ESSAI PRÉLIMINAIRE
mènes qui se produisent permettent de tirer quelques conséquences certaines sur la nature du corps, ou au moins conduisent à quelques inductions vraisemblables. Je réunis dans les remarques suivantes ce qu'il y a surtout à examiner, ce à quoi il faut faire le plus attention.
a. Le corps ne change pas : Absence de substances organiques, de 4 sels hydratés, de corps iaciicment fusibles ou volatils (excepté toutefois Tacide carbonique, dont le départ ne produit souvent aucun changement appréciable) •
I). La couleur du corps change, sans que cependant il entre en 5 fusion à une température pas trop élevée. La couleur passe : du blanc au jaune et redevient blan«he par refroidissement, cela indique ï oxyde de zinc, — du blanc au brun jaune et redevient jaune clair sale par le refroidissement, cela indique Voxyde d'étain, — du blanc ou du jaune rougeâtre au rouge brun et reste jaune par le refroidissement, la matière en outre fond au rouge, cela indique Voxyde de plomb^ ^- du blanc ou jaune pâle au jaune orangé jusqu'au brun rouge, devenant jaune pâle par le refroidissement, la matière fondant au rouge vif, cela indique Voxyde de bismuth^ — du brun rouge au noir redevenant rouge brun par refroidissement, cela indique le peroxyde de fer, — du jaune à l'orangé foncé, avec fusion à une haute température, cela indique le chromate neutre de po^ tasse, — etc.
c. Le corps fond sans dégager de vapeur d'eau. A une haute 6 température, il se dégage un gaz (oxygène) et un morceau de charbon projeté dans l'essai brûle avec un vif éclat : cela décèle un azotate ou un chlorate.
d. // se dégage de la vapeur d'eau^ qui se condense dans les par- 7 ties ' froides du tube, cela indique : a. un corps contenant de Veau de cristallisation (dans ce cas le corps fond d'ordinaire facilement, puis après la vaporisation de l'eau il redevient solide; beaucoup se bour>ouflent considérablement en perdant leur eau, par exemple : le borax, l'alun, etc.), ou p. un hydrate décomposable (alors le plus souvent il n'y a pas de fusion) ; ou
y. un sel anhydre, ayant retenu de l'eau mécaniquement interposée entre ses lamelles (d'ordinaire le corps décrépite), ou ^. un corps qui a attiré Vhumidité de l'air. On essaye la réaction des gouttes d'eau condensées dans le
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tube. Si elles sonl alcalines, cela tient à de Tamnioniaque; si elles sont acides, cela est dû à un acide volatil (acide sulfurique, acide sulfureux, acide fluorhydrique, acide chlorhydrique. acide bromhydrique, acide iodhydrique, acide azotique, etc.).
e. // se dégage des gaz ou des vapeurs. On examine s'ils ont une o couleur, une odeur, une réaction acide ou alcaline, s'ils sonl combustibles, etc.
aa. Voxygène indique un peroxyde, un chlorate, un azotate, etc. Une allumette présentant un point en ignition se rallume dans le courant du gaz.
bb. V acide sulfureux provient souvent de la décomposition d'un sulfate : on le reconnaît à son odeur et à sa réaction acide.
ce. h' acide hypoazotique provient de la décomposition des azotates, surtout de ceux des métaux lourds; il est reconnaissable à la couleur rouge brun et à l'odeur des vapeurs.
dd. L'acide carbonique vient d'un carbonate décomposable par la chaleur ou d'un oxalate à oxyde réductible comme l'oxalate de cuivre. Le gaz n'a ni couleur, ni odeur, il n'est pas combustible. Une goutte d'eau de chaux, suspendue à un verre de montre, se trouble dans le courant de gaz.
