‹ Traité d'analyse chimique quantitativeChapitre 13 sur 304 · J MESURE DES GAZ · texte numérisé non relu

J MESURE DES GAZ

peu près 5 millimètres pour les éprouvettes (1) et 2 millimètres pour les tubes (2).

Ce qui importe surtout dans ces instruments, c'est qu'ils soient parfaitement divisés; car c'est de cela que dépend toute l'exactitude des résultats.

Je n'indiquerai pas ici la manière de diviser soi-même les tubes ; je renvoie pour cela au Traité de chimie de Berzelius, 4* édition, vol. X, article Mesures, et au Traité des manipulations chimiques de Faraday, article Mesure des volumes (*). Je passe de suite à la manière de vérifier les tubes gradués.

S y a à cet égard trois questions à poser :

1. Les divisions d'un même tube s'accordentnîlles entre elles?

2. Les divisions d'un tube sont-elles d'accord avec celles des autres?

3. Xes volumes indiqués par la graduation coïncident-ils avec les poids? On répond à ces questions par les essais suivants.

a. On place le tube dans une position verticale, on y verse de petites quantités de mercure égales et parfaitement mesurées jusqu'à ce que le tube soit plein, et on regarde avec soin (7. plus bas la manière de faire les lectures) si la graduation est bien toujours proportionnelle à la quantité de mercure introduit. — Pour mesurer celle-ci, on emploie un petit tube de verre fermé à un bout et dont les bords de l'extrémité ouverte sont parfaitement rodés ; on emplit ce tube en le plongeant dans du mercure, avec la précaution qu'il ne reste pas de bulles d'air, et en glissant avec pression une lame de verre sur lesbprds de l'ouverture, on fait tomber l'excédant de mercure (**).

b. Bans un des tubes on mesure successivement des quantités différentes de mercure; on les verse dans les autres tubes, et l'on observe si des quantités égales de liquide remplissent dJs volumes qui correspondent à des divisions identiques.

Si les tubes satisfont à ces deux essais, on pourra les employer dans toutes les analyses où l'on n'aura à mesurer que les volumes relatifs des gaz ; mais si l'on doit déduire le poids du gaz du volume mesuré, il faut encore répondre à la question 3. Pour cela,

c. Ayant pesé le tube vide, on le remplit jusqu'à la dernière division avec de Teau distillée à 4- 17®,5, et on prend le poids de l'eau.

Si les volumes sont d'accord avec les poids, 100 CC. d'eau à 17<>,5 doivent peser 99,8 grammes. Dans le cas contraire, que ce soit Tunité de poids ou ceUe de volume qui soit fausse, il faudra dans les analyses, avant de calculer le poids du gaz d'après son volume, corriger la mesure observée d'après le rapport trouvé par l'expérience. Supposons que 100 CC. aient pesé 100 grammes : en admettant que les poids soient exacts, les centimètres cubes du tube sont alors trop grands, et pour réduire, par exemple, 100 divisions à leur véritable valeur en centimètres cubes, il faudra poser la proportion :

Pour ïanalyse des gaz en particulier, si Ton veut appliquer les méthodes

O Voyez le Traité de chimie de V, Regnault, t. I.

(**) Pour éviter réchauffement du métal, il est bon de ne pas tenir directement le tube entre les doigts pour le plonger dans le mercure, mais de se servir d'une petite pince en bois.

de Bunsen (qui se recommandent par leur rigueur et leur simplicité), il faut avant tout un eudiomètre convenable. L'eudiomètre de Bunsen (fig. 5) est un long tube de 500 à 600 millimètres ayant un diamètre intérieur d'environ 19 millimètres et autant que possible égal partout : Tépaisseur de la paroi ne dépasse pas 11/2 millimètre. La partie supérieure, fermée à la lampe, est traversée en deux points diamétralement opposés par des fils 0ns de platine scellés à la lampe, et qui, se recourbant à Tintérieur de façon à suivre la paroi interne du sommet de Teudiomètre, ont leurs extrémités à environ 3 millimètres Tune de l'autre.

Ce tube est partagé en millimètres, au moyen d'une machine simple et fort ingénieuse (*) : on le jauge au moyen du mercure, et on construit une table de réduction. — Cette manière de faire les tubes gradués est sans contredit la plus exacte.

Outre ce grand eudiomètre, il faut en avoir un plus petit, également partagé en millimètres, un peu recourbé à la partie inférieure (fig. 4). Sa longueur est de 250 millimètres, lediamètre intérieur de 19, et Tépaisseur de la paroi de 2 millimètres. La méthode de Bunsen nécessite un laboratoire situé au nord, à température uniforme, et exige un temps assez long, à cause de la lenteur avec laquelle le gaz à mesurer se refroidit. Pour pouvoir appliquer ces procédés dans le cas où l'on n'aurait pas de laboratoire à gaz, et aussi pour abréger la durée de Texpérience, 0. Kersten munit l'eudiomètre de Bunsen d'un système de fermeture à vis, semblable à celui de Tabsorptiomètre, et il ne fait la lecture qu'après avoir plongé l'instrument dans l'eau. — On atteint le même but avec l'eudiomètre de J, P, Cooke (Zeitschr, f. anaîyt. Chem, 7. 86).

Dans la mesure des gaz il faut :

!• Faire bien la lecture ; 2* tenir compte .de la température du gaz ; 3"* noter la pression qu'il si^)porte ; 4** considérer s'il est sec ou humide. On comprend l'importance des trois derniers points ; il suffit de se rappeler qu'une même quantité de gaz occupe des volumes très-différents suivant la pression, la température plus ou moins élevée et la tension plus ou moins grande de la vapeur d'eau qui s'y trouve mélangée.

Page 1