‹ Traité d'analyse chimique qualitativeChapitre 43 sur 294 · Acide snlfhydrlqne (HS · texte numérisé non relu

Acide snlfhydrlqne (HS

§ St. Préparation. — Le meilleur moyen de se le procurer, c'est de traiter par l'acide sulfurique étendu du protosulfure de fer, cassé en petits morceaux. — Ce sulfure se trouve maintenant dans le commerce à des prix si modérés, que le plus simple tst de l'acheter tout pré-

M CHtI'. 11. — DES RËACTIP.S. (§ 3!

paré. — Toutefois, pour le faire soi-même, on chauffe au rouge blanc, dans un creu^t de Hesse, de la tournure de fer ou des bouts de tU de fer longs de 5 à 4 ceulim., puis on y projette de temps en temps des morceaux de soufre, jusqu'à ce que le contenu du creuset soit en pleine fusion. Si l'on a fait un trou dans le fond du creuset, le sulfure de fer coule à mesure qu'il se forme et on peut le recevoir dans une pelle i charbon, placée dans le cendrier. — On obtient encore un sulfure d'un très-bon usage en projetant par portions, dans un creuset chaufTé au rouge, un mélange intime de 50 parties de limaille de fer avec 21 parties de fleur de soufre ; la combinaison se Tait chaque fois avec un vif éclat et on attend que la partie projetée dans le creuset soit transformée en sulfure pourjeler une nouvelle portion du mélange. Quand tout est employé, on couvre le creuset et on le porte à une haute température, pour fondre le sulfure plus ou mains complètement. Pour produire le dégagement du gaz, on peut se servir lie l'appareil suivant {/ig. 52).

On met dans le flacon a le sulfure de fer avec de l'eau, on y ajoute de l'acide sullurique anglais et on agite. Le gaz se lave en passant dans la petite liole c. Quand on ne se sert plus de l'appareil, on enlève la dissolution de sulfate de fer ; on lave plusieurs fois avec de l'eau le flacon dans lequel on a laissé le sulfure non attaqué; on le remplit complètement d'eau et on conserve ainsi pour une autre fois. Si l'on ne fait pas ce que nous indiquons, l'appareil se remplit de sulfate de fer cristallisé, qui arrête tout dégagement ultérieur de Pig- 5ï- gaz.

Dans les grands laiwratoires ou pour les chimistes qui ont souvent besoin d'acide sulfhydrique, je recommande, si l'on n'a pas de 'gazomètre, l'appareil construitpasBruyïwteHi, représenté dans la figure 35 avec quelques modiûcalions.

Le ballon B muni d'une tubulure a ' est rempli dans son col de fragments de verre, puis on met par-dessus du sulfure de fer en petits

' On pourrait, cummo l'a f«il BrugnatcUi, employer un rédpienl à long col > lubulure latérale, mais c'est moine rommode.

g Sî} ACIDES LT UALOCiÈNES. àS

morceaui de façon ï remplir la moitié de la boule. Le bouchoo en caoutchouc, qui ferme le col, porte latéralement le tube s (qu'on peut daus certaiues circonstances supprimer (voj. plus bas), puis le tube court c, d'au moins un ceutiniètre de diamètre,qui est réuni par un

tube en caoutcfaouc à un tube de verre aussi large, communiquant au Qacon A. Le tube e, qui plonge jusqu'au fond du ilacon A, est uni au flacon M par le caoutchouc f, et le vase M est fermé par un bouchon traversé par un tube couit ouvert aux deux bouts. Le bouchon de la tubulure a du ballon B est traversé par un tube, mis en communication avec un tuyau de plomb muni des robinets A, b, i, i, et qui est destiné à conduire le gaz où l'on veut l'utiliser.

