MESURE DES VOLUMES
fera bien de compter les poids d*après les vides dans la boite, puis aussitôt après de contrôler ce compte en enlevant les poids pour les remettre en place. — En écrivant ses notes, on s'habituera à poser les nombres de façon que toujours celui qui doit être retranché soit au-dessous de celui dont on doit le soustraire et jamais Tinverse. Par exemple, sur la ligue supérieure : creuset + substance, et au-dessous : creuset vide.
5. Il ne faut jamais rien changer à la balance (placer le corps à peser, enlever ou poser des poids) sans préalablement l'arrêter; autrement l'instrument serait bientôt hors d'usage.
6. Jamais le corps à peser, à moins que ce ne soit un morceau de métal ou d'une substance analogue, ne doit être posé directement sur le plateau; mais il faut le mettre dans un vase convenable, en platine, en argent, en verre, en porcelaine, etc. Il ne faut employer «*i carte ni papier, car ceux-ci absorbant l'humidité changent constammenf de poids. - Ordinairement on met d'abord sur le plateau le creuset ou le vase choisi, on le pèse, puis on y introduit le corps ; on pèse de nouveau et on retranche le premier poids du second. Dans beaucoup de cas, surtout lorsqu'on doit peser plusieurs portions d'une seule et même substance, on pèse d'abord le vase avec la substance, on ôte une portion de celle-ci, on pèse de nouveau, et la différence des poids donne le poids de la partie enlevée.
7. Les substances qui absorbent facilement l'humidité de l'air devront toujours être pesées dans des vases fermés (dans un creuset couvert, entre deux verres de montre, dans un flacon à l'émeri). On pèse les liquides dans des flacons en verre bouchés à l'émeri.
8. Il ne faut jamais peser un vase pendant qu'il est chaud, parce que dans ce cas, pour deux raisons, il est toujours plus léger. Dabord tous les corps condensent à leur surface une certaine quantité d'air et d'humidité, quantité qui dépend de la température et de l'état hygrométrique de l'air, ainsi que de la température du corps lui-même. Si donc au commencement on pèse un creuset froid, puis que plus tard on le pèse chaud rempli de la substance, en prenant pour le poids de celle-ci la différence des deux poids, on a un résultat trop faible, parce que le poids du creuset que l'on retranche est relativement trop fort. En second lieu, l'air qui enveloppe le corps chaud s'échauffe lui-même, devient plus léger et s'élève; l'air froid venant le remplacer, il en résulte un courant d'air ascendant qui soulève le plateau et le fait paraître moins lourd qu'il ne l'est réellement.
9. Toutes les pesées faites dans l'air sont entachées d'une erreur provenant de ce que le volume d'air déplacé par le corps à peser n'est pas égal au volume d'air déplacé par les poids ; mais comme le jpoids spécifique des corps solides est incomparablement plus grand que celui de l'air, on peut négliger cette erreur dans toutes les opérations analytiques ordinaires. Toutefois si l'on voulait une grande exactitude, il faudrait ramener la pesée au vide.
§ it. 2. Hesare des Toloines.
Dans les analyses chimiques on ne mesure les volumes que pour les gaz et les liquides. Pour les premiers, Bunsen, Regnault et Reiset, Franckland
FRESEXIUS. ANAL. QyANTlT. 4* ÉOIT. 2
j8 CHAPITRE I. — DES OPÉRATIONS. [g 12
et Ward, Williamson et Russel et d'autres, ont tellement perfectionné les méthodes, qu'elles donnent des résultats aussi exacts que la balance; toutefois ces procédés demandent pour être appliqués tant de soins et de temps, qu'on ne peut gilére les employer que pour les recherches scientifiques les plus délicates {*).
Le dosage Tolumétrique des liquides dans les analyses a été employé pour la première fois par Descroizilles (Alcalimétrie, 1806); Gay-Lussac Ta perfectionné et Ta amené à un haut degré d'exactitude (Mesure volumétrique de la dissolution de sel marin dans les essais d'argent par la voie humide). Dans ces derniers temps, F. Mohr (**) a cherché à donner aux appareils de mesure une forme commode et a imaginé la burette à pince, d'un emploi facile et tout à fait pratique. Cependant, quelque perfectionné que soit le procédé de mesure volumétrique d'un liquide, il n'atteindra jamais la rigueur que donne une bonne pesée. Toutefois, comme l'erreur dans la mesure peut être pour ainsi dire complètement compensée par la dilution convenable des liquides à mesurer, cette méthode a une importance réelle, même dans les recherches scientifiques rigoureuses ; elle a du reste sur les pesées l'avantage d'épargner beaucoup de temps.
L'exactitude de ces sortes d'analyses dépend des vases gradués et de la manière de s'en servir.
a. MESURE DES GAZ.
Pour mesurer les gaz, on se sert de tubes de verre gradués, à parois assez fortes, fermés à un bout, d'une contenance plus ou moins grande. Pour les anajyses organiques élémentaires, il suffit d'avoir :
1 . Une éprouvette en verre d'environ 4 centimètres de diamètre partagée en centimètres cubes et d'une contenance de 150 à 250 centimètres cubes.
2. Cinq à six tubes de verre de 30 à 40 centimètres cubes, de 12 à 15 millimètres de diamètre intérieur, partagés en 1/5 de centimètre cube.
L'épaisseur des parois ne sera pas trop faible, sans quoi les tubes se briseraient facilement, surtout en opérant avec du mercure; on lui donnera à
(*) On trouvera une description complète de la méthode de Bunsen dans le Dictionnaire de chimie de Liebig, Poggendorf et Yfœhler, t. II, 1053 (article Eudiomètre, par Kolb) et 1. 1, 930, 2* édit. (article Analyse volumétrique des gaz^ par Kolb et Franckland). En outre Bunsen lui-même a publié, sous le titre de Méthode gazométrique par Robert Bunsen (Brunswick, 1857), un volume précieux pour tous ceux qui veulent faire des analyses de gaz. La méthode gazométrlque de Regnault et Reiset, ainsi que celle de Franckland et Word, difTèrent de la méthode ordinaire perfectionnée de Bunsen, en ce que dans les premières les tubes dans lesquels on mesure les gaz sont enfermés dans des manchons pleins d'eau, en sorte qu'en quelques minutes la température du gaz est amenée à être la même que celle de l'eau ambiante, ce qui rend la durée de l'analyse bien plus courte. Dans l'appareil de Franckland-Ward la mesure du volume est indépendante de la pression atmosphérique. — Mais ces méthodes exigent des appareils compliqués et dispendieux. Elles sont décrites dans le dictionnaire déjà cité. Les détails sur l'appareil de Williamspn et W. J. Russel se trouvent dans le Journ. of ihe chem. Soc, 17. 238 et les modifications de W. J. Russel dans le même ouvrage [II] 6. 128 et dans la Zeitschr. f. analyt. Chem. 7. 454.
(**) Traité d'analyse par tes liqueurs titréeSt par F, Mohr, traduit par C. Forthomme, Paris, F. Savy, 1875.