Dissolatlon
g «. Dans son acception la plus générale, la dissolution est l'union intime d'un corps quelconque avec un liquide en un seul tout, liquide
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et homogène. Si le corps est gazeux, la dissolution prend le nom d'ab- 8(yrption; si le corps est liquide, on dit le plus souvent qu'il y a mélange^ et s'il s'agit d'un solide; le mot dissolution conserve sa signification propre ordinaire.
La dissolution est d'autant plus facile que la substance à dissoudre est plus divisée : le liquide à l'aide duquel on l'effectue se nomme le dissolvant. Si ce dernier forme avec le corps dissous une combinaison chimique, la dissolution est dite chimique, tandis qu'au contraire elle est simple, lorsqu'il n'y a pas de combinaison. Dans Isl dissolution simple, le corps dissous n'est pas combiné, il se trouve dans le liquide avec toutes ses propriétés primitives, sauf, bien entendu, celles qui dépendraient de la forme ; on le trouve sans altération quand on enlève le dissolvaat. Si, par ^exemple, on met du sel de cuisine dans de l'eau, on aune dissolution simple, dont la saveur est la même que celle du sel, et celui-ci reparaît avec sa forme primitive, si l'on enlève l'eau par évaporation. — Une dissolution simple est saturée, quand elle contient tout ce qu'elle peut contenir de la substance à dissoudre. En général le pouvoir dissolvant des liquides est d'autant plus grand que leur température est plus élevée : aussi le mot saturé doit-il toujours être suivi de l'indication de la température à laquelle la saturation a été faite, et l'on peut regarder comme un fait général que l'échauffement facilite et active la dissolution simple.
La dissolution chimique ne renferme plus le corps dissous avec ses propriétés primitives ; il n'y est plus libre, mais intimement combiné en un corps nouveau avec le dissolvant, qui lui aussi a perdu ses propriétés : en sorte que la dissolution offre maintenant les caractères du nouveau corps formé. La dissolution chimique est bien aussi activée par. l'élévation de la température, car la chaleur favorise en général les actions chimiques ; mais pour une quantité donnée du dissolvant le poids de substance dissoute est invariable, quelle que soit la température.
Dans la dissolution chimique, le dissolvant et le corps sur lequel il agit ont toujours des propriétés opposées dont les actions tendent à s'équilibrer. Une fois cette tendance à la neutralisation satisfaite, rien n'agit plus pour que la dissolution continue, et des quantités plus ou moins grandes du corps solide restent sans subir d'altération. Alors la dissolution est encore saturée, ou mieux, il y a neutralisation du liquide : quand cela arrive, on dit qu'on atteint le point de saturation ou de neulralisation.
Les corps qui produisent des dissolutions chimiques sont presque toujours des acides ou des bases. A quelques exceptions près, il faut leur faire subir préalablement une dissolution simple, pour les amener à Tétat liquide.
g 3] DISSOLUTION. -- CRISTALLISATION. 5
Lorsque Taffînité réciproque de Tacide et de la base est satisfaite, et que le composé est formé, le tout ne prend réellement l'état liquide qu'autant, bien entendu, que le corps nouveau peut entrer en dissolution simple dans le liquide où il se produit. Ainsi, parexemple^^fii Ton ajoute de l'oxyde de plomb à une solution aqueuse d'acide acétique, tout d'abord l'acide s'unit à la base, et l'acétate de plomb formé donne une solution simple dans l'eau mêlée à l'acide. ^
Dans les laboratoires, ce n'est que rarement que l'on fait ces dissolutions en broyant dans un mortier à bec le corps à dissoudre avec le dissolvant, qu'on ajoute peu à peu (c'est de celte façon qu'opèrent les pharmaciens). D'ordinaire on fait digérer ou chauffer la substance avec le liquide dans des gobelets en verre à fond plat, des ballons, des tubes à essais ou des capsules. — Pour les dissolutions chimiques, ce qu'il y a de mieux à faire, c'est de mettre d'abord le corps à dissoudre dans de l'eau (ou un liquide indifférent, sans action chimique), puis d'ajouter ensuite peu à peu la substance qui doit agir chimiquement. On évite aiasi d'employer un trop grand excès de cette dernière, on empêche une action trop violente, et la dissolution se fait plus facilement et plus complètement. Il arrive souvent que le produit de la combinaison est insoluble dans un excès du dissolvant ; dans ce cas les premières parties du sel formé, insoluble dans le liquide, enveloppent les portions non attaquées et affaiblissent ou même empêchent complètement une action ultérieure ; ainsi la withérite (carbonate de baryte) se dissout facilement, lorsqu'on la délaye en poudre dans l'eau à laquelle on ajoute peu à peu de l'acide chlorhydrique ; mais l'action est lente et même incomplète, si l'on met le miuérdl dans une solution concentrée d'acide chlorhydrique, parce que le chlorure de baryum formé est soluble dans l'eau, mais insoluble dans l'acide concentré.
La cristallisation et la précipitation sont deux opérations inverses de la précédente, car elles ont pour but de rendre la forme solide à un corps liquide ou dissous. Il est bien difficile d'établir entre elles une démarcation bien nette, attendu qu'elles reposent toutes deux sur l'enlèvement du dissolvant. Toutefois nous les traitons à pai t, car dans leurs formes extrêmes elles diffèrent essentiellement l'une de l'autre, et les buts que Ton se propose d'atteindre, en employant l'une ou l'autre, sont très-distincts.