Oxyde d'antimoine
Le plus souvent l'antimoine est pesé à l'état de sulfure, à l'état d'antimo- TÛate d'antimoine (acide antimonieux) ou — mais dans des cas rares — à l'état méiallique.
a. Si l'on précipite avec l'acide sulfhydrique une dissolution de protochlorure d'antimoine additionnée d'acide tarlrique, on obtient un précipité rouge orangé de sulfure d'antimoine amorphe, avec lequel se précipite au commencement un peu de chlorure basique d'antimoine. Toutefois, si l'on sature complètement le liquide d'acide sulfhydrique et si l'on chauffe légèrement, le chlorure d'antimoine précipité avec le sulfure est décomposé et l'on a du sulfure pur. Le sulfure d'antimoine est insoluble dans l'eau et dans les acides étendus ; il est attaqué par l'acide chlorhydriqup concentré avec dégagement d'acide sulfhydrique. D'après cela les dissolutions d'antimoine p^ seront complètement précipitées par l'hydrogène sulfuré, qu'autant qu'elles ne contiendront pas trop d'acide chlorhydrique libre et qu'elles seront suffisamment étendues. Le sulfure d'antimoine amorphe se dissout facilement dans la lessive de potasse étendue, le sulfhydrate d'anmioniaque et le sulfure de potassium, moins facilement dans l'ammoniaque, très-peu dans le carbonate d'ammoniaque et pas du tout dans le bisulfite de potasse. -— ^ sulfure d'antimoine amorphe desséché sous le.dessiccateur à la température oniinaire ne diminue que très-peu de poids à 100" : son poids reste constant quand on le maintient longtemps à 1 00% bien qu'il conserve alors toujours une petite quantité d'eau qu'on ne peut pas lui enlever même à 190% mais seulement à 200% et dans ce dernier cas il devient noir et cristallin (H, Rose *).
(*) Joum. f. prackt, Chetn., UX, 351.
s 90] OXYDES MÉTALLIQUES DU SIXIÈME GROUPE. 105
(Foir Exp. n* 54.) Chauffé légèrement au rouge dans un courant d*acide carbonique, le sulfure d'antimoine devenu noir et cristallin ne change pas de poids; il n'y a qu'à une forte température rouge que de petites quantités de sulfure se volatilisent. Exposé longtemps à Tair en présence de Teau, le sulfure d'antimoine amorphe absorbe lentement l'oxygène, de sorte qu'en traitant ce précipité par l'acide tartrique, le liquide filtré renferme de lipxyde d'antimoine.
Le sulfure correspondant à l'acide antimonique est également insoluble dans l'eau, même quand elle contient de l'acide sulfhydrique. Il se dissout complètement, surtout à chaud, dans l'ammoniaque; il s'en dissout des traces dans la solution aqueuse de carbonate d'ammoniaque. En chauffant le pentasulfure desséché dans un courant d'acide carbonique, il se dégage 2 équivalents de soufre et il reste du trisulfure noir cristallin.
En traitant le trisulfure et le pentasulfure d'antimoine par l'acide azotique fumant, il se produit une vive oxydation. On obtient d'abord de l'acide antimonique et du soufre en poudre : en évaporant à siccité on a de l'acide antimonique et de l'acide sulfurique, puis en chauffant au rouge de l'antimoniate d'oxyde d'antimoine. Ce dernier composé se produit encore en chauffant le sulfure d'antimoine au rouge avec 30 ou 50 fois son poids de bioxyde de mercure {Bunsen). — En chauffant le sulfure d'antimoine au rouge dans on courant d'hydrogène, on a de l'antimoine métallique.
COMPOSITION
Sb 122,0 . . . 71,77
b. L*ÂNTiH0NiATE d'oxyoe d'ântimoine (dcide antimonieux) forme une poudre blanche, qui devient jaune quand on la chauffe, infusible, irréductible au feu si l'on a soin d'icarter les gaz réducteurs. Il se dissout à peine dans l'eau, difficilement dans l'acide chlorhydrique, et au milieu du sulfhydrate <i'ammoniaque il ne subit aucune altération. Sur du papier de tournesol liu- Diide il a une réaction acide.
COMPOSITION
Sb 122,0 . . . 79,22
c. L'antimouïe métallique, obtenu par la voie humide par précipitation, «st une pbudre noire sans éclat. Il peut se sécher à 100** sans altération. A une température rouge modérée, il entre en fusion et il se vaporise quand on le chauffe au rouge dans un courant de gaz, par exemple d'hydrogène. Il fle se fait pas d'hydrogène antimonié dans cette circonstance. Il est à peine attaqué par l'acide chlorhydrique, même concentré et bouillant : l'acide Molique le transforme en oxyde plus ou moins mélangé d'acide antimonieux, suivant le degré de concentration de l'acide.
164 CHAPITRE III. — FORMES ET CONBmAISONS DES CORPS. [§ 91
§•*• 4. ProtoiLyde d'étala et 5. Bloxyde d^étain.
