‹ Traité d'analyse chimique qualitativeChapitre 105 sur 294 · DU TROISIÈME GROUPE · texte numérisé non relu

DU TROISIÈME GROUPE

a. Âlmnine (APO'),

gtOi. 1. L'a/umînit/m est un métal presque blanc; il ne s'oxyde pas au contact de l'air et le fait à peine même au rouge, quand il est en masse compacte. Oa peut le limer, il est très-malléable; son poids spécifique n'est que de 2,56. Il fond au rouge clair. Réduit en poudre, il décompose l'eau lentement à la température de l'ébullition, mais ne la décompose pas quand il est en masse. L'aluminium se dissout facilement, en dégageant de l'hydrogène, dans l'acide chlorhydrique et dans une solution chaude de potasse; mais il n'est attaqué que très-lentement, même à chaud, par l'acide azotique.

2. Valumine n'est pas volatile et est iucolore,. ainsi que son hydrate. Elle se dissout très-lentement et très-difficilement dans les acides étendus, plus facilement dans l'acide chlorhydrique concentré et chaud. Le bisulfate de potasse fondu s'y combine facilement en une masse soluble dans l'eau. L'hydrate à l'état amorphe se dissout facilement dans les acides, mais très-difficilement au contraire quand il est cristallisé. Après avoir été. chauffée au rouge avec les alcalis, l'alumine, ou plus exactement l'aluminate alcahn, est facilement attaquée parles acides.

5. Les sels d'alumine sont incolores, non volatils, les uns solubles, les autres insolubles. Le chlorure d'aluminium anhydre est solide, jaune, cristallin et volatil. Les sels solubles ont une saveur douceâtre, astringente, rougissent le tournesol et perdent leur acide au rouge. Les sels insolubles peuvent se dissoudre dans l'acide chlorhydrique, excepté certains composés naturels. Ceux que n'attaque pas l'acide chlorhydrique sont désagrégés quand on les chauffe au rouge avec le carbonate de potasse sodé ou le sulfate acide de potasse. On peut aussi les décomposer ou les dissoudre en les mettant en poudre fine dans des tubes en

* Les oxydes du troisième groupe peuvent presque tous former des combinaisons salines, aussi bien avec les acides qu'avec les bases ; par exemple : l'alumine avec la potasse donne de l'aluminate de potasse, et avec l'acide sulfurique du sulfate d'alumine. Ils tiennent par conséquent le milieu entre les acides et les bases; aussi ceux qui se rapprochent le plus des premiers sont désignés sous le nom d'acides, comme on le voit par les derniers termes du groupe.

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v^rre fermés à la lampe, avec deTacide olilorbydrique à 25 pour 100, ou un mélange de S parties en poid^' d'acide sulfurïque monohydraté et i partie d'eau, et les* maintenant pendant deux heures a une température de 200 à 21 ©• (A. Mitêcherlkh),

4. La POTASSE et la soude donnent dans les dissolutions des sel& d'alumine un volumineux précipité d'hydrate d'alumine (A1*0*,3H0), retenant de l'alcali et aussi le plus souvent mélangé avec un sel basique : ce précipité se redissout facilement et complètement dans im excès du précipitant, mais il reparaît de nouveau déjà à froid, complétement à chaud, si l'on ajoute du chlorhydrate d'ammoniaque (voir §53) . Les sels ammoniacaux n'empêchent pas la réaction de la potasse ou de la soude.

5. L'AMMONiÀQUE donne également un précipité à' hydraté d'alumine ammoniaca*!, mêlé à un sel basique; il est également dii^ouB par le précipitant, mais difTicilement et quand' ce dei-niep est en grand excès et d'autant plus difTiciiement que la dissolution primitive contient plu^ de sels ammoniacaux. Cela explique la précipitation' complète' de l^hy< drate d'alumine dans une dissolution potastsique, quand-dn y ajoute un excès de chloiiiydrate d'ammoniaque.

6. Les CARBONATES ALCALINS précipitent un carbonate basique d^àlu-mine un peu solubledans un excès de carbonate alcalin fixe; mais bien moins encore dans un excès de carbonate d'ammoniaque; L'ébutlition facilite la pFécipitati( n par ce dernier réactif.

7. Si l'on fait digérer une dissolution d'un sel d'alumine avec du CARBONATE DE BARYTE en poudrc fine, l'acide du premier se* porte en grande partie sur la baryte de l'acide carbonique, se dégage et l'alu-*mine se dépose complètement à l'état â! hydrate mélangé avec un sel alumineux basique : cette réaction se produit même à fh>id.

