C. Oxyde de plomb (PbO
§ tiV. i . Leplomb métallique est gris bleuâtre, brillant au moment où on le coupe, mou, malléable, facilement fusible, volatil au rouge blanc. Fondu au chalumeau sur du charbon, il couvre celui-ci d'un
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oxyde jaane. Il est très-peu attaqué, même a chaiid, par Tacide chlorhydrique et Taclde suifurique de concentration moyenne, mais l^acide azotique étendu le dissout facilement, surtout à chaud.
2. V oxyde de plomb est une poudre jaune ou jaune rougeâtre, d*un aspect rouge brun, quand elle est chaude, et fusible à la chaleur rouge. Son hydrate est blanc. Tous deux.se dissolvent facilement dans Tacide azotique et dans Tacide acétique. Le sous-oxyde (Pb'O) est noir, le minium (2PbO, PbO') est rouge : ce qu'on appelle le sexquioxyde (PbO,PbO«) est brun clair, le peroxyde (PbO*) est brun. Tous, chauffés au rouge au contact de Tair, se suroxydent. Le peroxyde ne se dissout pas à chaud dans Tacide azotique, mais, si Ton ajoute un peu d'alcool, la dissolution est complète et elle renferme de Tazotate de plomb.
5. Les sels de plomb sont fixes, la plupart incolores ; les stls solubles à rétat neutre rougissent le tournesol et se décomposent au rouge. Le chlorure de plomb, chauffé au rouge au contact de l'air, se volatilise en partie en laissant de Toxychlorure de plomb.
4. L'acide sulfhtdrique et le sulfhydrate d* ammoniaque précipitent du sulfure de plomb (PbS), insoluble dans les acides étendus froids, dans les alcalis, dans les sulfures alcalins et le cyanure de potassium, mais décomposé par Tacide azotique chaud. Si celui-ci est étendu, du soufre se dépose et tout le plomb se dissout à l'état d'azotate ; — si l'acide est fumant, tout le soufre est oxydé et Ton n'obtient que du sulfate de plomb insoluble; — si l'acide est de concentration moyenne, les deux réactions ont lieu en même temps, c'est-à-dire qu'une partie du plomb se dissout à Tétat d'azotate, le reste se dépose à l'état de sulfate avec le soufre non oxydé. — Si une dissolution de plomb renferme un grand excès d'un acide minéral concentré, l'acide sulfhydrique ne produit de précipité qu'après addition d'eau ou après saturation partielle de l'acide par un alcali. — Si l'on précipite une dissolution de plomb par l'acide sulfhydrique en présence de beaucoup d'acide chlorhydrique libre, il se produit parfois un précipité rouge de chlorosulfure de plomb, qui toutefois est transformé en sulfure noir par un excès d'acide sulfhydrique.
5. La POTASSE, la soude et I'ammoniaque précipitent des sels basiques blancs, insolubles dans l'ammoniaque, mais solubles dans la potasse et la soude. Dans Tacétade de plomb, l'ammoniaque (exempte d'acide carbonique) ne produit pas de suite un précipité, parce qu'il se forme un acétate tribasique soluble.
6. Le CARBONATE DE SOUDE précipite du carbonate basique de plomb [par exemple : 6(PbO,CO*) H-PbO,HO], blanc, pas tout à fait insoluble dans un excès du précipitant, surtout en chauffant, mais qui ne se dissout pas dans le cyanure de potassium.
7. L'acide chlorhydrique et les chlorures m étai.mques donnent
FRESEXIDS. AX. QUAL. — 6* ÉDU*. il
dans les dissolutions concentrées un précipité blanc, lourd, soluble dans beaucoup d'eau, surtout à chaud. Il est transformé par Tammoniaque en chlorure de plomb basique (PbCl,5PbO+HO), qui est une poudre également blanche, mais presque insoluble dans Teau. Dans Tacide azotique étendu et dans Tacide chlorhydrique, le chlorure d« plomb est plus difficilement soluble que dans Teau.