ee. W oxyde de carbone est produit par un oxalate ou un formi ate. Le gaz brûle avec une flamme bleue. Avec les oxalates, l'oxyde de carbone est mélangé avec de l'acide carbonique et alors plus difficile à allumer : avec les formiates il y aune carbonisation très-nette. Les premiers mis dans un verre de montre avec du bioxyde de manganèse, un peu d'eau et un peu d'acide sulfurique concentré dégagent de l'acide carbonique, ce qui n'arrive pas avec, les seconds.
ft. Le chlore y le brome ou Y iode indique la présence d'un composé des halogènes. Les gaz se reconnaisent à leur couleur (vert jaunâtre, rouge brun, violet), ainsi qu'à l'odeur : s'il se dégage une quantité notable d'iode, il se forme un sublimé noir (voir 9).
gg. Le cyanogène dénote un cyanure décomposable par la chaleur. Le gaz est recoiinaissable à son odeur et à la couleur pourpre de sa flamme, s'il est assez pur.
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hh. V acide suif hydrique ^ caractérisé par son odeur, indique un sulfure hydraté.
ii. Vammoniaque provient de la décomposition d*un sel ammoniacal, ou d*un composé cyanogène, ou d'une matière organique azotée : dans ce dernier cas, Tessai brunit ou se charbonne, et avec Tammoniaque il se dégage ou du cyanogène ou des huiles combustibles à odeur forte.
f, // se forme un sublimé : présence de corps volatils. Les suivants ^ sont ceux qu'on rencontre le plus souvent :
aa. Soufre. Soit à l'état de simple mélange, soit dans certains sulfures métalliques. — il se sublime en gouttes brun rouge, devenant solides par le refroidissement et de couleur jaune ou brun jaune.
bb. Iode. Provenant de mélanges, de certains iodures métalliques, d*acide iodique, etc. Vapeur bleu violacé, sublimé noir, odeur d*iode.
ce. Sels ammoniacaux. Sublimé blanc, dégageant de Tammoniaque si on le chauffe sur une lame de platine avec un peu de soude et une goutte d'eau.
dd. Mercure et ses composés. — Le mercure métallique forme de petits globules, le sulfure est noir et devient rouge quand on Técrase, le bichlorure fond avant de se volatiliser, le protochlorure se volatilise avant de fondi^e, le sublimé chaud est jaune et devient blanc par refroidissement, — le biiodure de mercure rouge donne un sublimé jaune.
ee. Arsenic et ses composés. V arsenic métallique forme le miroir bien connu, Valide arsénieux de petits cristaux brillants, les sulfures d'arsenic des sublimés jaunes rouges quand ils sont chauds, jaunes quand ils sont froids.
ff. Oxyde d*antimoine. 11 fond en un liquide jaune avant de se volatiliser. Le sublimé est formé d'aiguilles brillantes.
gg. Acide benzôîque et acide sticcinique. On les reconnaît à lodeur des vapeurs.
hh. Acide oxalique hydraté. Sublimé cristallin blanc, vapeurs épaisses dans le tube. Un petit essai chauffé sur la lame en platine avec une goutte d'acide sulfurique concentré, donne un abondant dégagement de gaz.
282 2- PARTIE. — GIIAP. I. — PROCÉDÉ PRATIQUK. (§ 176
g. Vessal se cliarbonne : Substances organiques. Il se dégage prcs- v que toujours en même temps des gaz (de l*acétone avec les acétates) et de Teau dont la réaction est acide ou alcaline. Si le résidu fait effervescence avec les acides, tandis que cela n'avait pas lieu avec la matière primitive, cela indique des acides organiques combinés à des alcalis ou à des terres alcalines. — Les sels qui sont formés par des oxydes métalliques facilement réductibles combinés à des acides organiques laissent souvent les métaux à l'état métallique, par exemple Tacétate de cuivre : il en résulte qu'on peut n'avoir que fort peu ou même pas du tout de charbon, par suite de sa combustion aux dépens de l'oxygène de l'oxyde.
3. On place une parcelle du corps dans une petite cavité pratiquée { dans un morceau de charbon et on dirige sur elle la flamme inté' rieure du chalumeau.
