III. REMARQUES RELATIVES A LA RECHERCHE SPÉCIALE DU § IM AU
A. Aperçu général et explication de la marche analytique.
a. RECHERCHE DES BASES.
Dans le troisième chapitre de la première partie, qui traite de l'action des réactifs sur les corps, nous avons partagé les bases en six groupes et nous avons indiqué comment on peut reconnaître et séparer les bases appartenant à chaque groupe. Ceux-ci sont en général les mêmes que ceux en lesquels nous avons divisé les bases dans la méthode analytique générale. C'est sur cette division en groupes et sur la connaissance des caractères de chaque métal ainsi groupé, que repose la marche de l'analyse exposée du § 189 au g 198, pour étudier les combinaisons dans lesquelles on suppose toutes les bases que l'on peut le plus fréquemment rencontrer. — On ne s'est occupé non plus que de donner un procédé pratique, d'indiquer comment il faut opérer lorsqu'on veut faire une véritable analyse. A cause decel^ on a laissé de côté beaucoup d'explications n'ayant rapport qu'à l'intelligence purement théorique de la méthode et qui auraient nui à l'exposition rapide de l'ensemble ; mais les conditions essentielles d'un travail fructueux sont précisément delà
REMARQUES SUR LA RECHERCHE SPÉCIALE. §g 182 A 204. 4i»
bien comprendre dans son ensemble et dans ses détails ; c'est pourquoi nous donnerons ici la clef de la méthode pour ce qui est relatif à la séparation des groupes. Quant à la recherche de chaque base en particulier, nous renvoyons aux récapitulations et remarques des paragraphes depuis le § 88 jusqu'au § tS5.
Les réactifs généraux qui nous ont servi dans la marche générale de l'analyse pour partager les bases en groupes principaux sont : V acide chlorhydriquej Vacide sulfhydrique^ le sulfhydrate d'ammoniaque et le carbonate d'ammoniaque. L'ordre suivant lequel on les emploie est celui même dans lequel nous les avons énumérés. Le sulfhydrate d'ammoniaque joue un double rôle.
Supposons que nous avons dans une seule et même dissolution toutes les bases, de l'acide arsénieux, de l'acide arsénique et enfin du phosphate de chaux (qui sera comme le type des sels alcalino-terreux solubles dans les acides et précipités sans altération par l'ammoniaque); en un mot, admettons tous les corps que nous avons examinés dans la recherche générale des bases.
Le chlore ne forme des composés insolubles qu'avec l'argent et le mercure; le chlorure de plomb est en outre peu soluble dans l'eau. Le chlorure de mercure insoluble correspond au protoxyde. Ajoutons d'après cela à notre dissolution
i . de Vacide chlorhydrique.
Nous en éliminons les oxydes des métaux de la première subdivision du cinquième groupe, savoir : tout Voxyde d'argent et tout le protoxyde de mercure. Suivant la concentration de la liqueur, nous précipiterons aussi probablement une partie du plomh à l'état de chlorure. Pour ce dernier cela n'est pas essentiel, car dans tous les cîis il restera toujours assez de plomb dans la dissolution pour qu'on puisse l'y retrouver.
L'acide sulfhydrique précipite complètement dans une dissolution renfermant un acide minéral libre les oxydes du cinquième et ceux du sixième groupe, car l'affinité des radicaux métalliques de ces oxydes pour le soufre, aidée de celle de l'hydrogène pour l'oxygène, est tellement forte, qu'elle l'emporte sur l'affinité des métaux pour l'oxygène et sur celle des oxydes pour les acides forts, même quand les acides sont en excès. — Mais toutes les autres bases dans les mêmes conditions ne sont pas précipitées : celles du premier et du second groupe (abstraction faite de ce que leurs sulfures ne peuvent exister dans les dissolutions acides), parce que les sulfures correspondants sont solubles dans l'eau ; celles du troisième groupe, parce que le sulfure d'aluminium et celui de chrome ne peuvenlfpas se former par la voie humide ; celles du quatrième groupe, parce que l'affinité de leurs radicaux mé-
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talliques pour le soufre, aidée de celle de Fliydrogène pour loxygène, ne peut vaincre Taffinilé du mëtal pour l'oxygène et de Toxyde pour un acide fort, quand ce dernier est en excès.
Dès lors dans cette dissolution, d*où nous avons enlevé tout Targent et le protoxyde de mercure et qui contient encore de Tacide chlorhydrique en excès, ajoutons