‹ Traité d'analyse chimique qualitativeChapitre 254 sur 294 · REMARQUES SUR LES §^ 190 ET · texte numérisé non relu

REMARQUES SUR LES §^ 190 ET

Dans le cas où l'on n'a que des, métaux du sixième groupe, par exemple, de l'oxyde d'antimoine et des métaux du quatrième et du cinquième, comme du fer ou du bismuth, on peut pour les séparer ne pas procéder d'abord par la précipitation de la liqueur acide par l'acide sulfliydrique, mais commencer de suite par verser dans la solution rendue neutre du sulfhydrate d'ammoniaque en excès. On a dans le précipité le sulfure de fer, etc. , tandis que le sulfure d'antimoine et tes sulfures analogues sont dans une dissolution d'où on les précipitera par l'addition d'un acide. On a par là l'avantage d'avoir une liqueur moins étendue que lorsqu'on emploie l'acide sulfhydrique, l'opération se fait plus rapidement et elle est plus facile à conduire que lorsqu'il faut faire passer un courant de gaz hydrogène sulfuré. Eu outre je crois devoir encore rappeler combien, lorsqu'on commence à faire des analyses, on accroît souvent les difficultés du travail en se servant de dissolutions aqueuses d'acide sulfhydrique altérées ou trop étendues, en employant des quantités insuffisantes pour la précipitation complète, ou en faisant passer un courant de gaz hydrogène sulfuré dans une dissolution contenant un grand excès d'acide chlorhydrique^ ou d'acide azotique. Supposons, par exemple, du fer et du bismuth ensemble dans une dissolution très-acide. On y fait passer un courant d'acide sulfhydrique ou bien on y verse quelques gouttes d'une dissolution aqueuse de ce réactif; il ne s'y produit pas de précipité, parce que le grand excès d'acide concentré l'empêche de se former. On en conclut qu'il n'y a pas de métal précipi table par l'acide sulfhydrique, et on fait usage du sulfhydrate d'ammoniaque, qui précipite le sulfure de bismuth avec le sulfure de fer. On traite ce précipité par l'acide chlorhydrique étendu, on a un résidu noir : rien de plus naturel que d'en conclure l'existence du cobalt et du nickel. — Or, lorsqu'une fois le commençant s'est ainsi égaré, il lui est très-difficile, pour ne pas dire impossible, de retrouver le vrai chemin. — C'est là l'écueil le plus fréquent dans la marche de l'analyse, surtout quand on fait usage de l'acide sulfhydrique à l'état gazeux, car le précipité ne peut pas se former dans les dissolutions très-acides, si l'on n'a pas la précaution de les étendre de beaucoup d'eau. — On peut aussi très-facilement laisser échapper l'acide arsénique, si l'on néglige de favoriser l'action de l'acide sulfhydrique par l'action suffisamment prolongée de la chaleur.

En traitant les dissolutions acides par l'acide sulfhydrique, ou en décomposant par l'acide chlorhydrique le sulfhydrate d'ammoniaque employé pour séparer les sulfures métalliques du sixième groupe, on obtient fréquemment des précipités qui ont presque l'aspect du soufre pur et on ne sait s'il faut y chercher des métaux. Dans ce cas on lave le précipité avec de l'eau, puis avec de l'alcool et enfin avec du sulfure de carbone pour enlever tout le soufre : on peut alors reconnaître si

le soufre était ou non mélangé à une petite quantité d*un sulfure métallique.

Parmi les éléments plus rares, qui dans les dissolutions acides donnent des précipités de sulfures avec l'acide sulfhydrique, il faut compter :

Le palladium, le rhodium, Tosmium, le ruthénium, Tiridium S le molybdène, le tellure, le sélénium et parfois le thallium ^.

On obtient un dépôt de soufre, provenant de la décomposition de l'acide suifhydrique, avec les combinaisons plus rares suivantes :

Les peroxydes et perchlorures de manganèse et de cobalt, qui passent ï Tétai de protoxydes et de protochlorures ; Tacide vanadique (avec une coloration bleue du liquide), Tacide azoteux, Tacide sulfureux et Tacide hyposulfureux, l'acide hypochloreux et l'acide chloreux, l'acide bromique et l'acide iodique.

En traitant le précipité par le sulfhydrate d'ammoniaque (sulfure de sodium), on dissout (avec le sulfure d'arsenic, le ^fure d'antimoine, etc.) les sulfures de molybdène, iridium, tellure et sélénium, tandis que restent insolubles (avec le sulfure de plomb, le sulfure de bismuth, etc.) ceux de palladium, rhodium, osmium, ruthénium et thallium, si par hasard ce métal se rencontre dans la substance.

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