‹ Traité d'analyse chimique qualitativeChapitre 44 sur 294 · Potasse (KO) etsoode (NaO · texte numérisé non relu

Potasse (KO) etsoode (NaO

§ S4. La préparation de la potasse ou de la soude parfaitement pure est une opération longue et ennuyeuse: aussi, au lieu de préparer ces substances chimiquement pures, ou même à peu près pures, on se contente de les débarrasser de certaines impuretés, ce qui suffit dans la plupart des cas.

60 CIÏAP. II. — DES RÉACTIFS. [gg 53-34

a. Lessive ordinaire de soude. — Préparation. — Dans une marmite en fonte bien propre et munie d'un couvercle, on met 3 parties de carbonate de soude cristallisé du commerce, 15 parties d'eau, et on fait bouillir. Alors on y verse peu à peu, en ayant soin de maintenir l'ébullition, un lait de chaux, qu'on a obtenu en versant sur une partie de chaux vive 5 parties d'eau chaude, et en maintenant le mélange dans un vase clos, jusqu'à ce qu'il ait pris une consistance bien homogène. On maintient l'ébullil ion encore pendant un quart d'heure après l'addition de la chaux ; on prend un petit essai que Ton filtre, et on essaye si le liquide filtré fait encore effervescence avec l'acide chlorhydrique. Si cela avait lieu, il faudrait prolonger l'ébullition, et au besoin ajouter encore du lait de chaux. Si la lessive est bien débarrassée d'acide carbonique, on couvre la marmite, on laisse un peu refroidir, et au moyen d'un siphon rempli d'eau on soutire le liquide clair dans un ballon en verre. On fait bouillir le résidu une seconde fois avec de l'eau, que l'on ajoute au premier liquide. — Dans le ballon, qui doit être bien fermé avec une plaque de verre, on laisse la chaux complètement se déposer; on verse la dissolution limpide dans la marmite eh fonte qui a été bien nettoyée, et on évapore de façon à réduire le tout à 6 ou 7 parties. — On obtient ainsi une lessive de densité l,13àl,15et contenant de 9 à 10 pour 100 de soude. Si l'on veut filtrer une dissolution, qui ne serait pas tout à fait limpide, on prend un entonnoir couvert au fond duquel on met d'abord des morceaux un peu gros de marbre blanc, puis par-dessus du marbre en poudre fine qu'on a eu soin de débarrasser de toute poussière par le lavage [Graeger), — Il faut qu'elle soit limpide, incolore, autant que possible exempte d'acide caibonique, et qu'elle ne noircisse pas par le snlfhydrate d'ammoniaque. — Eu général elle renferme des traces de silice, d'alumine et d'acide phosphorique, et ne peut dès lors être employée pour les recherches exactes. On la conserve dans des flacons fermés par des capuchons en verre, comme le sont les l:impes à alcool. Dans le cas où Ton n'aurait pas dépareilles fioles, on prendrait des flacons à l'émeri ordinaires, mais il faudrait avoir la précaution d'enduire le bouchon et le goulot de paralfine, sans quoi on courrait le risque de ne pouvoir déboucher le flacon, surtout si on fait rarement usage de la dissolution.

b. Hydrate de potasse à V alcool. — Préparation. — On fait dissoudre les baguettes ou les plaques de potasse caustique du commerce dans de l'alcool rectifié, en les faisant digérer et les agitant dans un vase en verre fermé. On laisse éclaircir par dépôt ; on décante et au besoin on filtre le liquide dans une capsule en argent, et l'on évapore sur la lampe à gaz ou à alcool, jusqu'à ce qu'il ne se dégage plus de vapeurs ; on a soin d'ajouter de temps en temps un peu d'eau pour éviter que la masse noircisse. On plonge alors Texlérieur de la capsule en argent dans de

Teau froide, pour refroidir le tout ; on enlève le gâteau de potasse caustique; on le concasse grossièrement dans un mortier chauffé et on conserve dans un flacon bien bouché. Pour l'usage, on dissout chaque fois un morceau suffisant dans de Teai;.

L*hydrate de potasse ainsi obtenu est pur, sauf de petites traces d'alumine, et peut être employé dans la plupart des cas ; il ne contient ordinairement ni acide phosphorique, ni acide sulfurique, ni silice. Sa dissolution doit rester limpide avec le suif hydrate d*ammoniaque, et faire à peine effervescence avec l'acide chlorhydrique. En l'évaporant à siccité, il doit rester un résidu complètement soluble dans l'eau en un liquide limpide : en la chauffant, après addition d'acide azotique, avec du molybdate d'ammoniaque, il ne doit pas y avoir de précipité jaune, et avec l'ammoniaque à une douce chaleur, même après plusieurs heures, il ne faut pas qu'il se dépose de flocons d'ulumine.

c. Hydrate de potasse préparé avec la baryte, — Préparation — On dissout dans l'eau à chaud des cristaux d'hydrate de baryte pure (g as), et l'on y ajoute du sulfate de potasse pur, jusqu'à ce qu'un petit essai filtré, acidulé par l'acide chlorhydrique et étendu, ne précipite |>lus par le sulfate de potasse. (Pour 16 parties de cristaux de baryte il faut 9 parties de sulfate dépotasse.) On laisse reposer le liquide trouble; on décante la lessive claire, et on l'évaporé dans une capsule en argent [voir b). — L'hydrate de potasse est alors complètement pur, sauf un peu de sulfate de potasse, qui ne se dissout pas quand on emploie peu d'eau pour faire la dissolution. — Ce n'est que dans des cas fort rares, par exemple, lorsqu'il faut chercher des traces d'alumine, que l'on a besoin de potasse ainsi préparée.

Usages. — A cause de leur grande affinité pour Icsr acides, les alcalis fixes décomposent la plupart des sels et précipitent toutes les bases insolubles dans l'eau. Parmi ces oxydes, plusieurs sont dissous par un excès du précipitant, par exemple : l'alumine, Toxyde d'un chrome, l'oxyde de plomb ; d'autres ne le sont pas, comme le peroxyde de fer, l'oxyde de bismuth, etc. Les alcalis fixes nous offrent donc un moyen de séparer les premiers oxydes des derniers. — En outre la potasse et la soude dissolvent beaucoup des sels (par exemple, le chromatede plomb), des composés sulfurés, étc:, et peuvent servir dès lors aussi bien pour séparer ces corps que pour les reconnaître. Beaucoup des précipités formés par la potasse ou la soude ont des couleurs particulières ou des propriétés caractéristiques, comme l'hydrate de protoxyde de manganèse, celui de protoxyde de fer, le protoxyde de mercure, de sorte que par ces précipités on peut reconnaître les métaux. Les alcalis chassent l'ammoniaque des sels ammoniacaux, de sorte qu'on peut reconnaître cette base à son odeur ou à son action sur les couleurs végétales.

62 GHAP. II. — DES RÉACTIFS. l§ 35

Page 1