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PREMIÈRE SBCTION DU PREMIER GROUPE DES ACIDES INORGANIQUES

Acide chromiqne (CrO') .

g 138. i^Vacule chromique&ei^résQnie en masse cristalline, rouge écarlate, ou en cristaux en aiguilles. Il se décompose au rouge en oxyde de chrome et oxygène. A Tair, il tombe rapidement en déliquescence, se dissout dans Teau avec une couleur rouge brun foncé, appréciable même quand la dissolution est très-étendue.

2. Les chromâtes sont tous rouges ou jaunes, en grande partie insolubles dans l'eau.. Plusieurs d'entre eux sont décomposés au rouge. Les chromâtes alcalins sont fixes, solubles dansTeau; les dissolutions des chromâtes alcalins neutres sont jaunes, celles des bichromates sont brun rouge. Les couleurs sont apparentes même quand les liqueurs sont trèsétendues. La couleur jaune de la dissolution d'un sel neutre passe au brun rouge par l'addition d'un acide, par suite de la formation d'un sel acide.

5. L'acide sulfhydrique agissant sur une dissolution acidiliée d'un chromate produit d'abord une coloration brunâtre, qui passe ensuite au vert à cause de la formation d'un sel de sesquioxyde de chrome, en même temps qu'il se dépose du soufre, qui rend le liquide laiteux : (KO,2CrO'+4..HO,SO'^-3.HS=KO,SO'+Cr«0^ 3S0'-4-3.H0-h3S). U chaleur favorise la réaction et fait passer une partie du soufre à Tétat d'acide sulfurique.

4. Le sdlfhydrate d'ammoniaque versé en excès dans un bichromate alcalin donne aussitôt un précipité vert gris brunâtre de chromate d'oxyde de chrome hydraté : en faisant bouillir, tout le chrome se sépare à l'état d'hydrate d'oxyde vert. Dans une solution de chromate neutre, on n'a d'abord qu'une coloration brun foncé, mais bientôt se forme le précipité vert gris brunâtre, qui devient vert par l'ébuUition.

5. L'acide chromique peut être réduit à l'état d'oxyde par beaucoup d'autres réactifs, entre aulres par I'agide sulfureux, I'acide chlorhydrique concentré à chaud ou i'acide étendu avec addition d'alcool (il

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se dégage du chloréthyle avec de l*aldéhyde), par le zinc hétallique, et aussi en le chauflant avec Tacide tartrique, Tacide oxalique, etc. Toutes ces réactions sont nettement caractérisées par le changement de la couleur jaune ou rouge de la dissolution, qui prend la teinte verte du sel à oxyde de chrome.

6. Le CHLORURE DE BARYUM formc dans les dissolutions aqueuses des chromâtes un précipité blanc jaunâtre de chromate de baryte (BaO, CrO^) , solublc dans Tacide chlorhydrique et Tacide azotique étendus.

7. L*AZOTATE d'argent dounc avec les dissolutions aqueuses des chromâtes un précipité rouge pourpre ïoncédechromate d'argent (AgO,Cr0^j, soluble dansTacide azotique et Tammoniaque; dans les dissolutions faiblement acides le précipité est du bichromate d* argent (AgO,2CH)').

8. L*AcéTATE DE PLOMB précipite dans les solutions aqueuses ou acétiques d*un chromate du chromate deplomb (PbO,CrO') jaune, soluble dans la potasse, difficilement soluble dans l'acide azotique et insoluble dans Tacide acétique. En chaufi'ant avec un alcali le sel neutre jaune passe à Tétat de sel basique rouge (2PbO,CrO').

9. Si renverse au-dessus d'une dissolution acide très-étendue d'EAC OXYGÉNÉES (environ 6 à 8 C. C.) un peu d'éther (une couche d'un deniicentimctre de haut) et si Ton y ajoute un liquide Contenant un chromate, la dissolution d'eau oxygénée se colore en beau bleu. En retournant plusieurs fois, mais sans agiter, le tube fermé avec le pouce, la dissolution devient incolore et c'est Télher qui devient bleu. Ce dernier phénomène est très-caractéristique. La coloration est encore appréciable avec une partie de chromate de potasse dans 40,000 parties d'eau [Slorer); la présence de l'acide vanadique diminue beaucoup la sensibilité (Werther). Suivant toute probabilité, cette couleur bleue est produite {)ar une combinaison d*acide chromique et d'eau oxygénée. Au bout dequel(|ue temps l'acide chromique est réduit, et la coloration de l'éther disparaît.

