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TROISIÈME GROUPE DES ACIDES INORGANIQUES

Acides qui ne sont précipités ni par les sels de baryte ni par les .sels d'argent: acide azotique , acide cUorique (acide perchlorique).

a. Aelde azotique (AzO^).

g 159. 1. V acide azotique anhydre cristallise en prismes à six pans. Il fond à 29®, 5 et bout vers 45** {Deville),V acide azotique hydraté esi un liquide incolore, mais qui est rouge, s'il renferme de Tacide hypoazotique : il est très-corrosif, décompose rapidement les matières organiques, colore en jaune celles de ces matières qui renferment deTazote et enfin répand à Tair des fumées blanches.

2. Tous les azotates neutres sont solubles dans l'eau; il n'y a d'insolubles que quelques composés basiques. Tous sont décomposés au rouge. Les azotates alcalins dégagent d'abord de l'oxygène et se chan« gent en azotites, puis plus tard ils donnent de l'oxygène et de l'azote; les autres azotates dégagent de l'oxygène et de l'acide azoteux ou de l'acide hypoazolique.

5. Si l'on projette un azotate sur un charbon rouge, ou si l'on met du charbon ou une matière organique, par exemple un morceau de papier, dans un azotate fondu, il se produit une déflagration, c'est-àdire que le charbon brûle avec vivacité et projection d'étincelles, aux dépens de l'oxygène de l'acide azotique,

4. Si l'on mélange un azotate avec du cyanure de potassium en poudre et si Ton chauffe une petite quantité du mélange sur une feuille de platine, il y a déflagration, vive lumière et même explosion. Cette réaction permet même de reconnaître de très-petites quantités d'azotate.

5. Si Ton met un azotate avec un peu de tournure de cuivre et qu'on chauffe le mélange dans un tube à essais avec de l'acide sulfurique concentré, Tair du petit tube se colore en rouge jaunâtre, parce que sous l'action de l'acide azotique chassé par l'acide sulfurique, le cuivre atlaqué fait dégager du bioxyde d'azote qui, avec l'oxygène de l'air, passe à l'état d'acide hypoazotique. La coloration se voit très-bien en regardant dans le tube suivant la direction de son axe.

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6. Si Ton additionne une dissolution d'azotate avec un volume égal d'ACîDE suLFURiQUE Concentré, exempt de composés ni treux, qu'on laisse refroidir et qu'on verse une dissolution concentrée de sulfate de pro- TOXYDE DE FER, de façou quc les deux liquides ne se mélangent pas, la couche de séparation se colore d'abord en pourpre, puis en brun ou prend une teinte rougeâtre, s*il n'y a que des traces d'acide azotique. En mêlant la masse, elle reste limpide et prend une teinte brune un peu purpurine. — L'acide azotique est en effet décomposé par le protoxyde de fer ; trois cinquièmes de son oxygène se, portent sur le protoxydepouren faire passer une partie à l'état de peroxyde, et le bioxyde d'azote produit s'unit au sel de protoxyde de fer non encore peroxyde pour former un composé particulier qui se dissout dans l'eau en la colorant en brun. — Avec l'acide sélénieux on a une réaction analogue, mais en mélangeant les liquides et en laissant reposer, il se dépose du sélénium rouge (Wittstock).

7. Si l'on fait bouillir dans un petit tube un peu d'acide chlorhydrique, qu'on y ajoute une ou deux gouttes d'une dissolution très-étendue d'iNDiGO DANS l'acide SULFURIQUE et qu'ou fassc bouillir enpore une fois» le liquide reste bleu (pourvu que l'acide chlorhydrique soit exempt de chlore). Si maintenant on ajoute à celte dissolution bleu clair un azotate solide ou dissous, et si l'on chauffe encore à l'ébullition, le liquide est décoloré par suite de la décomposition de l'indigo. — Cette réaction est très-sensible. Toutefois il ne faut pas oublier que d'autres substances,, particulièrement le chlore, produisent également la décoloration.

8. Un liquide contenant un peu d'acide nzotique colore en rouge vif la dissolution de brucine dans l'acide sulfurique concentré et pur. Cette réaction est d'une sensibilité extrême. La teinte rouge passe bientôt au rouge jaune. L'acide chlorique donne la même réaction.

