‹ Traité d'analyse chimique qualitativeChapitre 11 sur 294 · FlltraUoa · texte numérisé non relu

FlltraUoa

S. Elle se pratique en versant ensemble le liquide et le corps qui y est en suspension et qu'on veut en séparer sur un appareil à filtrer ;

Fig. i.

celui<cî est presque toujours formé d'un entonnoir, dans lequel on place convenablement une feuille de papier non collée (un filtre), qui laissera passer le liquide, mais arrêtera toutes les particules solides. On emploie des filtres avec ou sans plis : les premiers (avec lesquels la filtration est plus rapide) lorsqu'oa se propose d'obtenir le lii^uide clair.

FILTRATÏON.

les seconds quand on a surtout pour but de recueillir le précipité. Les filtres sans plis doivent être placés dans Tentonnoir de façon à en toucher partout la surface interne, et on les fait en pliant deux fois sur ellemême une feuille de papier circulaire, de sorte que les plis soient perpendiculaires. Quant aux filtres à plis, on ne peut apprendre à les faire qu'en le voyant : toute indication verbale serait insuffisante. Lorsqu'on devra laver le contenu des filtres, les bords de celui-ci ne devront pas dépasser ceux de l'entonnoir.

II est bon, dans la plupart des cas, d'humecter le filtre avant d'y verser le liquide à filtrer ; non-seulement la filtralion est plus rapide, mais on a moins à craindre que des particules du solide soient entraînées à travers les pores du papier.

Le papier à filtre doit contenir le moins possible de substances minérales, surtout de celles (oxyde de fer, chaux) que les acides peuvent dissoudre. Celui qu'on trouve dans le commerce remplit rarement cette condition ; aussi pour les analyses délicates on fera bien de le laver toujours préalablement avec de leau acidulée. A cet effet on se sert avantageusement de l'appareil représenté dans la figure 1 . A est un flacon dont on a fait sauter le fond ; en a et en 6 sont deux disques en verre entre lesquels on relient les filtres plies et coupés. Dans le bouchon c passe un tube court en verre d, terminé par un bout de tube en caoutchouc que l'on ferme avec une baguette en verre ou une pince de Mohr. On remplit le flacon jusqu'au-dessus de a avec un mélange de 1 partie d'acide chlorhydrique de densité 1,12 et de 2 parties d'eau ; on abandonne pendant douze heures, puis on ouvre le tube e et on laisse couler tout l'acide. Après avoir refermé le tube, on remplit avec de l'eau claire de fontaine ou de pluie, qu'on laisse une heure, et on vide de nouveau. On renouvelle le lavage jusqu'à ce que l'eau qui coule n*ail plus de réaction acide : alors on continue le lavage avec de l'eau distillée jusqu'à ce que le liquide qui passe ne se trouble plus par l'azotate d'argent.

Les filtres ainsi lavés sont enfin déposés sur plusieurs doubles de papier buvard, recouverts du même papier, puis séchés dans une étuve. — Si l'on ne veut laver que quelques filtres, on les met les uns dans les autres sur un entonnoir, comme si l'on voulait filtrer un liquide, oa verse sur eux goutte à goutte de l'acide chlorhydrique ou azotique

Fig. 2.

sufGsamment étendu, et on les lave complètement avec de l'eau ordinaire d'abord ; ou achève avec de Teau distillée.

La bonté du papier à filtrer dépend encore, outre sa pureté, de la rapidité avec laquelle il laisse passer le liquide, tout en arrêtant complètement le précipité, quelque fin qu'il puisse être (sulfate de baryte, oxalate de chaux). Si Ton n'a pas de papier remplissant seul ces deux conditions, il serabou d'en avoir de deux sortes, l'un plus épais>pour retenir les précipités très-fins, l'autre plus poreux, pour filtrer rapidement quand les particules en suspension sont un peu grosses.

Les entonnoirs seront en verre ou en porcelaine (§ 18-10). On les placera sur un support solide. Pour les petites filtrations, telles qu'on en fait dans l'analyse qualitative, on se servira d'un support semblable à celui représenté dans la figure 2.

Nous décrirons, dans le traité d'analyse quantitative, les filtrations au moyen d'appareils à succion.

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