‹ Traité d'analyse chimique qualitativeChapitre 239 sur 294 · Â. RECHERCHE DU PHOSPHORE NON OXYDÉ · texte numérisé non relu

Â. RECHERCHE DU PHOSPHORE NON OXYDÉ

1. On cherche avant tout si la présence du phosphore ne se trahirait 510 pas par son odeur et par la lueur qu'il répand dans l'obscurité :

il faut pour cela, en remuant la masse, en l'agitant, amener autant que possible au contact de Fuir le phosphore qu'elle pourrait renfermer.

2. On met un peu de la substance dans un petit ballon, suivant l'indi- OJ à cation de J, Scherer % on ferme imparfaitement avec un bouchon auquel on a suspendu en dessous une bandelette de papier à filtre, trempée dans une dissolution de nitrate d'argent, et on chauffe à

30° ou 40°. Si au bout d'un temps assez long le papier ne noircit pas, c'est qu'il n'y a pas de phosphore non oxydé, et c'est inutile ou presque inutile d'employer les méthodes (3) et (4), on peut passer au n** (324). Si le papier noircit, ce n'est pas encore une preuve certaine de la présence du phosphore, car cela pourrait être produit par l'acide sulfliydrique (s'en assurer avec un papier imprégné d'acétate de plomb, ou de protochlorure d'antimoine), par l'acide formique, par des matières volatiles putrides, etc. On applique alors à la masse entière la méthode 3 et 4.

* Ann, d, Ckem, u. Pharm., 112, 214.

§227) RECU&RCUE DU l'HQSPHOftB. 405

5. Comme la lueur que répand le phosphore est toujours le moyen le 318 plus net de s'assurer qu'il n'est pas oxjdé, on soumet une grande partie de la substance â la mélliode suivante, indiquée par £. Jftlscherlich'; elle est excelleute et d'une rigueur in-éprochable. A la matière suspecte on ajoute de l'eau et un peu d'acide ^ulfurique, ou d'acide lartrique dans le cas où l'on voudrait en même temps dxer-

chcr l'acide cyanbydrique; on soumet le tout dans le ballon A (ilg. 46) à la distillation, eu chauCTant de iàçon à faire bouillir légèrement. Le » /ou™, f. prackt. Chsm. IIVI, 238.

ballon communique au moyen du tube b avec un tube réfrigérant en verre ccCy fixé au milieu du cylindre en verre B, en passant à travers le bouchon inférieur, et débouchant dans le flacon C. Un courant d'eau* froide, sortant du réservoir D, arrive par Tentonnoir i au fond du réfrigérant, et Teau chaude s'écoule par le déversoir g. (On peut aussi employer l'appareil distillatoire représenté à la p. 15, fig. 7.)

Si la substance mise dans le ballon A renferme du phosphore, en plaçant l'appareil dans l'obscurité, on aperçoit dans la partie r du tube une lueur très-nette, ordinairement sous forme d'un anneau lumineux. Avec 150 gr. environ d'une matière qui ne renfermait que 1 ,5 milligr. de phosphore, par conséquent ïTi^^nTô ^" poids total, pendant tout le temps qu'a duré la distillation de 90 gr. de liquide, environ une demiheure, la phosphorescence n'a pas cessé. Et même Mitscherlich ayant interrompu l'expérience au bout d'une demi-heure et laissé le ballon ouvert pendant quinze jours, puis reprenant la distillation, vit la lueur se produire de nouveau sans être pour ainsi dire affaiblie.

Si le liquide contient des substances qui empêchent la phosphorescence du phosphore, comme de l'éther, de l'alcool, de l'essence de térébenthine, tant que ces dernières distillent, on n'aperçoit aucune lueur. Avec l'alcool et l'éther, qui sont très-volatils, la lumière apparaît bientôt, mais l'essence de térébenthine empêche le phénomène d'une manière permanente.

Au fond du flacon dans lequel on reçoit le liquide distillé on trouve o\^ des grains de phosphore. 130 grammes d'une matière contenant 20 milligrammes de phosphore fournirent à Mitscherlich assez de globules de phosphore pour que la dixième partie en fût suffisante pour reconnaître nettement leur nature. Dans une analyse on lavera d'abord ces granules avec de l'alcool, puis on les pèsera. On pourra en employer une partie pour s'assurer que c'est bien réellement du phosphore ; le reste sera réuni à une portion du liquide qui a donné des lueurs pendant la distillation, pour être joint au rapport des experts.

L'expérience doit se faire dans un local complètement obscur, et le mieux vers le soir. Si l'on opère pendant le jour, il faut avoir soin de bien fermer les fenêtres avec les volets pour ne laisser pénétrer aucune lumière, sans quoi les réflexions produites à la surface du verre et du liquide en mouvement pourraient induire en erreur. Il sera bon de placer en b un écran à travers lequel on ferait passer le tube à dégagement, pour éviter les effets de lumière réfléchie produits par la lampe à alcool ou la lampe à gaz. Toutes ces précautions minutieuses ne sont évidemment indispensables qu'autant qu'on veut rechercher les plus petites traces de phosphore.

On cherche ensuite l'acide phosphoreux d'après (524) dans le résidu de la distillation : on pourra traiter de la même façon le produit de la

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