‹ Traité d'analyse chimique qualitativeChapitre 14 sur 294 · Ëvaporatioii · texte numérisé non relu

Ëvaporatioii

g 9, C'est une des opérations qu'on a le plus fréquemment à faire. On l'emploie chaque fois qu'il faut séparer un liquide volatil d'une substance moias volatile ou fixe, celle-ci pouvant du reste être liquide ou solide ; de plus on n'a en vue, dans cette opération, que de conserver la partie moins volatile, le liquide vaporisé n'étant pas recueilli, étant perdu. Par exemple, on l'applique pour chasser une partie de l'eau d'une dissolution, afin de la concentrer et de faire cristalliser le sel; ou bien, si l'on a une dissolution d'un corps non cristallisable, on fera disparaître la totalité du liquide (évaporation à sec) pour avoir le corps solide comme résidu. Dans les deux cas, l'eau vaporisée est perdue. On obtient ces résultats toujours en transformant en vapeurs le liquide qu'il faut enlever ; par conséf^uent ce sera le plus souvent par l'action de la chaleur; mais parfois aussi on pourra laisser le liquide s*évaporer spontanément à l'air libre ou le placer sous une cloche dans une atmosphère limitée, que l'on maintiendra dans le plus grand état de sécheresse possible avec des substances hygroscopiques (acide sulfurique concentré, chlorure de calcium en morceaux). Enfin, dans bien des cas, tout en employant les' matières hygroscopiques, on pourra raréfier l'air dans l'espace fermé.

Comme dans les analysés qualitatives on doit avant tout éviter toutes les impuretés, qu'elles sont d'autant plus à craindre que l'opération est plus lente, il faut ici, le plus souvent, évaporer rapidement en chauffant le liquide dans une capsule en porcelaine ou en platine directement sur une lampe à alcool ou sur un bec de gaz, d'ans un endroit fermé et à l'abri de la poussière. Si l'on ne peut pas remplir celte dernière condition, on aura soin de couvrir la capsule, en permettant toutefois aux vapeurs de se dégager. Pour cela, on couvrira la capsule avec un

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grand entonnoir renversé, fixé à Taide d'un support à cornues, et on laissera un petit espace entre les bords de la capsule et ceux de Tentoniioir. 11 sera bon d'incliner uii peu celui-ci, afin que les gouttes liquides provenant de la condensation de la vapeur puissent être recueillies dans un vase. Si Ton voulait couvrir la capsule avec une feuille de papier, celle-ci devrait être purifiée avec autant de soins que nous Tavons indiqué dans la filtration, sans quoi loxyde de fer, la chaux, etc., dissous par la vapeur (surtout quand elle est acide), pourraient retomber dans le liquide. 11 est inutile de dire que toutes ces précautions ne sont recommandées que pour les recherches délicates. Pour évaporer de grandes quantités de liquide, on emploiera avec avantage un ballon en verre, dont on inclinera le col et dont on fermera imparfaitement l'ouverture avec un capuchon de papier à filtre pur ; ou bien on se servira d'une cornue tubulée, dont le col sera relevé obliquement et dont la tubulure restera ouverte. On chauffera sur la flamme du gaz ou sur un feu de charbon.

S'il faut évaporer à une température qui ne dépasse pas 100**, on se

sert du bain-marie , représenté . dans la figure 6, à moins, bien entendu, que Ton ait dans sou laboratoire un appareil convenable.

L'évaporation à siccité ne doit jamais, p. ^ autant que possible, se faire à feu nu, mais

soit au bain-marie, soit au bain de sable ou sur une plaque de fer chaude.

Il y a un inconvénient à évaporer de grandes quantités de liquide dans des vases en porcelaine ou en verre, parce que ceux-ci sont souvent attaqués, et leurs éléments altèrent plus ou moins la nature de la substance soumise à l'analyse, ce qu'il faut éviter avec soin dans un travail délicat. Nous indiquons seulement cet inconvénient, sur lequel nous reviendrons quand il s'agira des analyses quantitatives : nous nous contenterons ici de dire qu'il ne faut surtout pas évaporer des liqueurs alcalines dans des vases en verre, parce que les alcalis attaquent le verre d'une façon très-sensible à la température del'ébuUition.

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