8. L*ACiDESci.FURiQUEet les SULFATES douneut un précipité de sulfate de plomb (PbO,SO'), presque insoluble dans Peau et les acides étendus. Si les dissolutions sont étendues, et surtout si elles contiennent beaucoup d'acide libre, le précipité ne se forme qu'au bout d*un temps quelquefois assez long. Il est bon d'ajouter un excès notable d'acide sulfurique étendu, cela rend la réaction plus sensible, parce que le sulfate de plomb est bien moins soluble dans Pacide suHurique étendu que dans l'eau. Pour recueillir de petites quantités de sulfate de plomb, ce'qu'il y a de mieux à faire, c'est, après l'addition de l'acide sulfurique, d'évaporer autant que possible au bain-marie et de reprendre le résidu par l'eau, ou mieux encore par l'alcool, si c'est possible. L'acide azotique et l'acide chlorhydrique concentrés et bouillants le dissolvent, et la lessive de potasse plus facilement. 11 peut se dissoudre assez bien dans certains sels ammoniacaux , entre autres l'acétate d'ammoniaque^ et l'acide sulfurique étendu le précipite de nouveau.'
9. Le CHROHATE DE POTASSE produit un précipité de chromate de plomb (PbO,CrO*), jaune, facilement soluble dans la potasse, difficilement soluble dans l'acide azotique étendu.
10. Les composés de plomb, mêlés avec de la soude et chauffés sur le charbon dails lu flamme de réductioi>î, donnent très-facilement des globules métalliques, mous et malléables ; en même temps le charbon «e couvre d'un enduit jaune d'oxyde de plomb. La réduction peut se faire aussi très-facilement sur les petites baguettes de charbon.
il. L'enduit métallique de p/om( obtenu par le moyen indiqué à la page 50 est noir avec une efflorescence brune, l'enduit d*oxyde est jaune d'ocre clair, celui d'iorfure jaune citron ou jaune d'œuf, celui de sulfure passe du rouge brun au noir, et ne disparaît pas par le sulfhydrate d'ammoniaque {Bunsen),
§ i 18. Résumé et remarques. — Les oxydes métalliques de la première subdivision du cinquième groupe sont nettement caractérisés par les chlorures correspondants, car la manière différente dont ceux-ci se comportent avec l'eau et avec l'ammoniaque nous permet à la fois •de les reconnaître et de les séparer. Si l'on fait bouillir en eifet avec -asâez d'eau le précipité formé de trois chlorures, ou si on le lave assez longtemps sur le filtre avec de Peau bouillante, le chlorure de plomb jw dissout, tandis que le chlorure d'argent et le protochlorure de mer-
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cure restent insolubles. En traitant alors ceux-ci par Tammoniaque, le protochlorure de mercure se transforme en un précipité noir, insoluble dans un excès d'ammoniaque, tandis que le chlorure d'argent se dissout facilement dans l'alcali, d'où on le précipite de nouveau par l'acide azotique (quand on n'opère que sur de petites quantités, il sera bbn de chasser d'abord la plus grande partie de l'ammoniaque par la chaleur). — L'acide sulfurique décèlera facilement le plomb dans la solution aqueuse de chlorure de plomb.
Deuxième subdivision : Oxydes non précipités par l'acide
chJorhydrique.
a. Bioxyde de mereure (HgO).
g ito. 1. Le bioxyde de mercure se présente sous la forme d'une poudre rouge vif, cristalline, donnant, quand on l'écrase, une poussière d'un rouge jaune mat : ou bien encore, quand il est obtenu par précipitation de l'azotate ou du biclilorure, c'est une poudre jaune. Si on le chauffe, sa couleur devient de plus en plus foncée, et au rouge faible il se décompose en oxygène et en mercure. Les deux modifications se dissolvent facilement dans l'acide chlorhydrique et l'acide azotique.
2. Les sels de bioxyde de mercure se volatilisent au rouge en se décomposant, excepté le bichlorure, le bi bromure et le biiodure ; en faisant bouillir une dissolution de bichlorure de mercure, ce sel se volatilise avec la vapeur d'eau. Ces sels sont la plupart incolores. Les sels neutres solubles rougissent le tournesol. L'azotate et le sulfate sont décomposés par beaucoup d'eau en sels acides solubles et en sels basiques insolubles.