Gomme il se reproduit ici presque tous les phénomènes que l'on aura déjà reconnus en chauiTant dans un petit lube, nous ne parlerons que de ceux qui sont propres à l'action spéciale du chalumeau. Si en chauffant sur le charbon il se dégage de l'acide sulfureux, cela indique en général la présence d'un sulfure métallique.
Les phénomènes suivants sont ceux desquels on peut, jusqu'à un certain point, tirer des conséquences certaines.
a. Le corps fond et pénètre dans le charbon ou forme une perle [\ au fond de la cavité, sans qu'il y ait d'enduit sur le charbon : cela indique très-probablement des sels alcalins.
b. H reste sur le charbon un résidu infusibUy blanc, soit imme'- 1^ diatement, soit après une fusion préalable dans de l'eau de cristallisation ; présence de la baryte, de la strontiane, de la chaux, de la magnésie, de l'alumine, de l'oxyde de zinc (jaune à chaud) et de l'acide silicique. — La strontiane, la chaux, la magnésie et V oxyde de zinc se distinguent par l'éclat qu'ils communiquent à la flamme du chalumeau. Sur la masse blanche calcinée, on met une goutte d'azotate de cobalt et l'on chauffe ' fortement de nouveau. V alumine est décelée par une belle couleur bleue, la magnésie par une couleur rougeâlre, Voxyde de Une par une couleur verte. Il faut se rappeler qu'en présence de Yacide silicique et aussi de certains phosphates cUcalino-terreux, il peut se produire une coloration bleue plus ou moins intense.
Dans les cas a. ou b. on peut compléter Tessai des alcalis ou
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des terres alcalines par la coloration de la flamme. A cet effet on fixe un peu de la substance à Tanneau d'un fil fin de platine, on humecte avec de Tacide sulfurique, on sèche avec précaution auprès du bord de la flamme et on introduit dans la zone fondante de la flamme à gaz de Bunsen. Il se produit d'abord la coloration due aux alcalis, plus tard — après la vaporisation de ceux-ci — apparaît celle produite par la baryte, et enfin — après avoir humecté avec de l'acide chlorhydrique — celle de la strontiane ou de la chaux. Voir pour plus de détails § 9» et g 99.
// reste un résidu d'une autre couleur, il y a réduction d'un 14 métal ou dépôt d'un enduit sur le charbon. Dans ce cas on ne peut pas tirer de conclusion immédiate de la réaction ; il faut déterminer d'autres phénomènes plus explicites, et pour cela on mélange un peu de la poudre additionnée d'une goutte d'eau avec du carbonate de soude, on chauffe sur le charbon à la flamme réductrice du chalumeau, puis on observe, et le résidu dans la petite cavité du charbon, et l'enduit qui recouvre les bords du trou.
a. Après avoir bien soufflé, on obtient un grain métallique sans 15 que le charbon se couvre d'un enduit : présence de l'or ou du cuivre. Ce dernier se reconnaît aussi à la coloration de i^ flamme. — Les oxydes de platine, de fer, de cobalt et de nickel sont bien aussi réduits, mais ils ne donnent pas de grains métalliques.
p. Avec ou sans bouton métallique il se forme un enduit sur le ^" charbon.
aa. Il est blanc, éloigné de l'essai, facile à volatiliser ~et répand une odeur d'ail : arsenic.
bb. Il est blanc peu éloigné de l'essai, on peut facilement le faire changer de place : antimoine. D'ordinaire on obtient en même temps des grains métalliques, qui, lorsqu'on cesse de souffler, répandent encore longtemps des fumées blanches et se recouvrent par le refroidissement de cristaux d'oxyde d'antimoine :-ils sont de plus cassants.
ce. Il est jaune à chaud, blanc à froid, assez rapproché de l'essai, et se volatilise difficilement : zinc.
dd. Il est jaune pâle à chaud, blanc à froid, étalé immédiatement autour de l'essai^ ne peut être volatilisé par aucune