‹ Traité d'analyse chimique quantitativeChapitre 10 sur 304 · PESÉES · texte numérisé non relu

PESÉES

4. On met la balance en équilibre, on Tarfête, puis on la fait osciller jusqu'à ce qu'elle s'arrête de nouveau, et l'on recommence cela plusieurs fois. Une bonne balance doit nécessairement se retrouver toujours dans la même position d'équilibre. Si les couteaux qui supportent les plateaux aux extrémités du fléau ont trop de jeu sur leurs supports, leur position changera nécessairement et on observera dans ce cas des différences dans la position d'équilibre par suite du changement de longueur des bras de levier. C'est ce qui arrive pour beaucoup de balances.

Une balance d'un bon usage doit satisfaire aux conditions 1 , 2 et 4 ; quant à une légère différence dans la longueur des bras du levier, cela n'a pas un grand inconvénient à cause de la manière même dont on fait les pesées.

Gomme la sensibilité d'une balance diminue promptement si les couteaux en acier s'oxydent, les instruments délicats ne doivent jamais être placés dans le laboratoire même, mais dans une chambre particulière. — Il est bon en outre de placer dans la cage un vase à moitié rempli de potasse calcinée ou de chlorure de calcium fondu ; on les renouvelle quand ils sont saturés d'humidité, pour maintenir constamment l'air sec.

b. DES POIDS.

L'unité de poids à employer est parfaitement mdifférente. Toutefois les avantages que présente le gramme pour écrire les analyses, pour faire les calculs avec des fractions, ont engagé presque* tous les chimistes à adopter celte mesure.

Il importe peu pour les usages scientifiques que le gramme, ses multiples et ses sous-multiples, soient réellement égaux au gramme normal et à ses subdivisions (*), mais il est absolument nécessaire que les poids s'accordent parfaitement entre eux, c'est-à-dire que le milligramme soit exactement la millième partie du gramme, que le centigramme en soit la centième partie, que le poids de cinq grammes pèse bien rigoureusement cinq fois plus que le gramme, etc.

Avant d'indiquer la manière dont on s'assurera que les poids ont l'exactitude indispensable dont nous parlons, je ferai quelques remarques utiles.

l*" Une série de poids partant de 50 grammes et diminuant jusqu'au milligramme est suffisante pour la plupart des cas.

2* Il faut conserver les poids dans un étui bien fermé, et même avoir une case particulière pour chaque petit poids.

3* Quant à la forme, en général les gros poids seront cylindriques avec un petit bouton sur le haut pour pouvoir les saisir. Les plus petits seront en lames carrées dont un angle sera relevé. Il faut que la feuille de métal dans laquelle

n II serait bon que les constructeurs qui fabriquent des poids pour Tusage de la chimie fussent en possession d'un gramme normal. Dans beaucoup de cas, des incertitudes sont causées parce que des poids de même valeur nominale, sortant d'ateliers différents, ne sont nullement d'accord, ainsi que j'ai eu souvent occasion de le constater.

on les coupe ne soit pas trop mince et que les cases dans lesquelles on les place ne soient pas trop petites, car autrement, après quelque usage, on les déformerait et ils seraient méconnaissables. Chaque poids (sauf les milligrammes) doit être nettement étiqueté.

A" Quant à la matière à employer, le cristal de roche est certainement ce qu*il y a de mieux pour fabriquer les poids normaux; toutefois je crois cette substance peu convenable pour faire les poids de laboratoire, à cause du prix élevé auquel ils reviendraient et de la forme peu commode qu'il faudrait leur donner. Les poids en platine, s'ils n'étaient pas si chers, seraient certainement les meilleurs à cause de leur inaltérabilité. En général il suffit d'avoir le gramme ou le demi-gramme et ses subdivisions en platine^ et les autres poids en laiton. — 11 faut avoir soin de les préserver de toute vapeur acide, etc., si l'on veut qu'ils conservent leur exactitude : il ne faut pas les prendre avec les doigts, mais avec une petite pince. 11 ne faut pas croire non plus que les poids s'altérant avec le temps (ce que Ton ne peut, il est vrai, éviter) ne puissent plus pour cela être employés. J'ai essayé beaucoup de poids anciens, je les ai comparés entre eux et ils ont toujours été en parfait accord. L'oxydation qui se produit avec le temps est si faible, que cela ne cause pas une différence appréciable même avec les balances les plus délicates. — Il sera cependant très-avantageux de dorer par la galvanoplastie les poids en laiton avant le dernier ajustage.

On fait mal en général V essai des poids y et quant à leur concordance on n'obtient de bons résultats que par le moyen suivant :

Sur l'un des plateaux d'une bonne balance on place 1 gramme et on lui fait équilibre avec une tare quelconque (du clinquant, de la feuille d'étain, mais pas de papier, qui attire l'humidité), on enlève le gramme et on lui substitue les autres pièces d'un gramme, puis les subdivisions faisant le gramme, et l'on observe si chaque fois l'équilibre se maintient. De la même façon on s'assure que la pièce de 2 grammes pèse autant que deux pièces de i gramme, celle de 5 autant que celle de 5 grammes plus celle de 2, celle de 10 grammes autant que 10 pièces de 1 gramme chacune, etc. — Pour qu'on puisse employer les poids, il faut qu'on ne trouve pas de différence pour les petits poids, avec une balance trébuchant pour ~ de milligramme. Dans la comparaison des poids forts avec les poids faibles, la différence ne doit pas dépasser ^ ou ^de milligramme. Si l'on veut être plus exigeant, il faut se donner la peine d'ajuster soi-même les poids, car ceux qui sont fabriqués par les mécaniciens les plus en renom ont rarement une exactitude supérieure à celle que nous venons d'indiquer. — Au reste je recommande d'essayer toujours les poids, quand bien même ils viendraient des fabricants les plus habiles, l'expérience m'ayant appris que souvent il sort de leurs ateliers des poids inexacts et dont il est impossible de faire usage. — Il ne faut jamais se laisser arrêter par le prix, quelquefois fort élevé, par la raison toute simple que les bons poids sont chose précieuse et que les mauvais n'ont aucune valeur.

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