10. En fondant des chronriates insolubles avec du carbonate et de I'azotate DE soL'DE, puis traitant la masse par l'eau, on a une dissolution colorée en jaune par les chromâtes alcilins formés et qui devient rouge brun par addition d'un acide. Les oxydes restent purs ou à l'état de carbonates, à moins qu'ils ne soient solubles dans la soude provenant de la décomposition de l'azotate alcalin.

* On prépare très-facilement une dissolution d'eau oxygénée, en broyant avec un peu d'eau un morceau de bioxyde de baryum gros comme un pois et en portant le tout, en agitant, dans un mélange d'environ 30 C. C. d'acide chlorhydrique et 120 C. C. d*eau. La dissolution peut se garder assez longtemps sans se décomposer. Si Ton n'avait pas de bioxyde de baryum, on pourrait employer le bioxyde de sodium impur qui se produit dans la combustion du sodium à l'air. On chauffe un peu de sodium dans une petite capsule en porcelaine, jusqu'à ce qu'il s'enflamme et on le laisse brûler tranquillement.

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il. Les chromâtes se comportent comme les sels de chrome avec le SEL DE PHOSPHORE et le BORAX dans la flamme du chalumeau.

12. On peut reconnaître très-peu d*acide chromique dans une dissolution aqueuse par Tun des moyens suivants : on ajoute au liquide légèrement acidulé par de Tacide sulfurique un peu de teinture de gayac (4 partie de résine pour 100 parties d'alcool à 60 pour 100) ; il en résulte une coloration bleu intense, qui disparaît bientôt lorsqu'il n'y a que des traces d'acide cfiromique {H. Schiff,) — Ou bien, dans la dissolution d'un chromate alcalin aussi neutre que possible, on verse un peu d'une décoction aqueuse étendue de bois de campêche ; il se forme aussitôt une coloration noir intense, s'il n'y a que très-peu du sel le liquide se colore seulement en violet rouge. (B. Wildestein,)

Gomme l'acide sulfhydrique réduit l'acide chromique à l'état de sesqaioxide de chrome, on le trouve toujours dans la marche de l'analyse, quand on cherche les bases. En outre on le reconnaît facilement à la couleur intense des liquides contenant des chromâtes, à la réaction de l'eau oxygénée et aux précipités caractéristiques qu'il donne avec les sels de plomb et avec ceux d*argent. Pour reconnaître des traces de chrome, comme il y en a dans certains minéraux, par exemple la serpentine, on peut faire usage des réactions du numéro 12, après avoir fondu la matière à essayer avec un carbonate et un azotate alcalin.

ACIDES l'LUS RARES DE LA PREMIÈRE SECTION, a. Acide snlforeux (SO^).

§ iS9. Vacide sulfureux est un gaz incolore, non combustible, ayant une odeur forte de soufre brûlé. Il se dissout en assez grande quantité dans Teau : la dissolution à Todeur du gaz, rougit le tournesol, décolore le papier de Fernambouc ; à Tair elle absorbe Toxygène et se transforme en acide sulfurique. Les sulfites sont incolores. Ceux à base alcalme sont seuls facilement solubles dans l'eau ; ceux qui sont difficilement solubles ou insolubles se dissolvent dans l'eau chargée d'acide sulfureux, d'où ils se précipitent par Tébullition. — Tous les sels traités par I'acide sulfurique ou Tacide ghlorhtdrique dégagent de Tacide sulfureux ; la dissolution aqueuse de chlore dissout la plupart des sulfites à l'état de sulfates. Le chlorure de baryum précipite les sels neutres, mais pas l'acide libre ; le précipité se dissout dans l'acide chlorhydrique. L'acide soLFHTDRiQUE décomposo l'acido libre ; il se forme de l'eau, de l'acide pentathionique et du soufre libre, qui se dépose. Dans une dissolution contenant de l'acide sulfurique, après avoir ajouté un volume égal d'acide chlorhydrique, on met un fil de cuivre bien décapé et on chauffe à l'ébullition : s'il y a beaucoup d'acide sulfureux, le cuivre devient noir, comme couvert de suie ; s'il y a peu d'acide sulfureux, la surface devient seulement mate et perd son éclat. (H, Reinsch,) — Si l'on dégage de l'hydrogène avec du zinc exempt de soufre

