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TROISIÈME GROUPE DES ACIDES ORGANIQUES

Les hydrates de ces acides peuvent distiller avec de l'eau (l'hydrate d'acide lactique avec difficulté), les sels de chaux sont facilement solubles dans l'eau, les solutions des sels alcalins neutres ne sont pas préci# pitées à froid par le perchlorure de fer ; acide acétique, acide formique (acide lactique, acide propionique, acide butyrique) .

a. Acide acétique (HO,C^H'0').

g 111. 1. V hydrate d'acide acétique forme des cristaux lamelleux, transparents, qui fondent à 17** en un liquide incolore, d'une odeur pénétrante particulière et d'une saveur fortement acide. La chaleur le transforme comj)létement en vapeurs inflammables, brûlant avec une flamme bleue. Il se mêle à l'eau en toutes proportions. Ce sont ces mélanges qui portent simplement le nom diacide acétique. L'hydrate se dissout aussi dans l'alcool.

2. Les acétates sont décomposés au ronge. Parmi les produits de la décomposition, on trouve généralement de l'acide acétique hydraté, et presque toujours de l'acétone (C^H'^O^). Les acétates alcalins et alcalinoterreux se changent par là en carbonates. Ceux à bases métalliques laissent, les uns le métal, les autres l'oxyde. Presque tous les résidus sont charbonneux. La plupart des acétates sont solubles dans l'eau et dans l'alcool; le plus grand nombre se dissout facilement dans l'eau, il n'y en a que peu qui s'y dissolvent difficilement. — Si l'on chauffe un acétate avec de l'acide sulfurique étendu dans un appareil distillatoire, Tacide acétique libre se trouve dans le liquide condensé.

o. Si Ton ajoute à de l'acide acétique du perchlorure de fer et qu'on neutralise presque l'acide avec de Tammoniaque, ou si l'on mélange un acétate neutre avec du perchlorure de fer, il se forme de ïacétate de peroxyde de fer qui colore le liquide en rouge foncé. Si l'on fait bouillir la liqueur rouge avec un excès d'acétate, elle se décolore en même temps que tout le peroxyde de fer se dépose en flocons jaunes bruns d'acétate basique. — L'ammoniaque précipite de la dissolution d'acétate de fer tout le peroxyde de fer à l'état d'hydrate. — Un liquide coloré en rouge par l'acétate de peroxyde de fer devient jaune par

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une addition d*acide chlorhydrique (différence avec le sulfocyanure de fer).

4. Les acétates neutres, mais non pas l'acide acétique libre un peu étendu, donnent avec rAZOTATE dVrgent un précipité blanc, cristallin, à* acétate d'argent (AgO,C*H*0'), très-peu soluble dans Teau froide, il se dissout plus facilement dans Teau chaude et se dépose par le refroidissement en cristaux déliés. L*ammoniaque le dissout facilement, Tacide acétique libre n'augmente pas sa solubilité dans Teau.

5. L*AZOTATE DE PROToxYDE DE MERCURE prodult daus Tacidc acétique, mais plus facilement encore dans les acétates, un précipité en écailles cristallines d'acétate de protoxyde de mercure (Hg*0,C*fl'0'), difficilement soluble à froid dans Teau et dans l'acide acétique, facilement soluble dans un excès du précipitant. Par la chaleur il se dissout dans Felau, mais s'en sépare de nouveau par le refroidissement sous forme de petits cristaux. Toutefois dans cette opération Tacétate de mercure est en partie décomposé; il se dépose du mercure métallique et le précipité prend une couleur grise. Si au lieu de faire bouillir avec de l'eau, on employait de l'acide acétique, la quantité de mercure réduit serait bien moindre.

6. Le BicHLORURE DE MERCURE chaufTéavcc de l'acide acétique ou avec un acétate ne donne pas de précipité de protochlorure de mercure.

7. En chauffant un acétate avec de I'agide sulfurique concentré, il se dégage des vapeurs d'hydrate d'acide acétique^ qu'on reconnaît facilement à l'odeur. Mais si l'on chauffe avec un mélange à volume égal d'ACiDE sulfurique couceutré et d'ALCooL, il se dégage de Yéther acétique (C*H*0,C*H^O'), dont l'odeur agréable et caractéristique se manifeste déjà à froid par la simple agitation du mélange et qui trompe bien moins que l'odeur forte de l'acide libre.

