre de 900 millièmes, de faire un alliage au titre réel de 903 à 904 millièmes, et ils éprouvaient, par conséquent, une perte de 3 à 4 millièmes d’argent.
Gay-Lussac, frappé de ces inconvénients, imagina ,un procédé aussi remarquable par sa simplicité que par sa précision, et qui a été généralement adopté. Ce procédé, qu’il appela essai des matières d’argent par la voie hu- 7nide, est presque aussi rapide et beaucoup plus sûr que la coupellation.
Lorsque l’on ajoute du chlorure de sodium à une dissolution d’argent dans l’acide azotique, il se forme un précipité blanc, caillebotté, de chlorure d’argent insoluble dans l’eau et dans les acides.
La quantité de chlorure d’argent n’est pas déterminée par les procédés ordinaires, c’est-à-dire par la fd tration, les lavages, la calcination et les pesées, mais par le vo-