PLUS RAREMENT
i. Oxyde de caDsImn (CsO) et 2. Oxyde de rubidimn (RbO).
§ 99. Les combinaisons de caesium et celles de rubidium semblent être trèsrépandues dans la nature, mais partout en très-petites quantités. Jusqu^à présent on les a surtout rencontrées dans les eaux-mères de certaines sources minérales et dans quelques minéraux (lépidôlithe, mélaphyre, carnailite). Les composés du caesium et ceux du rubidium offrent en général une très-grande ressemblance avec ceux du potassium ; ainsi leur dissolution aqueuse concentrée est précipitée par le chlorure de PLAnNE et par T acide tartrique^ et les sels volatils au rouge colorent la flamhe en violet. Les différences caractéristiques sont les suivantes : Premièrement, les précipités obtenus par le chlorure de platine sont bien moins solubles dans Teau que le chlorure de platine et de potassium ; ainsi à 10^100 gr. d*eau dissolvent 900 milligr. de chlorure double de platine et de potassium, et seulement 154 du sel analogue du rubidium et 50 de celui de caesium. — Secondement, les aluns offrent de grandes différences quant à leur solubilité dans Teau froide : ainsi à 17^100 parties d'eau dissolvent 15,5 parties d'alun de potasse, 2,27 d'alun de rubidium et 0,619 parties d'alun de caesium. — Troisièmement et surtout, les flammes colorées par les sels de caesium et de rubidium donnent des spectres (table 1) essentiellement différents de celui du potassium. Dans le spectre du caesium, âl y a deux lignes bleues caractéristiques a et p, remarquables par leur éclat et la netteté de leur contour : à côté d'elles il y a encore la ligne 7, moins importante. — Dans le spectre du rubidium, les yeux sont surtout frappés par l'intensité extraordinaire de deux magnifiques lignes bleu indigo, a et p ; puis il s'y trouve aussi deux raies rouges ^ et -f , ayant moins d'éclat, mais qui sont surtout très-caractéristiques. S'il fallait rechercher les deux métaux ensemble à l'aide du spectroscope, il ne faudrait pas choisir les carbonates, mais les chlorures, parce qu'avec les premiers le spectre du rubidium ne se produit pas nettement en même temps que celui du caesium (Allen, He'intz). — Ajoutons encore pour terminer que le carbonate de caesium est soluble dans l'alcool absolu, tandis que celui de rubidium ne s'y dissout pas. Toutefois il ne faudrait pas croire qu'on pourrait s'appuyer sur cette différence pour séparer les deux métaux par la voie humide, car ces deux carbonates semblent former un sel double qui n'est pas tout à fait insoluble dans l'alcool. — On sépare plus facilement les tartrates acides, parce que le bitartrate de rubidium se dissout dans 8,5 parties d'eau bouillante et 84,57 parties d'eau k 25% tandis que pour le bitartrate de caesium il faut 1,02 parties d'eau bouillante et 10,32 d'eau à 25* (Allen). (Le bitartrate de potasse exige 15 parties d'eau bouillante et 89 parties d'eau à 25*.)
106 CHAP. III. — RÉACTIONS DES OXYDES MÉTALLIQUES [g 93