ANALYSE DES TERRES
cile qu'on pourrait le croire ; en effet, si Ton fait digérer la terre avec de Teau, ou si l'on fait bouillir et que l'on filtre, on reconnaîtra bientôt que Targile finement divisée rend l'opération difficile, car premièrement elle bouche les pores du papier, et en second lieu elle trouble presque toujours le liquide filtré, surtout au commencement. — Le moyen suivant, indiqué par Fr. Schtdze (voir la note de la page 380), lu a paru le plus commode dans la pratique. On ferme la pointe de plusieurs entonnoirs de moyenne grandeur avec de petits filtres en papier poreux grossier, on humecte ceux-ci et on les applique bien contre les parois des entonnoirs, que l'on remplit environ aux 2/3 avec de la terre séchée à l'air, non pulvérisée, seulement concassée (ce qu'il y a de mieux, c'est de la réduire en morceaux de grosseur moyenne, depuis celle d'un pois jusqu'à celle d'une noix). On verse dessus de l'eau distillée, de façon qu'elle couvre toute la terre; si le premier liquide qui passe est trouble, on le reverse dans l'entonnoir et on laisse couler lentement goutte à goutte ; on remplit de nouveau avec de l'eau et cela jusqu'à ce que le poids du liquide filtré soit environ deux ou trois fois celui de la terre employée. On réunit et on mélange toutes ces eaux de lavage : on garde une portion de la terre épuisée par l'eau.
On partage la solution aqueuse en deux portions 1 et 2, i contenant les 2/5 et 2 l'autre tiers.
1. On évapore les 2/5 dans une capsule en porcelaine jusqu'à foret concentration et l'on soumet aux essais suivants :
a. On filtre une petite portion, on essaie la réaction du liquide fil- ^70 tré, on en prend une portion pour chercher les matières organiques suivant (280), on chauffe le reste et l'on y ajoute de Tacide azotique. Un dégagement de gaz décèle un carbonate alcalin. Ensuite avec l'azotate d'argent on cherche le chlore.
b. Dans une petite capsule en porcelaine ou mieux en platine on -^7 1 met le reste du liquide concentré en 1, avec le précipité qui se forme généralement ; on évapore à siccité et- l'on chauffe avec précaution le résidu brun à la lampe jusqu'à décomposition complète de la matière organique. S'il y avait des azotates, il
se produirait une déflagration plus ou moins vive suivant la proportion de ces sels. — On essaie le résidu légèrement chauffé au rouge de la manière suivante :
a. Dans une petite partie on cherche le manganèse avec le carbonate de soude dans la flamme d'oxydation ;
p. On chauffe le reste de l'eau, on ajoute un peu d'acide chlorhydrique(une effervescence dénotede l'acide carbonique) ,
382 2« PARTIE. — GHAP. II. — ANALYSES PARTICULIÈRES. [g m
on évapore à siccité, pour séparer la silice» on humecte avec de Tacide chlortiydrique,on ajoute de Teau, on chauffe et on filtre.
aa. Le résidu lavé renferme généralement un peu de charbon, en outre un peu d'argile (quand Textrait aqueux n*est pas tout à fait limpide) et enfin de la silice. Pour reconnaître celle-ci, on perce la pointe du filtre, on chasse le résidu avec la fiole à jet, on fait bouillir avec du carbonate de soude, on filtre, on sature avec de l'acide chlorhydrique, on évapore à siccité et on reprend avec de l'eau. La silice reste.
bb. Dans une partie de la solution chlorhydrique on cherche V acide sulfurique avec le chlorure de baryum : on traite une autre portion évaporée avec de l'acide azotique par la dissolution de molybdate d'ammoniaque pour déceler V acide phosphorique ; dans un troisième essai on verse du sulfocjanure de potassium pour trouver \q peroxyde de fer. Dans le reste on ajoute (pour séparer l'acide phosphorique) quelques gouttes de perchlorure de fer, puis de l'ammoniaque avec précaution jusqu'à ce que la liqueur soit faiblement alcaline, on chaulfe un peu, on filtre; dans le liquide filtré on précipite la chaux avec l'oxalate d'ammoniaque et on suit, pour la magnésie, la sotide et la potasse, la marche ordinaire de l'analyse (§ i06 et § 199). Ëofin on soumet à l'analyse spectrale un peu des chlorures alcalins purs pour y déceler la liihine.
L^alumine ne passe pas facilement dans l'extrait aqueux ^7! (Fr, Schulze ne l'y a jamais trouvée). Si cependant on voulait Fy rechercher, on ferait bouillir avec une lessive de soude ou de potasse dans une capsule en platine ou en argent le précipité obtenu par l'ammoniaque, on filtrerait, on acidifierait avec de l'acide chlorhydrique et l'on chaufferait avec l'ammoniaque.
i. Si Ton a trouvé du fer, on cherche dans une portion du dernier 27i tiers de l'extrait aqueux son degré d'oxydation, en employant le ferricyanure de potassium et le sulfocyanure dans deux essais séparés additionnés d'un peu d'acide chlorhydrique. — On ajoute au î reste de l'extrait un peu d'acide sulfurique, on évapore au bainmarie presque à siccité et en ajoutant au résidu de l'hydrate de chaux on recherche V ammoniaque. Si l'extrait est parfaitement limpide, on peut aussi employer directement le bichlorure de mercure, etc. (voir page 104), pour déceler l'ammoniaque.
§ âl7] ANALYSE DES TEtlRËS. 383