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ALCALOÏDES FIXES INDIQUÉS PRÉCÉDEMMENT, AINSI QUE LA

SALICINE, LA DIGITALINE ET LA PICROTOXINE.

Dans le procédé que nous allons indiquer sous les rubriques I et 11, nous supposerons que nous avons un ou plusieurs des alcaloïdes fixes, dont nous avons parlé, en dissolution aqueuse concentrée au moyen d*un acide, et que cette dissolution ne contient aucune substance étrangère qui cacherait ou modifierait les réactions. Lorsque nous aurons appris la marche à suivre dans ces conditions particulières, nous indiquerons au paragraphe III les méthodes les plus convenables pour éviter les inconvénients de la présence des matières colorantes ou extractives et pour trouver les alcaloïdes volatils.

I. recherche des alcaloïdes fixes dajvs une dissolution QUI n'en contient qu'un seul *.

i . A un petit essai de la dissolution additionné d'une goutte d*acide sulfurique concentré on ajoute de la dissolution d*iode dans Tiodure de potassium ou de Tacide phosphomolybdique :

a. // ne se foitne pas de précipité. Absence de tout alcaloïde : il peut y avoir de la saliciue, de la digitaline, de la picrotoxine. On passe au n"^ 5.

b. // se forme un précipité. On peut dans ce cas conclure la présence d*un alcaloïde et on passe au n*^ 2.

* S'il s'agit de démontrer seulement la présence de la morphine, de la narooline. «le la strychnine, de la brucine eCde la Yératrine, le moyen le plus simple d'armer au

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2. A une petite portion de la solution aqueuse on ajoute goutte à goutte de la lessive étendue de potasse ou de soude, jusqu'à ce que la liqueur ait à peine la réaction alcaline, on agite et on laisse reposer.

a. Une se forme pas de précipité : si la dissolution était concen •

bul est le suivant, indiqué par /. Erdmann. On suppose que l'alcaloïde est pur et i l'état solide. Le procédé s'applique surtout quand on n*a à sa disposition que de ti'èspetites quantités de matière.

1 . On ver. e sur la substance i essayer 4 à 6 gouttes d'acide sulfurique concentré pur :

Coloration jaune, passant bientôt an rouge : vératrine. Coloration rose, devenant plus tard jaune : bntcine. Les autres alcaloïdes, quand ils sont purs, ne colorent pas l'acide sulfurique. (Voir toulefois les remarques de Husemann relatives à certaines narcotines, g SS4, 5, et qui ne sont pas d'accord avec les données de /. Erdmann.)

2. Qu'il y ait ou non coloration, on ajoute au liquide 1, 8 à 10 gouttes d'acide sul-

furique nitreux (voir la préparation, page 447, remarque), puis 2 i 3 gouttes d'eau. Au bout d'un quart d'heure ou d'une demi-heure le liquide offre :

a. Une coloration rouge violet : morphine; h. Une coloration pelure d'oignon : narcotine ;

c. Une coloration jaune (passant après au rouge] : brucine;

d. La couleur rouge de la dissolution sulfurique de vératrine ne change pas d'une façon sensible;

e. Avec la strychnine il n'y a pas de coloration.

3. Au liquide 2, qu'il y ait eu ou non coloration, on ajoute 4 i 6 morceaux gros

comme des lentilles de peroxyde de manganèse sans poussière. Au bout d'une heure, le liquide offre une coloration :

a. Brun d'acajou : morphine;

h. Rouge jaune à rouge sang : narcotine;

c. Rouge pelure d'oignon foncé (passant au violet pourpi'c] : strychnine ;

d. Jaune gomme-gutte (passant plus tard au rouge] : brucine;

e. Rouge cerise sale, foncé : vératrine»

4. Dans un tube â essai contenant un volume d'eau égal à 4 fois celui du liquide 3,

on verse ce dernier, et on ajoute de l'ammoniaque jusqu'à amener presque i la neutralité. Il faut autant que possible empêcher la température de s'élever.

a. Couleur jaune sale, passant au rouge brun en sursaturant avec l'ammoniaque, sans remarquer sur-le-champ le dépôt d'un précipité appréciable : morphine;

b. Couleur rougeftlre au moment où l'on étend le liquide, précipité abondant brun

foncé en suraaturant avec l'ammoniaque : narcotine;

c. Dissolution pourpre violet, vert jaune et jaune avec excès d'ammoniaque :

strychnine;

d. Dissolution jaune d'or, ne changeant pas sensiblement par un excès d'ammo-

niaque : brucine;

e. Dissolution faiblement brunâtre, jaunfttre par addition d'ammoniaque en excès

et dépôt d'un précipité brun clair verdfltre : vératrine;

trée, cela indique avec certitude Tabsence de tout alcaloïde ; mais, si elle est un peu étendue, elle pourrait rester limpide malgré la présence de Tatropine. On prend donc un nouvel essai, qu'on évapore, s'il le faut, et on y cherche l'atropine avec le chlorure d'or, l'acide tannique, et en chaufTant avec l'acide sulfurique (g t4i, 6, 7 et 8).