9. On dissout 1 partie d'AciDE phénique (phénol) dans 4 parties d'acide sulfurique concentré, on ajoute 2 parties d*eau et on met une ou <leux gouttes de ce liquide sur un azotate solide (par exemple le résidu de l'évaporation de quelques gouttes d'une eau de fontaine contenant un azotate). Il se produit un composé nitrogéné du phénol avec une coloration rouge brun, que l'addition d'une ou de deux gouttes d'ammoniaque concentré rend jaune, parce qu'il se fait du nitrophénate d'ammoniaque : parfois aussi la couleur est verte et passagère. Cette réaction est très-sensible (H. Sprengel).

10. On peut encore découvrir des traces d'acide azotique en le faisant passer à l'état d'acide azoteux. On peut opérer par la voie humide 0»! par la voie sèche ; par la voie humide, on chauffe pendant quelque temps la dissolution d'acide azotique ou d'azotate avec du zinc trèsdivisé et mieux avec de l'amalgame de zinc et l'on filtre (Schœnbein) ;

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— parla voie sèche, on fait fondre à une chaleur modérée avec du carbonate de soude la substance à essayer, on traite la masse refroidie par de l'eau et on filtre. On met alors Tun ou l'autre des liquides filtrés avec de Tiodure de potassium, un peu d'empois d'amidon et de IV cide sulfurique étendu, et le liquide est bleui par l'iodure d'amidon. (F. §158, 1.)

b. Jlcide chloHqae (CIO*].

g i60. i . Vacide chloriqueea dissolution le plus concentrée possible est un liquide oléagineux, incolore ou légèrement jaunâtre, d'une odeur qui rappelle celle de l'acide azotique. Il rougit le tournesol et aussitôt après le blanchit. La solution étendue est incolore et inodore.

2. Tous les CHLORATES sont solubles dans l'eau. Ils perdent tout leur oxygène au rouge et donnent pour résidu un chlorure.

5. Avec le charbon ou une matière organique, tous les chlorates détonent et avec bien plus de violence que les azotates.

4 Les chlorates mêlés au cyanure i^e potassium et chauffés sur la feuille de platine produisent, même en petite quantité, une violente déflagration. H ne faut opérer que sur très-peu de matière.

5. Si l'on colore en bleu clair la dissolution d'un chlorate avec im peu de la solution sulfurique d'iNDioo, si l'on ajoute un peu d'acide sulfurique étendu, puis goutte à goutte, avec précaution, une dissolution de sulfite de soude, la couleur de l'indigo disparaît aussitôt. La cause de cette réaction aussi sensible que caractéristique, c'est que l'acide sulfureux s'empare de l'oxygène de l'acide chlorique et met en liberté du chlore ou un composé d'un degré inférieur d'oxydation qui décolore instantanément l'indigo.

6. Si l'on chauffe un chlorate avec de I'agide ghlorhtdrique moyennement étendu, les éléments des deux acides se combinent, siirtoul à chaud, il se forme de l'eau, du chlore et de l'acide <;hloreux-Lic'i Ion. |'.c (2.C10*,GI0'). Le petit tube dans lequel on fait l'essai se remplit d'un gaz jaune verdâtre d'une odeur très-désagréable, analogue à celle du chlore, et l'acide chlorhydrique se colore en jaune verdâtre. Si l'on a coloré l'acide chlorhydrique avec de l'indigo, la couleur bleue disparaît aussitôt, même avec des traces de chlorate.

7. Si l'on met dans un verre *de montre quelques goût tes d' acide sulfurique CONCENTRÉ ct.qu'ou y ajoute un peu d'un chlorate, les deux tiers de l'oxyde métallique passent à l'état de sulfate et l'autre tiers à l'état de perchiorate ; de l'acide chloreux-chlorique est mis en liberté et colore l'acide sulfurique en jaune foncé; on peut reconnaître en outre le gaz à son odeur et à sa couleur verdâtre : [3(K0,C10')-1-^.H0S0'=2 (KO,HO,2SO»)H-KO,C10''-+-(C10»,C10')-h2.HO]. Dans cette expérience

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