Reniarque pour les numéros 4, 5, 6 et 7. L acide tartrique, l'acide citrique et les autk-es acides organiques fixes empêchent' complétenaent la précipitation dé l'alumine à l'état d'hydrate ou de sci basique, quand ils sont en quantité notable.— La présence du sucre ou d'autres substances organiques semblable» est un obstacle à la précipitation' oomplète.

8. Le PHOSPHATE DE SOUDE formc dans les siei»^ d'alumine un précipité de phosphate (AWjPhO*). Le précipité blanc et volumineux se dissout Ikciiement dans la potasse et la soude, mais non dans l'anmioniaque : le chlorhydrate d'ammoniaque le précipite dès lors des dissolutions dans les lessives alcalines. -*- Le précipité se dissout facilement dans l'acide chlorhydrique çt Tacidé azotique, mais non dans Tacide acétique, ce qui le distingue de l'hydrate d'alumine : diaprés cela Tacétate dé soude chasse le pi^ipité de sa- dissolution dans l'acide chlorhydrique, si ce dernier toutefois n'est pas en trop grand excès. —L'acide tartrique, ie

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sucre, etc., n'empêchent pas la précipitation du phosphate d'alumine, mais bien l'acide citrique {Grothe). -

9. L'acide oxalique et ses sels ne précipitent pas les sels d'alumine.

10'. Le soLPATE DE POTASSE daus les dissolutions très-concentrées de sels d'alumine détermine la formation d'uîi sulfate double d'alumine et dé potasse (alun : KO,SO^-+-ArO»,3SO^ + 24Aq), qui se dépose en petits cristaux ou en poudre cristalline.

11. Si Ton chauffe au rouge sur un charbon, à Taide du chalumeau, de l'alumine ou une de ses combinaisons humectée avecime dissolution d' AZOTATE DE PROTOXYDE DE COBALT, OU obtient unc massc non fondue, bleu de ciel foncée provenant de Tunion des deux oxydes. La couleur apparaît surtbut après le refroidissement. Elle semble violette à la lumière d'une bougie. Cette réaction n'a dé valeur qu'autant que le composé alumineux ne renferme aucun autre oxyde et est inAisible ou difficilement fusible ; elle, n'est du reste pas complètement probante, car il y a des combinaisons exemptes d'alumine, non-seulement fusibles, mais encore quelques-unes presque complètement infusibles (par exemple les phosphates neuttes des terres alcalines), qui donnent la couleur bleue quand on les calcine avec le cobalt.

b. Sesqiiloxyde de ehrone* (Cr^O^).

§ fllMC. \ . Le sesquioûcyde de chrome est une poudre verte, son hydrate une poudre d'.un vert' gris bleuâtre. Ce dernier se dissout fkcilement dans les acides* ; 1 oxyde' non> chauffé au rouge se dissout plus difficile^ meut, et quand il a été calciné, il est complètement insoluble.

2. Les selfs de chrome ont une couleur verte ou violette. Certains d'entve euxi sont solubles dans l'eau, presqpe tous dans l'acide chlorhydrique. Les dissolutions ont une belle couleur verleou violet foncé ; toutefois cette dernière pas^e au vert par l'action de la chaleur. Les- sels à acide volatil le perdent au rouge; ceux qui sont solubles dans l'eau rougissent la teinture de tournesok Le chlorure de chrome anhydre est cristallin, difûcilement volatil^ violet, insoluble dans l'eau et les acides.

3. La POTASSE et la soude forment, dans les dissolution» vertes ou violettes des sels de chrome, un précipité vert bleu d'oxyde de chrome hydraté^ qui se dissout complètement et facilement dans un excès du précipitant en un liquide vert émeraude. Eu maintenant cette dissolutioai à l'ébullition, le précipité se dépose de nouveau complètement, de sorte que le liquide surnageant redevient tout à fait incolore. En ajou* tant à la dissolution alcaline* du chlorhydrate d'ammoniaque, l'oxyde de chrome dissous est de même précipité de nouveau. La chaleur favorise le dépèt complet.

4. L'ammomaque précipite des dissolutions vertes de V oxyde de

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chrome hydrate\ vert gris, soluble en vert dans les acides, et des dissolutions violettes un hydrate bleu gris, soluble en violet dans les acides. Beaucoup d^autres circonstances (la concentration, la nature du sel ammoniacal formé, etc.) influent sur la composition et la couleur de cet hydrate. Ces hydrates se dissolvent à froid en petite quantité dans un excès d'ammoniaque et donnent un liquide rouge pêche ; mais si Ton chauffe après Faddition de Texcès d'alcali, là précipitation est complète.

5. Les CARBONATES ALCALINS précipitent un carbonate basique de chrome, soluble dans un grand excès du précipitant.

6. Le CARBONATE DE BARYTE précipite tout Toxyde de chrome à l'état d'hydrate vert mélangé à un sel basique. La réaction se produit déjà à froid, mais elle n'est complète qu'après une longue digestion.

