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Cristallisation

g S. Dans son sens le plus général, on appelle cristallisation toute opération par laquelle on fait prendre naturellement à un corps une forme solide, régulière, mathématiquement déterminée.

Ces formes déterminées, que nous nommons des cristaïur, étant d'autant plus régulières, d'autant plus parfaites, que l'opération a marché plus lentement, la cristallisation implique toujours l'idée d'un dépôt lent, d'un passage insensible à la forme solide. La formation des cristaux dépend de l'arrangement régulier des éléments matériels du corps (des atomes), ce qui ne peut arriver qu autant qu'ils pourront se mouvoir librement, et par conséquent lorsque le corps repassera de l'état liquide ou gazeux à l'état solide. Il ne faut regarder que comme des exceptions le cas où il suffît de chauffer au rouge ou tout simplement de ramollir le corps, pour que les atomes se disposent régulièrement, de façon à prendre la forme cristalline, comme cela arrive, par ex emple, avec le sucre de raisin, qui devient trouble (prend un aspect cristallin) quand on l'humecte.

Pour déterminer la cristallisation d'un corps, il faut donc supprimer les causes qui lui ont fait prendre l'état liquide ou l'état gazeux. Ces causes sont : ou la chaleur comme dans un métal fondu , ou un dissolvanty comme dans une solution aqueuse de sel de cuisine, ou enfin ces deîux causes réunies, comme dans une dissolution de salpêtre saturée à chaud. Dans le premier cas les Cristaux se formeront par le seul refroidissement, dans le second par l'évaporation, dans le troisième en employant ces deux moyens ensemble.

Le plus fréquemment on obtient les cristaux par le refroidissement des dissolutions saturées à chaud. — Le liquide qui reste après le dépôt des cristaux se nomme eau-mère. — Les corps solides sont amorphes, lorsqu'ils n'ont ni la forme, ni la structure cristalline.

Le but qu'on se propose, en faisant cristalliser une substance, est tantôt de l'obtenir à l'étal soHde, régulier, tantôt de la séparer des autres corps avec lesquels elle pourrait se trouver mélangée dans la dissolution. Fréquemment aussi la forme même des cristaux ou leur manière de se comporter à l'air, leur inaltérabilité ou bien leur efilorescenc e ou leur déliquescence, permettent de les distinguer d'autres corps auxquels ils ressemblent sous d'autres rapports : par exemple, le sulfate de soude et le sulfate de potasse. . — On fait les cristallisations dans des capsules (des vases en verre peu profonds et larges appelés cristallisoirs), ou bien dans des verres de montre, lorsqu'on opère sur de petites quantités.

Si avec peu de liquide on veut obtenir des cristaux bien nets, il faut laisser évaporer la dissolution spontanément à Vair, ou mieux sous une cloche en verre en mettant, à côté du liquide qui doit cristalliser, un vase ouvert à moitié rempli d'acide sulfurique concentré. — Pour bien examiner de très-petits cristaux, on les regarde à la loupe ou au microscope.

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