Pour mettre l'appareil en roarche on ouvre le robinet h, et on remplit M d'un mélange de 1 volume d*acide chlorhydrique ordinaire et % volumes d'eau. Le liquide arrive en A, remplit le flacon et monte en B par d et c. Quand le col est presque plein, on ferme le robinet h et on a soin que M ne soit rempli qu'à moitié. Si maintenant ou ouvre b, et Tun des robinets t, Tacide monte en B jusque sur le sulfure de fer; Tacide sulfliydrique se dégage avec régularité, parce que les larges tubes c et ei permettent un double courant de liquide, l'un descendant de chlorure de fer lourd, l'autre ascendant d'eau acide moins dense. Si l'on veut qu'il y ait une plus grande masse de sulfure en contact avec l'acide, on place une ou plusieurs planchettes sous le flacon M, ce qui augmente la pression. De cette façon on peut régler à volonté le courant gazeux, en élevant ou abaissant le flacon M, de façon à faire passer le gaz dans différents liquides, au moyen des robinets multiples, comme cela peut être nécessaire dans les grands laboratoires.

Si l'appareil ne doit pas servir plus longtemps, on abaisse le flacon M. Le liquide descend dans B. et n'est plus en contact avec le sulfure de fer, ce qui arrête tout dégagement de gaz. Si dans cette opération il ne se produit pas assez d hydrogène sulfuré pour remplir l'espace abandonné par le liquide, l'air arrive par le tube s. Si l'on ne supprime pas ce dernier, on lui donne une longueur suffisante pour que le liquide ne puisse pas en sortir, quand la pression dans l'appareil est assez grande.

On peut supprimer le tube s en faisant usage des robinets. Dans ce cas, quand on abaisse M, le liquide descend en B plus lentement, parce que l'espace laissé vide par l'acide qui descend est rempli exclusivement par l'acide suif hydrique. S'jI n'y a pas de robinet, le tube s est nécessaire pour empêcher que, par l'abaissement du vase M, il y ait absorption du liquide dans lequel on fait passer le courant d'acide suifhydrique. C'est ce qu'on évite en fermant le robinet 6, avant d'abaisser le vase M. On fait passer le gaz qui sort par i, i, à travers un flacon laveur, ou en hiver à travers un tube en^U rempli de coton. Lorsque le vase M est vidé, on l'abaisse au-dessous de A, tandis qu'on ouvre le robinet A, s'il n'y 'di pas de tube s. Tout le liquide revient en M et on peut recommencer le dégagement.

Cet appareil est si commode que je n'ai pas hésité à le substituer au grand gazomètre en plomb dont je faisais usage depuis tant d'années.

C'est sur le même principe que repose la disposition suivante {fig. 34-), adoptée par F. Mohr, et qui est très-commode quand on ne veut que de petites quantités d'acide suif hydrique.

A est une éprouvette à dessécher les gaz, fermée en b par une lame de. plomb peicée de trous et dans laquelle on met le sulfure de fercon-

§ 3!] ACIDES ET HALOGËniïS. 57

cassé. A l'extrémité du tube d oi: suspend, à Vahle d'un bout de tube en caoutchouc, un tube en verre un peu large rempli de coton, destiné à arrêter le chlorure de fer ^ui pourrait èlre entraîné, c est un robinet en verre, armé d'un long munche en bois (on pourrait le remplacer par une pince); e renferme une dissolution de carbonate de soude, pour arrêter l'acide sulfliydrique qui se dégage de la solution declilorure et l'empècber de se répandre diins l'air de la salle. Pour produire le dé-

fig. 34.

gagement on fait usage aussi d'un mélange de 1 volume d'acide cldorhfdi'ique biut et 1 ou 2 volumes d'eau.

Parmi les nombreux appareils construits pour alteindie le même but, je décrirai encore celui de Poht, à cause de sa simplicité et de sa commodité.

Un flacon  {fig. 55), de 2 à 2,5 litres de capacité, contient de l'acide sulfurique étendu; à travers le bouchon en caoutchouc B patse à frottement une baguette en verre, d'au moins 9™" de diamètre, arrondie p.ir le haut, et portant à sa partie inférieure un petit panier percé de trous, en caoutchouc dur, ordinaire. Ce panier est doublé de toile grossière et rempli de fragments de sulfure de fer. Si, en enfonçant la

5S CHAP. II.— DES RÉACTIFS. [g SS

baguette en verre, on fait de^ceadre-lepaaier dans le liquide, il se produit lin dégagement lent d'hydrogène sulfuré, que l'on peut activer en faisant plonger ce sulfure davantage dans l'acide, ou interrompre complètement ea retirant le panier. Le large tube à dégagement R est plein de coton et remplace le flacon laveur.

