J PREMIER GROUPE. — ACIDE BORIQUE
b. Acide borique (BO').
§ 144. 1. V acide borique anhydre est une masse vitreuse, incolore,, fusible au rouge, indécomposable par la chaleur; — hydraté (HO,BO'),. c'est une masse blanche poreuse; — cristallisé, ce sont des lamelles comme de petites écailles. Il se dissout dans Teau et dans Talcool. En évaporant les dissolutions, la vapeur d*eau ou d*alcool entraîne beaucoup d*acide borique. Ces dissolutions rougissent le tournesol et brunissent un peu le papier de curcuma, et celui-ci, fortement desséché, devient rouge brun. Les borates sont indécomposables au rouge; ceux à base alcaline sont seuls solubles dans leuu. Les dissolutions des borates alcalins sont incolores; toutes, même celles des sels acides, ont une réaction alcaline.
2. Le CHLORURE DE BÀRTUH produit dans les dissolutions pas trop étendues des borates alcalins un précipité de borate de baryte blanc, soluble dans les acides et dans les sels ammoniacaux, dont la formule estBaO,BO'-}'M ^^^^ ^^^ borates neutres et 3BaO,5BO'-|-6Aq avec les borates acides* [E. Rose,)
5. L'azotate d'argent, avec les dissolutions concentrées des borates alcalins neutres, donne un précipité blanc, légèrement jaunâtre à cause d'un peu d'oxyde d'argent libre (AgO,BO'-|-HO), tandis qu'avec les borates acides concentrés le précipité (3AgO,4BO') est blanc. — Les so-^ lutions étendues des borates alcalins forment avec l'azotate d'argent un précipité brun gris d'oxyde d'argent. (H. Rose,) Tous ces précipités se dissolvent dans l'acide azotique et dans l'ammoniaque.
4. Si, dans une dissolution très-concentrée et chaude d'un borate alcâlin, on verse de I'acide sulfurique étendu ou de I'agide chloruydrique, il se dépose par le refroidissement de Vacide borique en paillettescristallines, brillantes.
5. Si l'on ajoute à de l'ALCOOLde l'acide borique libre ou un borate, et dans ce dernier cas avec de l'acide sulfurique concentré pour mettre l'acide borique en liberté, la flamme de l'alcool allumé est colorée en vert jaunâtre^ parce que, surtout en agitant, l'acide borique emporté par la vapeur d'alcool est porté au rouge dans la flamme. La réaction est surtout bien sensible lorsque Ton chauffe la petite capsule contenant le mélange, que l'on enflamme l'alcool, qu'on le Liisse brûler quelque temps et qu'on l'éteint pour le rallumer ensuite. Alors, aussitôt que la flamme se produit, ses bords paraissent verts, qirand même l'acide borique serait en quantité trop minime pour produire une coloration à la manière ordinaire. — Il faut ajouter de Vacide sidfurique concentré et ri en pas mettre trop peu, — Comme les sels de cuivre colorent aussi la flamme en vert, il faut préalablement les éliminer par Tacide sulfhydrique. La présence des chlorures métalliques pourrait
224 GHAP. III. — REACTIONS DES ACIDES INORGANIQUES. [g 145
aussi induire en erreur, parce que le chlorure d'êlhyle donne à la flamme une teinte verte.
6. Dans une dissolution d*acide borique, ou dans une dissolution d'un borate alcalin ou alcalino-terreux additionnée d'acide chlorhydrique jusqu'à réaction acide faible, mais nette, si Ton plonge la moitié d'une bande de papier de cuacniiA, et si on la sèche (sur un verre de montre) à 100®, la moitié plongée prend une teinte row^e caractéristique. (H, Rose,)
Cette réaction est fort sensible. Il ne faut pas confondre cette couleur rouge particulière avec la coloration d'un brun noir que prend le papier de curcuma humecté avec de Tacide chlorhydrique assez concentré, puis séché, ni avec la teinte rouge brun que le perchlorure de fer ou la solution chlorhydrique de molybdate d*ammoniaque ou de zircône communique de suite au papier de curcuma ou mieux encore après la dessiccation. — En humectant le papier de curcuma coloré en rouge par Tacide borique avec une dissolution d'un alcali carbonate, la couleur passe au noir bleu ou au noir vert ; mais un peu d'acide chlorhydrique ramène aussitôt la teinte rouge brun. (Vogel^ H, Ludwig.)
7. En mettant une substance contenant de Tacide borique et réduite en poudre fine, additionnée d'une goutte d*eau, avec un flux formé de 4 1/2 parties de bisulfate de potasse et i partie de spathfluor en poudre fine et exempt d'acide borique, en plaçant cette pâte à FœHleton d'un fil de platine et la chauffant dans l*euveloppe extérieure de la flamme de Bunsen ou à la pointe de la flamme interne du chalumeau, il se dégage du fluorure de bore, qui colore la flamme en vert, mais seulement pendant quelques instants. Avec les combinaisons facilement décomposabics, la réaction se produit tout simplement en humectant l'essai avec de l'acide bydrofluosilicique et le portant dans la flamme.
8. L'acide borique et les borates fondus avec le carbonate de soude et introduits dans la flamme de Tappareil spectral donnent, même pour de très-petites quantités, un spectre composé de quatre lignes brillantes intenses, également larges et à égales distances. BO^a est vert jaune et se confond avec Ba7,BO'j3 est vert clair et se confond avec Baj3,B0'7 est vert bleu clair (elle se confond presque avec la ligne bleu du baryum) et BO'^ est très-faiblement bleue et ne coïncide pas tout à fait avec Sr^ (Simnder).