RÉACTIONS PARTICULIÈRES AUX OXYDES LES PLUS COMMUNS DU
CINQUIÈME GROUPE
Première subdivision: Oxydes précipités par V acide chhrhydrique.
a. Oxyde d'argent (AgO).
g 115. 1. \J argent métallique est blanc, brillant, passablement dur, très-malléable, assez difficilement fusible. Il ne s'oxyde pas lorsqu'on le fond au contact de l'air. L'acide azotique le dissout facilement, l'acide sulfurique et l'acide chlorhydrique étendus ne l'attaquent pas.
2. V oxyde d'argent est une poudre brune grisâtre, qui n'est pas complètement insoluble dans l'eau, et qui se dissout facilement dans Tacide azotique étendu. 11 ne f^rme pas d'hydrate. Cet oxyde, ainsi que le sous-oxyde noir (Ag*0)et le peroxyde (AgO*), se décompose sous l'action de la chaleur en oxygène et en argent métallique.
3. Les sels d argent sont fixes et incolores ; beaucoup noircissent à la lumière. Les sels solubles à l'état neutre n'altèrent pas les couleurs végétales et sont décomposés au rouge.
4. L'acide sulfhydrique et le sulfhydrate d'ammoniaque précipitent du sulfure d'argent {k^^) noir, insoluble dans les acides étendus, dans les alcalis, dans les sulfures alcalins et dans le cyanure de potassium ; ce précipité est facilement décomposé par l'acide azotique, qui le dissout avec dépôt de soufre.
5. La POTASSE et la soude précipitent V oxyde d'argent sous forme depoudiel)rune, insolubles dans un excès du précipitant, mais très-soluble dans l'ammoniaque.
6. L'ammonfaque en très-petite quantité dans les sels neutres donne un précipité brun à' oxyde d' argent j |très-soluble dans un excès d'ammoniaque. Les dissolutions acides ne sont pas précipitées.
7. L'acide gulorhydrique et les chlorures solubles produisent un précipité blanc, caillebotté de chlorure d'argent (AgGl). Si le liquide est très-étendu, il ne fait au commencement que devenir opalin, blanc
§ 116] CINQUIÈME GROUPE. — PROTOXYDE DE MERCURE. 1ôi>
bleuâtre ; mais en rabandonnant dans un lieu chaud le chlorure d'argent se dépose au fond du vase. Le chlorure blanc, exposé à la lumière, perd du chlore, devient d'abord violet et enOn noir ; il ne se dissout pas dans Tacide azotique, mais se dissout facilement dans Tammoniaque, d'où il est de nouveau précipité par les acides. L'acide chlorhydrique concentré et les dissolutions concentrées des chlorures alcalins dissolvent, surtout à chaud, des quantités notables de chlorure d'argent, qui se dépose de nouveau, si l'on étend la dissolution. Le chlorure d'argent est fusible sans décomposition, et après refroidissement il se présente en masse cornée translucide.
8. En chaulfant dans la flamme intérieure du chalumeau sur un morceau de charbon les sels d'argent avec de la soude, on obtient des globules métalliques blancs, brillants, ductiles, en même temps qu'il se forme un faible enduit rouge foncé, qui toutefois peut aussi ne pas se produire. La réduction sur les baguettes de charbon est aussi trèsfacile.
b. Protoxyde de mercure (Hg'O).
g 116. 1. Le mercure métallique est blanc, brillant, liquide à la température ordinaire ; il se solidifie à — 39** et bout à 360*». Il ne se dissout pas dans l'acide chlorhydrique; dans l'acide azotique étendu et froid, il se change en azotate de protoxyde, et dans le même acide concentré et chaud, en azotate de bioxyde.
2. Le protoxyde de mercure est une poudre noire, facilement solubie dans l'acide azotique : il se volatilise sous l'action de la chaleur en se décomposant. Il ne forme pas d'hydrate.
5. Les seh de protoxyde de mercure sont volatils au rouge en se décomposant presque tous. Le protochlorure et le protobromure sont volatils sans décomposition. Les sels de protoxyde de mercure sont généralement incolores. Les sels solubles à Fétat neutre rougissent le tournesol; l'azotate en contact avec beaucoup d'eau se décompose en un sel acide soluble et un sel basique insoluble, jaune clair.
4. L'hydrogène sulfuré et le sulfuydrate d'ammoniaque donnent des précipités noire insolubles dans- les acides étendus, dans le sulfhyirate d'ammoniaque ^et dans le cyanure de potassium. Ces précipités ne sont pas, comme on le croyait, des protosullures de mercure, mais des mélanges de bisulfure et de mercure métallique extrêmement divisé. Le monosulfure de sodium, en présence d'un peu de soude caustique, dissout un pareil précipité, en séparant du mercure métallique ; le bisulfure de sodium le dissout également, mais sans dépôt métallique ; les dissolutions contiennent du bisulfure de mercure (HgS). Le précipité cède du mercure à l'acide azotique bouillant, en même temps qu'il se
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forme le composé blanc HgO,ÂzO'-}~^*HgS; il est facib^ment décomposé et dissous par Teau régale.
5. La POTASSE, la SOUDE et Taiimoniaque donnent des précipités noirs insolublf's dans un excès du précipitant. Les précipités obti nus par les alcalis fixes sont du protoxyde de mercure; celui que donne Tammoiiiaque est un sel basique renfermant de Vammoniaque ou une amide.
6. L'acide chlorhtdrique et les chlorures solurles précipitent du protoclilorure de mercure (Hg'Cl) sous forme de poudre fine, blanche et brillante. L'acide chlorhydrique et l'acide azotique froid ne l'attaquent pas; mais, si on le fait bouillir longtemps avec ces acides, il se dissout, quoique très-lenteiment et très-difficilement, en se transformant a?ec l'acide cblorhydrique en bicblorure^ et mercure métallique, et avec l'acide azotique en bichlorure et azotate de bioxyde. L'eau régale et l'eau de chlore dissolvent facilement le protochlorure de mercure en le changeant en bichlorure. L'ammoniaque et la potasse le décomposent ; la première précipite une combinaison d'amidure et de protochlorure de mercure (Hg'AzH*,Hg*CI), et le second du protoxyde.
7. Si l'on place sur une lamk de cuivre bien décapée une goutte d'une dissolution neutre ou légèrement acide d'un sel de protoxyde de mercure, qu'on lave au bout de quelque temps et qu'on frotte légèrement la tache avec du coton ou du pa|)ier, elle paraît d'un beau blanc d'argent brillant. En chauffant légèrement, cette argenture apparente disparaît par suite de la volatilisation du mercure qui s'était déposé sur le cuivre.
8. Le protochlorure d'étain donne un précipité gris de mercure métallique qui se rassemble en gouttelettes, si, après avoir laissé déposer, on décante le liquide et on fait bouillir le précipité avec de l'acide chlorhydrique additionné d'un peu de protochlorure d'étain.
9. Si l'on mélange intimement les composés mercuriels anhydres avec de la soupe anhydre et qu'on place le tout dans un tube à essai en verre, en recouvrant la masNe d'une couche de soude, S9us l'action d'une forte chaleur il y aura toujours décomposition et mise eu liberté de mercure métalliquej qui se défiose au-dessus de la partie chauffée sous forme de sublimé gris, qu'on reconn lît à la loupe ou au microscope pour éire formé par d'infiniment petits globules de mercure. En le frottant avec une baguette en verre , la poussière mercurielle se rassemble en plus grosses gouttelettes.