b. Il se forme un précipité: on ojoute goutte à goutte assez de potasse ou de soude pour que la réaction soit fortement alcaline, et, si cela ne rendait pas la liqueur claire, on y verserait encore un peu d'eau.

a. Le précipite' disparaît : morphine ou atropine.

On essaie une nouvelle portion de la dissolution avec l'acide iodique (g 183, 10).

aa. 11 y a dépôt d'iode : morphine; s'en assurer d'après le g tS9, 7 et 8.

bb. Il n'y a pas dépôt diode : atropine; s'en assurer comme en a.

|3. Le précipité ne disparaît pas : présence d'un alcaloïde du 2* ou du 3' groupe (excepté l'atropine); on passe au n^* 5.

5. Â une seconde portion de la liqueur primitive on ajoute deux ou trois gouttes d'acide sulfurique étendu, puis une dissolution saturée de bi-carbonate de soude jusqu'à ce que la réaction acide ait juste disparu : on frotte alors fortement les parois du verre au-dessous du liquide avec un agitateur et on laisse le mélange reposer pendant une demi-heure.

a. // ne se forme pas de précipité : absence de la narcotine et de la cinchonine; on passe au n<^ 4.

b. // se forme un précipité : narcotine, cinchonine et peut-être aussi quinine (car sa précipitation par le bicarbonate de soude dépend tout à fait du degré de concentration). A une petite portion de la liqueur primitive on ajoute de l'ammoniaque en excès, puis une quantité pas trop petite d'éther, et on agite ;

a. Le précipité formé se dissout dans Véther; on a deux couches de liquide limpide : narcotine ou quinine. Pour les distinguer l'une de l'autre, on verse de l'eau de chlore et de l'ammoniaque dans une nouvelle portion de la liqueur primitive. Si la dissolution devient verte, c'est de la quinine; si

elle devient rouge jaune, c*est de la narcotine. Pour 8*assurer tout à fait de la présence de la narcotine, on fera la réaction avec Tacide sulCurique nitreux (§ tS4, 6).

p. Le précipité formé ne se dissout pas dans Véther : cincho nine. On s'en assure en chauffant (g tS6, 3) ou avec le fer rocyanure de potassium (§ tS6, 8).

4. Dans un verre de montre on met avec de Tacide sulfurique concentré une petite portion de la matière primitive, ou du résidu obtenu en évaporant la dissolution.

a. On a une solution rouge rose, que Tacide azotique rend rouge vif: bmcine. On s'en assure par la réaction avec Tacide azotique et celle du protochlorure d'étain (g tsn, 6).

b. La dissolution est jaune, et peu à peu elle devient rouge jaunâtre, rouge de sang et rouge cramoisi : vératrine.

c. La dissolution reste incolore et ne se colore même pas au bout de quelque temps. Ou y ajoute un grain de chromate de potasse, coloration bleue foncée: strychnine; pas de changement : quinine. Essayer avec Teau de chlore et Tammoniaque.

5. Pour savoir si la liqueur renferme de la salicine, de la digitaline ou de la picrotoxine, on verse de Tacide tannique dans un nouvel essai.

a. Use forme un précipité floconneux ^ blanc sale : cela peut faire soupçonner de la digitaline. On essaie avec Tacide sulfurique et Teau hromée (g t44, 3).

b. Il ne se forme pas de précipité.

On rend alcalin avec de la lessive de soude un essai de la liqueur primitive, on y verse du tartrate alcalin de cuivre et on chauffe :

flC.

// se dépose du protoxyde de cuivre : il peut y avoir de la;)icrotoarmc. On agite avec de Téther une portion acidulée du liquide primitif, on enlève la couche d'éther et on la laisse évaporer. S'il y a de la pierotoxine, elle reste pulvérulente ou cristallisée en houppes et on peut l'étudier suivant le g t4S.

p. Une se forme pas de protoxyde de cuivre : il peut y avoir de la salicine. On s'en assure en faisant bouillir avec de l'acide chlorbydrique étendu, etc., suivant le g t4S, 4, et avec Tac^e sulfurique concentré suivant le g t4S, 3.

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H. Recherche des alcaloïdes fixes, etc., dans les dissolutions qui en

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