‹ Traité d'analyse chimique qualitativeChapitre 245 sur 294 · REMARQUES SUR LA DISSOLUTION. §§ 179 A · texte numérisé non relu

REMARQUES SUR LA DISSOLUTION. §§ 179 A

à l*clat insoluble, car les acides et les bases, qui forment en général des composés peu solubles, sont décelés avec beaucoup de sensibilité par les réactifs employés. •

Si Teau dissout quelque chose, on fera bien de chercher les acides et les bases que peut contenir cette dissolution aqueuse ; on arrivera ainsi plus facilement à la connaissance de la nature des combinaisons et aussi avec plus de certitude : deux avantages qui compensent bien le faible désagrément de rencontrer parfois le même corps dans la dissolution aqueuse et dans la dissolution acide.

Sont insolubles dans Teau, mais solubles dans Tacide chlorhydrique ou dans Tacide azotique, sauf bien entendu quelques exceptions, les phosphates, les arséniates, les arsénites, les borates, les carbonates et les oxalates des terres et des métaux proprement dits, en outre différents tartrates, citrates, malates, benzoates et succinates, les oxydes et les sulfures des métaux lourds, l'alumine, la magnésie, beaucoup d'iodures et de cyanures métalliques, etc. Presque toutes ces combinaisons, si elles ne sont pas décomposées par Tacide chlorhydrique étendu, le sont par le même acide concentré et bouillant (voir les exceptions au §t03]; toutefois il en résulte avec l'oxyde d'argent un produit insoluble et avec le protoxyde de mercure et le plomb des composés difticilement solubles. Cela n'a pas lieu avec l'acide azotique, aussi obtient-on souvent avec cet acide une dissolution complète,^tandis que l'acide chlorhydrique laisse un résidu. L'acide azotique, outre les corps généralement insolubles dans les acides ordinaires, laisse sans les dissoudre Toxyde d'antimoine, celui d'étain, le bioxyde de plomb, etc., et il en dissout d'autres, par exemple le peroxyde de fer, l'alumine, moins facilement que l'acide chlorhydrique.

Les substances insolubles dans l'eau sont traitées, en deux mots, de la façon suivante : on cherche à les dissoudre dans l'acide chlorhydrique étendu, ou dans le même acide concentré et froid, ou enfin dans le même acide bouillant; si l'on n'y parvient pas ou seulement d'une manière incomplète, on essaye avec une portion si l'acide azotique réussira mieux : enfin dans le cas où la dissolution ne se ferait pas encore, on aura recours à l'eau régale, qui est un excellent dissolvant surtout pour les sulfures métalliques. — La plupart du temps il n'est ni nécessaire, ni avantageux d'analyser séparément la solution chlorhydrique ou azotique et la solution dans l'eau régale. Il n'est pas bon de préparer une dissolution azotique ou dans l'eau régale, quand la nature de la substance n'y force pas, parce que la dissolution chlorhydrique se prête bien mieux à la précipitation par l'acide sulfhydrique. — Il serait dangereux de concentrer par évaporation une solution dans l'eau régale pour chasser l'excès des acides, car on pourrait perdre, par suite de leur volatilité, des chlorures métalliques et surtout le chlorure d'arse-

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nie. Il ne faut donc employer lout d^abord que la quantité du mélange des acides juste nécessaire pour faire la dissolution. — Les solutions faites ayèb Tacide chlorhydrique renferment en général les métaux au degré d'oxydation qu'ils avaient primitivement (le protoxyde de mercure fait exception, parce qu'en faisant bouillir longtemps le protochlorure de mercure avec de l'acide chlorhydrique, il se change peu à peu en bichlorure); mais si l'on fait la dissolution avec de l'acide azotique ou de l'eau régale, les oxydes inférieurs se peroxydent souvent, par exemple les protoxydes de fer, d'étain, l'acide arsénieux se changent eu peroxydes de fer, d'étain, acide arséniqiie, etc.; il ne faut pas l'oublier. Quant à la dissolution des métaux et des alliages, nous ferons remarquer qu'en les faisant bouillir avec de l'acide azotique, il se forme fréquemment un précipité blanc, quand mâme il n*y a ni étain, ni antimoine. Ces précipités seront souvent confondus par les commençants avec les oxydes de ces métaux, bien qu'ils aient un tout autre aspect. Ce sont des azotates, peu solublesdans l'acide azotique employé, mais qui se dissoudront facilement dans l'eau ; il faudra donc, avant de conclure qu'on a de 1 etain ou de l'antimoine, essayer si ces résidus ne disparaîtront pas en ajoutant de l'eau.

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