L*étain est généralement pesé à l'état de bioxyde. Nous dirons aussi quelques mots des deux sulfures, par lesquels on passe souvent pour obtenir le bioxyde.
a. BioxTDE d'étain. Si Ton traite Tétain métallique par Tacide azotique ou si Ton évapore une dissolution d'étain avec un excès d*acide azotique, on obtient l'hydrate d*oxyde d'étain b (acide métastannique hydraté) sous forme d'un précipité blanc. 11 est insoluble dans Peau et ne se dissout que peu dans Pacide azotique et Pacide sulfurique étendu. En le chauffant avec Pacide chiorhydrique, il se forme du métaperchlorure d'étain qui ne se dissout pas dans Pacide chlorhydrique, mais bien dans Peau quand on a enlevé Pexcés d'acide. L'acide métastannique hydraté, après lavage complet, rougit le tournesol. Si au contraire on précipite la dissolution de bichlorure d'étain par un alcali, par le sulfate de soude ou Pazotate d'ammoniaque, on obtient Phydrate d'oxyde d'étain a, qui se dissout facilement dans Pacide chlorhydrique. Si l'on verse un excès de lessive de soude dans une dissolution de métaperchlorure d'étain, il se précipite du métastannate de soude insoluble daiis la lessive de soude ainsi que dans l'alcool faible, tandis que le perchlorure ordinaire donne avec la soude un précipité soluble dans un excès de la lessive alcaline, et qui ne se précipite pas quand on ajoute un grand excès de cette dernière (C. F. Barfoed*), — Les deux hydrates chauffés au rouge se changent en bioxyde. Il faut cependant faire attention que Peau ne se dégage pas complètement à la simple chaleur rouge ; ce n'est qu'à une forte calcination (Dumas). — L'oxyde d'étaîn est une poudre jaunepaille, à laquelle la chaleur donne une couleur variant du jaune vif au brun, ne changeant pas le tournesol, insoluble dans Peau et dans les acides. Chauffé au rouge avec un excès de sel ammoniac, il se volatihse complètement à Pétat de bichlorure. Fondu avec du cyanure de potassium, il donne de l'étain métallique en globules, que l'on peut sans perte retirer des scories, en employant comme dissolvant de l'alcool étendu et en séparant rapidement Pétain du liquide (H, Rose **).
COMPOSITION
Sn 69 ... 78,67
b. Le PROTosDLFURE d'étain HYDRATÉ ost un précipité brun, insoluble dans Peau, la dissolution d'acide sulfhydrique et les acides étendus. La précipitation de l'étain dans les dissolutions de protoxyde par l'acide sulfhydrique n'est complète que s'il n'y a pas trop d'acide chlorhydrique libre ef si la solution est assez étendue. Il ne se dissout pas dans l'ammoniaque; il se dissout assez facilement (en se changeant en bisulfure) dans le sulfhydrale d'ammoniaque jaune et le sulfure jaune de potassium et très-bien dans Pacide chlorhydrique concentré chaud. — Chauffé à l'abri de Pair, il perd
(*) ZeiUchr. f. analyi. Chem., VII, 260. n Journ. f. prackt. Chem., LXt, 189.
§ g2] OXYDES MÉTALLIQUES DU SIXIÈME OROTIPE. 165
son eau et se change en protosu]rure anhydre ; en laissant l'accès de Tair et chauffant doucement pendant quelque temps, il se change en acide sulfureux et en oxyde.
c. Le BISULFURE D^ÉTAiN HYDRATÉ, précipité par un acide de sa dissolution à rétat de sulfosel alcalin, est jaune clair. Quand on le lave avec de l'eau pure, le liquide passe trouble et les pores du filtre se bouchent : cela n'arrive pas si Ton emploie de Peau contenant du sel marin, de Tacétate d'ammoniaqua ou d'autres sels analogues (Bunsen). Par la dessiccation le précipité devient plus foncé. Il est insoluble dans Teau, il est difficilement soluble dans l'ammoniaque et ne l'est pas dans le bisulfite de potasse; il se dissout facilement dans la potasse, les sulfures alcalins et l'acide chlorhydrique concentré et chaud. — La précipitation de l'étain par l'acide sulfliydrique dans les dissolutions de ses sels de bioxyde^ n'est complète, qu'autant qu'il n'y a pas trop d'acide chlorhydrique libre et que la liqueur est assez étendue. Suivant C. F. Barfoed, les précipités ainsi obtenus ne sont pas du bisulfure hydraté pur, mais des mélanges de ce sulfure avec de l'acide stanniqué hydraté, et surtout avec de l'acide métastanniqUe. Le précipité obtenu avec la solution de perchlorure ordinaire conserve sa couleur jaune, même après avoir séjourné longtemps dans le liquide où il s'est formé, et il se dissout complètement dans un excès de lessive de soude. Au contraire, celui obtenu avec le roétachlorure, d'abord blanc, devient peu à peu jaune : il prend une teinte brune dans le liquide et se dissout dans un excès de lessive dé soude en laissant un résidu notable de métastannate de soude. GhaufTé à Tabri du contact de l'air, il perd, ayec son eau et suivant les circonstances, V2 ou 1 équivalent de soufre et passe à l'état de sesquisulfure ou de mono^ sulfure. Chauffé très-lentement au contact de l'air, il se change en oxyde, tandis qu'il se dégage de l'acide sulfureux.