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Lavage

g V. Si l'on a voulu, par filtration ou décantation, obtenir le corps solide précipité, il faut, par des lavages répétés, le débarrasser du liquide qu'il retient toujours par adhérence. Cette opération constitue le lavage, et on la pratique généralement et facilement à l'aide de la fiole à jet ou pissette {fig. 3). Le dessin ne demande aucune explication. L'extrémité extérieure du tube a est étirée en pointe; en soufflant avec la bouche par le tube courbé à angle obtus, on fait sortir de a avec une certaine force un filet d'eau continu. Cette disposition est très-commode pour le lavage des précipités; elle

§ 81 LAVAGE. — DIALYSE. Il

a surtout l'avantage de pouvoir servir quand il faut faire usage d'eau chaude. Seulement, pour pouvoir tenir la fiole'quand elle est remplie d'ean bouillante, il faut la garnir d'una poi gnée ou tout simplement envelopper le col de ficelle.

Pour laver par décantation, après avoir séparé le liquide du précipité, on agite celui-ci avec de l'eau ou le liquide convenable, on laisse de nouveau déposer, on décante, on ajoute une seconde fois du liquide, etc. La réussite d'une analyse ilépendant souven t du bon lavage d'un précipité, il faut s'habituer à ne terminer cette opération que quand le but est réallement atteint, c'est-àdire quand le précipité est bien de fait complètement débarrassé du liquide au milieu duquel il s'est formé; et il ne faut pas ici se contenter d'à peu près, mais essayer par pjg, ;,

des moyens convenables le liquide qui. s'écoule do filtre. Par exemple, si le corps qu'on doit enlever par le lavage est'fiie, il suffit de prendre sur une feuille de platine quelques gouttes de l'eau distillée de lavage et de l'évaporer lentement; s'il n'y a pas de résidu, c'est que le but est alleînt.

g 8. Pour séparer l'un de l'autre des corps qui sont dans la même dissolution, on' emploie souvent un procédé qu'on appelle la dialyse. Cette opération a en apparence une cerluine ressemblance avec la fil- Iration, mais en réalité elle en diffère essenlicUemcnt. Elle a été récemment introduite dans la science par Graham, et repose sur les manières diiTérentes dont se comportent les substances dissoutes dans l'eau en contact avec les membranes humides. Une classe de corps, les cristal lo'ides, traversent certaines membranes que l'on met en contact avec leurs dissolutions, tandis que la seconde classe, celle des colloïdes, est privée de cette propriété. Tous les corps cristallisables appartiennent au groupe des cristalloïdes : dans celui des colloïdes se rangent les substances non cristallisables, telles que les gommes, la deitritie, le caramel, le tannin, l'albumine, les matières extractives, la silice hydratée, etc. — La membrane doit être une matière colloïdale, pareicmple, une peau animale, de préférence du parchemin, et l'autre face doit être en contact avec l'eau. Cet effet, suivant Graham, serait

12 CHiP. I. — DES OPËRUTIOSS. (g t!

djk à ce que les crietalloîdes, absorbant l'eau prise par la cloison colloïdale, ont sans cesse un milieu favorable à leur diffusion, tandis que les colioides dissous, n'ayant aucune tendance à enlever l'eau absorbée par la membrane, ne peuvent traverser celle-ci. Les appareils les plus commodes pour les essais dialyUques sont représenlés dans les fibres i ot 5. Dans la figure 4, le liquide soumis :\ h dialyse est placé

Fig. 4. Fig.ï.

dans le vase en forme de cloche ouvert en haut et fermé en bas avec du parchemin. Dans la figure 5, on le verse dans le cerceau en bois ou en gutta-percha fermé en dessous par une feuille de parchemin. La feuille de parchemin doit avoir 8 à 10 centimètres de diamètre en plus que le contour du vase : on l'étalé sur les bords après l'avoir humectiie, eton lafixe, sanscependant trop la tendre, avec de laUcelleou un lien élastique. Le parchemin ne doit pas être poreux : on l'essaye en mouillant la face supérieure avec de l'eau et on ne doit pas voir de taches humides de l'autre câté. Si cela arrivait, on obvierait à ce défaut eu étendant sur lafeuille du blanc d'œufliquide que l'on coagulerait ensuite par la chaleur. Quand on a reconnu que le dialyseur est bon, on yversetamasseàessayer. Sielleesttout à fait liquide, on fait usage de la cloche ; si elle renferme des parties solides, il vaut mieux employer le cercle. On a soin qye le liquide forme une couche de tout au plus 1 et 1/â centimètre et que la membrane plonge un peu dans l'eau du vase extérieur, dont la quantité sera au moins quatre fois plus grande que celle du liquide à dialyser. On suspendra la cloche comme on le voit dans la figure ; quant au cerceau, ou le laisse naturellement Uotter sur l'eau. Au bout de 24 heures on trouve la moitié ou les trob quarts des

§ 9] EVAPORATION. 15

substances cristalloîdes dans l*eau extérieure, tandis que les colloïdes restent dans le dialyseur; c'est à peine s'il passe quelque trace de ces derniers dans le vase extérieur. En mettant plusieurs fois consécutives le dialyseur en contact avec de nouvelle eau pure, on parvient à la fin à opérer complètement la séparation des deux sortes de substances. La dialyse peut, entre autres, rendre de grands services dans les recherches de médecine légale, en permettant de séparer des principes colloîdaux des cadavres les cristalloîdes vénéneux.

Pour séparer les substances volatiles de celles qui le sont moins ou qui ne le sont pas du tout, on peut employer quatre moyens, savoir : ïévaporation, la distillation, le chauffage au rouge ^ la sublimation. Les deux premiers s'appliquent aux liquides, les autres aux solides.

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