Remarques pour les numéros 3, 4, 5, 6. — Dans les solutions violettes aussi bien que dans les solutions vertes de l'oxyde de chrome, la précipitation est plus ou moins empêchée par les acides tartrique, citrique, oxalique, par le sucre. Dans ces circonstances, il arrive parfois que le précipité formé se redissout complètement en un liquide rouge; — la précipitation par le carbonate de soude est presque complètement empêchée par ces mêmes acides ; ceux-ci rendent aussi incomplète la précipitation par le carbonate de baryte.

7. Si l'on ajoute à une dissolution d'oxydo de chrome dans de la potasse ou de la soude, un léger excès de peroxyde puce de plomb, et si l'on fait bouillir un peu, l'oxyde de chrome passe à l'état d'acide chromique. On obtient alors en filtrant un liquide jaune, qui est une dissolution de chromate de plomb dans une lessive de potasse ou de soude. Eu ajoutant de l'acide acétique, ce chromate se dépose en poudre jaune (Chancel) . On peut déceler plus facilement dans ce liquide des traces d'acide chromique, en l'acidulant avec de l'acide chlorhydrique, et en y ajoutant du bioxyde d'hydrogène et de l'éther (voir Vacide chromiqtie,

8. En fondant l'oxyde de chrome ou ses composés avec de I'azotate et du CARBONATE DE SOUDE, oumicux cucore avec du chlorate de potasse et du CARBONATE DE SOUDE, il sc formc de l'acide chromique, et l'on obtient un chromate alcalin jaune, dont la dissolution dans l'eau a une couleur jaune intense (voir plus loin, g tS8, les réactions de l'acide chromique).

9. Le SEL DE PHOSPHORE dissout l'oxyde de chrome et ses sels, aussi bien dans la flamme de réduction que dans celle d'oxydation, en donnant une perle limpide, d'un vert jaune faible, qui passe au vert émeraude par le refroidissement. Le borax se comporte de même. Oa se sert pour cela de la lampe à gaz de Bunsen (g te) ou du chalumeau ordinaire.

§ 103. Récapitolation et remarques. — La solubilité de riiydratedV lumine dans les lessives de potasse ou de soude et sa précipitation des solutions alcalines par le chlorhydrate d'ammoniaque donnent un moyen sûr de reconnaître l'alumine, lorsqu'elle n'est pas mêlée à de l'oxyde de chrome. La présence de ce dernier se reconnaît déjà à la couleur de la dissolution et à l'aide du sel de phosphore, et dans ce cas il faut d'abord l'éliminer avant de rechercher l'alumine. On y parvient en fondant dans un creuset en platine 1 partie des oxydes mélangés avec 2 parties de carbonate et 2 parties de chlorate de potasse. On fait bouillir la masse jaune avec de l'eau ; une partie de l'alumine reste libre, tandis que tout le chrome se dissout à l'état de chromate alcalin, et le reste de l'alumine à l'état d'aluminate alcalin. On aciduie la solution avec de l'acide azotique, elle devient jaune rouge ; on ajoute alors de l'ammoniaque jusqu'à réaction alcaline faible et le reste de l'alumine se dépose.

La précipitation de l'oxyde de chrome de ses dissolutions dans la potasse ou la soude, au moyen de Tébullition, est suffisamment exacte, lorsqu'on fait bouillir assez longtemps ; néanmoins ce moyen pourrait fréquemment induire en erreur (lorsqu'on n'a que peu d'oxyde de chrome ou des matières organiques même eh petite quantité). Je ferai remarquer encore que la solubilité de l'oxyde de chrome froid dans un excès de potasse ou de soude est gênée par la présence d'autres oxydes (protoxydes de manganèse, de cobalt, de nickel, et surtout le peroxyde . de fer) et qu'elle peut être complètement empêchée si ces oxydes sont en grand excès. — Enfin il ne faut pas oublier que la précipitation de l'alumine et de l'oxyde de chrome par l'ammoniaque, le carbonate de soude, etc., est empêchée ou contrariée parles acides organiques non volatils, par le sucre, etc. Si donc il y avait des matières organiques, il sera toujours plus prudent de chauffer au rouge, de fondre le résidu avec du carbonate de soude et du chlorate de potasse, puis d'opérer comme il est dit plus haut. — Quant à l'emploi de la solution alcoolique de morine et de la fluorescence qui s'y développe pour reconnaître des traces d'alumine, je renvoie au travail de Goppelsrœder {Zeitschrift fur anaiyt/Chem., vu, 208).

RÉACTIONS PARTICULIÈRES AUX OXYDES DU TROISIÈME GROUPE qu'on RENCONTRE PLUS RAREMENT.

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