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oa de rÂLDMiiiinM et de Tacide chlorhtdriocb, et si Ton met des traces d'acide sulfureux ou d*un sulfite daus le flacon, il se dégage aussitôt avec Thydrc^èoe de Tacide sulfhydrique, en sorte que le gaz colore et précipite en noir une dissolution d*acétate de plomb, additionnée de lessive de soude jusqu'à redissolution du précipité. — L'acide sulfureux est un puissant agent de réduction; il réduit Tacide chromique, Tacide permanganique, le bicblorure de mercure (qu'il ramène à Tétat de protocblorure) ; il décolore Fiodure d'amidon, précipite en bleu un mélange de prussiate rouge et de gerchlorure de fer, etc. — Avec une dissolution chlorhydrique de protochlordre d'étâin, il se forme au bout de quelque temps un précipité brun de sulfure cTélain. — A une disso- Intion aqueuse d'un sulfite alcalin, additionnée d'acide acétique jusqu'à acidité, si l'on ajoute très-peu de hitroprussiâte de soude et une quantité relativement plus grande de sulfate de zinc, il se produit une coloration rouge, si la quantité de sulfite n'est pas trop faible ; si le sulfite est en trop fiiible proportion, il ne se forme aucune coloration, mais elle se développe aussitôt qu'on a^ute un peu d'une solution de prussiate jaune de potasse . Si la quantité de sulfite n'est pas trop faible, l'addition du prussiate produit un précipité rouge pourpre (Bœdeker), Les hyposulfites alcalins ne donnent pas cette réaction.

b. Acide hyposnlforenx (S*0*).

Il n'existe pas à l'état libre. Ses sels sont pour la plupart solubles dans l'eau; presque toutes les dissolutions peuvent bouillir sans décomposition ; l'hyposulfite de cbaux se décompose dans cette circonstance en sulfite et en soufre. Si l'on ajoute de I'acide sulfurique ou de I'agide chlorhydrique à une dissolution d'un hyposulfite, le liquide reste d'abord limpide et inodore, mais bientôt — et d'autant plus vite que la concentration est plus grande — il devient de plus en plus trouble, en même temps que l'odeur de l'acide sulfureux se défeloppe. L» chaleur favorise cette décomposition, -r- L'azotate d'argent donne un précipité blanc d'hyposul/Ue d'argent, soluble dans un excès du précipitant; au beiÉ de peu de temps — mais presque de suite à chaud — ce précipité devient ncwr, en se transformant en sulfure d'argent et acide sulfurique. — L'hyposulfite de soude dissout le chlorure d'argent ; en ajoutant un acide à la dissolntka, elle reste d'abord claire ; plus tard — de suite à l'ébullition — elle laisse d^^er du sulfure d'argent. — ^ Le chlorure de baryum donne un précipité blflBic, soluble dans beaucoup d'eau, surtout d'eau chaude, décomposable par l'aiEide chlorhydrique. — Le pergblorure de fer colore en violet rouge les sokilions des hyposulfites alcalins (différence avec les sulfites); en abandoBiiant la liqueur, elle se décolore par suite de la réduction du perchlorure em protochlorure : la décoloration est plus prompte à chaud. — La dissolution acide d'AciOE ghromique est aussitôt réduite par les hyposulfites et la disso- Itflioii d'ioDURE d'amidon aussitôt décolorée. — Avec le zinc ou l'ALUViNHm et L'acide chlorhydrique, les hyposulfites se comportent comme les sulfites.

Si l'on avait à rechercher un sulfite et un hyposulfite alcalin en présence d'mi' sulfure alcalin, comme c'est souvent le cas, on ajouterait du sulfate de zinc a la dissolution jusqu'à ce que tout le sulfure soit décomposé ; on sépare-

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rait le sulfure de zinc par filtralion, puis, dans^une partie du liquide filtré, on chercherait Tacide hyposulfureux au moyen d'un acide, et dans une autre portion on chercherait Tacide sulfureux avec le nitro-prussiate de soude, etc.

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