8. Si l'on chauffe de l'acide acétique étendu avec un excès d'oxYDE DE PLOMB, une partie de celui-ci se dissout à l'état d'acétate basique de plomb. Le liquide a une réaction alcaline et ne donne pas de cristaux par le refroidissement.

b. Acide formi^ue (II0,C^H03).

§ ttt. 1. Valide formique hydraté est un liquide incolore, ayant la transparence de l'eau, répandant de légères fumées, d'une odeur particulière, fortement pénétrante. Au-dessous de zéro il cristallise en lamelles incolores. Il peut se mêler à l'eau et à l'alcool en toutes proportions. La chaleur le volatilise complètement, les vapeurs peuvent s'allumer et brûlent avec une flamme bleue.

2. Les forrriidtes chauffés au rouge laissent comme les acétates correspondants, soit dés carbonates, soit des oxydes ou des métaux; en môme temps il ^ a un résidu de charbon et il se dégage des carbures

§ 172] TROISIÈME GROUPE: -- AGIDË FORMIQUË. 271

d'hydrogène, de l'acide carbonique et de la vapeur d*eau. Tous les formiates se dissolvent dans Teau, quelques-uns seulement sont solubles dans l'alcool.

3. Avec le perghlorure de fer, la réaction est la même que celle de Tacide acétique.

4. L'azotate d'argent ne précipite pas l'acide formique libre et ne précipite les forniiates alcalins que lorsqu'ils sont en dissolution concentrée. Le précipité blanc, dil'ficilemcnt soluble, cristallin, de formiate d'argent (AgO,C*HO') prend bientôt une couleur foncée, en même temps qu'il se sépare de l'argent métallique. Avec le temps la réduction devient complète à froid, mais elle a lieu de suite, si l'on chauffe le liquide avec le précipité. La même réduction de l'oxyde d'argent a lieu quand même la liqueur est trop étendue pour donner un précipité, ou si l'on opère avec de l'acide formique libre. Mais elle ne se produit pas en présence d'un excès d'ammoniaque. L'acide formique, que l'on peut regarder comme une combinaison d'oxyde de carbone et d'eau, prend donc l'oxygène à l'oxyde d'argent, forme de l'acide carbonique qui se dégage et de l'eau ; le métal réduit se dépose.

5. L'azotate de protoxyde de mercure ne donne rien avec l'acide formique libre; dans les dissolutions concentrées des formiates alcalins, il détermine un précipité blanc, difficilement soluble, de formiate de protoxyde de mercure (Hg*0,C*110'). Il devient bientôt gris, à cause du mercure mis en liberté ; avec le temps la réduction est complète à froid, elle est presque instantanée à chaud. Comme avec le sel d'argent, elle a lieu même dans les liquides assez étendus pour que le formiate de mercure reste dissous, ou bien avec l'acide formique libre.

6. En chauffant l'acide formique ou un formiate alcalin avec du bichlorure de mercure entre 60<* et 70®, il se précipite du protochlovivre de mercure. L'acide chlorhydriqne libre ou une trop grande quantité de chlorure alcalin empêche la réaction.

7. En chauffant l'acide formique ou un de ses sels avec de T acide sclpuriquecongestré, l'acide formique est décomposé, sans que le mélange noircisse, en eau et en oxyde de carbone qui se dégage avec effervescence et brûle, si on l'allume, avec sa flamme bleue caractéristique. Dans cette réaction l'acide sulfurique s'empare de l'eau ou de l'oxyde , sans lesquels l'acide formique ne peut exister et ce dernier se dédouble alors en ses éléments (C*H0'=2.G0-+-H0). En chauffant dans un appareil distillatoire un formiate avec de l'acide sulfurique étendu, l'acidè formique libre distille et on peut déjà le reconnaître à son odeur; si l'on chauffe avec un mélange d'acide sulfurique et d'alcool, il se dégage de l'éther formique, dont l'odeur est caractéristique et rappelle un peu celle des noyaux de pêche.

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