La dùsolution d'hydrogène sul/ure se prépare en conduisant le gaz dans de l'eau bouillie, aussi froide que possible, et cela jusqu'à saturation, jusqu'à ce que le gaz passe à travers l'eau sans être arrêté. On reconnaît que l'eau est saturée, en fermant le flacon avec le pouce et en l'agitant. Si l'on sent une pression de dedans en dehors, l'opération est terminée; si au contraire la pression agit sur le doigt à i'e\térieur, c'est que l'eau peut encore absoiber du gaz. Il faut garder cette dissolution dans un flacon hermétiquement terme, et malgré cela elle finit par se décomposer complètement; l'hjdrogènese transforme en eau, une petite partie du soufre '^' s'oijde et se change en acide sulfurique,

tandis que le reste se dépose. On peut la consener plus longtemps en la mettant, aussitôt après sa préparation, dans de petits flacons bien boucliés, que l'on renverse en plongeant le goulot dans des verres pleins d'eau. Elle doit être limpide, avoir une forte odeur d'hydrogène sulfuré et donner un abondant précipité de soufre avec le perchlofure de fer ; elle ne doit pas noircir par l'ammoniaque et ne laisser aucun résidu quand on l'évaporé dans une capsule en platine.

Usages. — L'acide suirhydrique a nue grande leudance à former avec - les oxydes m'étalliquesde l'eau et un sulfure; comme ces derniers sont presque tous insolubles dans l'eau, cette réaction servira à précipiter les métaux de leurs dissolutions. Les circonstances dans lesquelles cette précipitation s'opère offrent des dilférences qui nous permettront, comme nous l'indiquerons plus tard, de partager les ntétaui précipitables en plusieurs groupes. L'acide sulfiiydrique sera donc un moyen précieux de séparer les métaux en groupes principaux. Parmi les précipités formés par l'acide sulfhydrique, quelques-uns ont des couleurs tellement nettes, que ce caractère suffit pour les reconnaître. La facile décomposition de l'acide sulfhydrique en fait aussi un agent réducteur pour beaucoup de corps : c'est ainsi qu'il change les ela de peroxyde de fer en sels de protoiyde, l'acide chromique en oxyde

de chrome, etc. Dans ces réductions, le soufre se dépose sous forme de poudre blanche et fine. Quant à savoir s'il vaut mieux employer Tacide sulfhydrique à Tétat gazeux ou en dissolution, ce sont les circonstances dans lesquelles on remploie qui l'apprendront dans chaque cas particulier.

g 99. Les bases se divisent en oxy bases et sulfobases ; les premières proviennent de la combinaison de Toxygène avec un métal ou un radical composé analogue, et les secondes, de la combinaison du soufre avec les mêmes corps.

Les hases oxygénées se partagent en alcalis, terres alcalines, terres pures et oxydes des métaux lourds. Les alcalis sont très-solubles dans Teau,' les terres alcalines le sont beaucoup moins, et Tune d'elles même, la magnésie, ne Test pas ou ne l'est que fort peu. Les terres pures et les oxydes des métaux lourds (excepté l'oxyde de thallium) ne sont pas ou presque pas solubles dans Teau. Les dissolutions des alcalis et des terres alcalines, à un degré suffisant de concentration, sont caustiques, ont une saveur de lessive, brunissent le papier de curcuma, bleuissent le papier de tournesol rougi, saturent complètement les acides, de sorte que les sels qui en résultent, quand iia sont formés d'un acide puissant, sont sans action sur les couleurs végétales, tandis qu'ils ont en général une réaction alcaline, si l'acide est faible. — Les terres pures et les oxydes des métaux lourds forment aussi des sels avec les acides, mais la plupart ne peuvent neutraliser complètement la réaction acide.

Les sulfobases, provenant de la combinaisou du soufre avec les métaux alcalins et alcalino-terreux, sont solubles dans l'eau, et la dissolution a une forte réaction alcaline. Les autres sulfobases sont insolubles. Toutes forment des sulfosels avec les sulfacides.

a. OXVBASES.

a. Alcalis,

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