5. L'acide sulfhydrique ou le sulfhydbate ammoniaque en très-petite quantité produisent, en agitant le liquide, un précipité blanc ; en augmentant peu à peu la quantité du réactif, leprécipité devient jaune orangé, rouge brun ; mais un excès du précipitant donne du bisulfure de mercure (HgS) d'un noir pur. Ce changement de couleur du précipité suivant la quantité d'hydrogène sulfuré distingue le bioxyde de mercure de tons les autres corps. Il provient de ce que tout d'abord il se forme une combinaison double, blanche, de bisulfure et du sel non encore décomposé avec le bichlorure, par exemple (HgCl -h 2. HgS); puis elle se transforme en composé jaune et brun de plus en plus riche en bisulfure, et enfin elle devient du bisulfure pur. Le bisulfure de mercure n'est dissous qu'en très-petite quantité par le sulfhydrate d*ammoniaque : il se dissout quand on le fait digérer à chaud dans le sulfliydrate jaune. La potasse et le cyanure de potassium ne le dissolvent pas et il est tout à fait insoluble dans les acides azotique, chlorliy-
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drique, même à rébullition. En le soumettant longtemps àractiondc Tacide azotiqae concentré et chaud, il se change en un composé blanc 2.HgS+ HgO,AzO*. — Le sulfure de potassium et le sulfure de sodium le dissolvent complètement en présence d'un pende potasse ou de soude caustique, mais. il est insoluble dans le sulfhydrate de sulfure de potassium et dans le sulfliydrate de sulfure de sodium. — L'eau régale le décompose et le dissout avec facilité. — Si la dissolution du sel de mercure contient un grand excès d'acide minéral concentré, l'acide sulfhydrique ne produit de précipité qu'après addition d'eau.
4. La POTASSE, versée en quantité insuAisante dans les dissolutions neutres ou faiblement acides, donne un précipité brim rougeâtre qui est jaune, si l'alcali est en excès. Le premier est un sel basique, tandis que le second est du bioxyde de mercure. Tous deux sont insolubles dans un excès du précipitant. Dans les dissolutions très-acides, la réaction ne se produit pas ou ne se produit qu'incomplètement; en présence des sels ammoniacaux, les précipités ne sont ni rouges, ni jaunes, mais blancs. Celui qui se produit dans le bichlorure en présence d'un excès de sel ammoniac a une composition à peu près analogue à celle indiquée dans le n^ 5 suivant.
5. L'ammoniaque donne des précipités blancs, comme ceux que produit la potasse en présence du sel ammoniac ; par exemple, dans une dissolution de sublimé corrosif, on précipite du chloramidure de mercure (Hg^CUAzH*).
6. Le PROTOCHLORURE d'étain, vorsé en petite quantité dans une dissolution de bichlorure de mercure ou d'un autre sel additionné d'acide chlorhydrique, précipite da protochlorure de mercure (2.HgGl -h SnCl= Hg*Cl -f-SnCl*) ;si l'on ajoute une plus grande quantité de réactif, Je protochlorure précipité d'abord est réduit à l'état métallique (Hg*Cl-f- SnCl = Hg*-hSnCl'). Dès lors le premier précipité, qui était blanc, devient gris, et après décantation, en le faisant bouillir avec de l'acide chlorhydrique et un peu de protochlorure d'étain, il se réunit en globules.
7. Si dans une dissolution de bioxyde de mercure acidulée avec de l'acide chlorhydrique on plonge un petit élément galvanique formé d'une .lame de platine et d'une feuille d'étain, réunies à une extrémité par une pince en bclis sans cependant se toucher, tout le mercure se dépose peu à peu et de préférence sur la lame de platine. On prend celle-ci, on la sèche, on là roule pour l'introduire dans un tube de verre : en chauffant celui-ci assez fortement, on obtient un sublimé de gouttelettes de mercure qu'on peut reconnaître déjà à l'œil nu, mais qu'on distinguera mieux au microscope. En le chauffant avec un peu dïode, il se change en iodiu*^ rouge {van den Broek),
8. Les sels de bioxyde de luercure se comportent comme ceux de