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Bioxyde de mercure

a. Dissolution. Le bioxyde de mercure et ses composés insolubles dans* l'eau seront dissous dan^ Tacide chlorhydrique ou dans Tacide azotique sui-. vant les circonstances. Oh chauffera le bisulfure de mercure avec de l'acide chlorhydrique auquel on ajouteca de l'acide azotique ou du chlorate de potasse jusqu'à dissolution complète ; mais on le dissout encore plus facilement en le mettf^t en suspension dans de la lessive étendue de potasse et en y aisant passer un courant de chlore (H. Rose). — Quand on évapore au bainmarie une solution de bichlorure de mercure, il y a de ce sel qui est entraîné par la vapeur d*eau ; il ne faut pas oublier cette circonstance quand on dissout des composés mercuriels. C'est pour cette raison que le procédé de dosage du mercure indiqué par Vohl (**) donne des résultats tout à fait faux, et F. Mohr ainsi que R. Rieth, dans leurs traités- d'analyses volumétriques, n'ont pas assez tenu compte de cette cause d'erreur.

b. Dosage. D'après .le § 84 on peut peser le mercure à Yétat métallique, et à l'état de protochlorure, de bisulfure ou de bioxyde; dans les séparations on le dose fréquemment par la perte de poids produite par la calcination au rouge. — On peut aussi faire usage des liqueurs titrées.

On peut lui donner les trois premières formes dans presque tous les cas; — le dosage à l'état d'oxyde n'est possible que pour les combinaisons du protoxyde ou du bioxyde avec l'acide azotique. — Les méthodes par le prolochlorure ou le bisulfure ont en général un avantage sur celles qui ramènent le mercure à l'état métallique. — Les procédés volumétriques ne peuvent s'employer que dans des circonstances fort restreintes

1 . Dosage à Vétat de mercure métallique. On peut le faire de deux façons.

a. Par voie sèche.

On choisit un tube en verre difficilement fusible, fermé à un bout, long de 45 centimètres et d'environ 12 millimètres de diamètre. On introduit d'abord un mélange de bicarbonate de soude et de craie en poudre sur une longueur de 6 centimètres, puis une couche de chaux caustique anhydre pure, par-dessus un mélange intime du composé de mercure à analyser avec un excès de thaux calcinée, ensuite de la chaux en poudre avec laquelle on a lavé le mortier employé à faire le mélange précédent, en outre une couche de chaux pure et enfin un tampon peu serré d'asbeste pur. Gela fait, on étire le tube à la lampe en recourbant la pointe à angle obtus. — Les manipulations sont les mêmes que pour les analyses organiques, nous n'entrerons donc ici dans aucun détail.

(*) Ann. der Chctn. und Pharm,, GX, 176. n Ann; der Chem. und Pharm., XQV, 270.

372 CHAPITRE IT. — DËTERNINATION DU POIDS DES CORPS. [g 113

Le tube étant ainsi préparé, on Torme an petit canal le long de l'arèle supérieure en le frappant à p)at contre la table, on le place dans le fourneau à combustion et on plonge la pointe dans un ballon contenant de l'eau de façon que le niveau de l'eau affleure seulement l'extrémité du tube.

La figure 8 1 explique clairement la disposition : a-b renferme le mélange

Fis. 81.

devant fournir l'acide " carbonique, b-c l'autre mélange, c-d la chaux employée au lavage, e-f le tampon d'amianthe.

On entoure le tube, comme dans les analyses organiques, arec des charbons ardents en les plaçant graduellement de e versa; àlafln del'opératioD on chasse les dernières traces de vapeur de mercure en chauffant la partie b-a, qui doit produire le dégagement d'acide carbonique; puis pendant que ■ le tube est encore rouge, on coupe la partie effilée en f, on lave complètement avee la dole à jet en recevant l'eau dans le ballon, on réunit par agitation les gouttelelles de mercure provenant de sa distillation, ondécanle après un repos suffisant l'eau claire qui surnage, on verse le mercure dans un petit creuset en porcelaine, on absorbe l'eau en excès avec du papier à liltre, et enfin on sècbe sous une cloche à côté de l'acide sulfurique jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de perte de poids. Il ne faut pas faire usage de la chaleur. Propriélés du mercure g 84. — Pour les combinaisons sulfurées, on remplace le mélange de bicarbonate de soude et de craie par de la magnésile, pour éviter la vapeur d'eau qui pourrait donner naissance à de l'hydrogène sulfuré. — Le biiodure. de mercure n'est pas complètement décomposé par la chaux. Si l'on voulait l'analyser par la voie sèche, il faudrait substituer à la chaux de la tournure fine de cuivre métalliaue (H. Roié){-).

L'exactitude des résultais dépend du soin que Ton met à diriger l'opération. — Il n'y a rien de plus parfait que le procédé peut-être im peu compliqué qu'ont employé E)-dmatm et Marchand pour déterminer le poids atomique du mercure et celui du soufre ; je renvoie à ce sujet au travail original : je rappellerai seulement ici que la distillation se faisait dans un courant d'acide carbonique et que le mercure était recueilli dans un appareil à boule pesé, dont la partie opposée à celle par où arrivait le courant était remplie de feuilles d'or, pour arrêter toute trace de vapeur de mercure.

n Ann. Pogg., a, 516.

§ 118] BIOXYDE DE MERCURE. Îi3

On peut, comme Ta fait Kosnig (*), appliquer cette méthode à Tanalyse des amalgames.

b. Par voie humide.

Dans un ballon bien propre, et mieux encore qu'on vient de laver avec une lessive chaude dépotasse, on précipite la dissolution additionnée d'acide chlorhydrique libre, exempte d'acide azotique, avec une dissolution limpide et récemment préparée de prolochlorure d'élain, sans acide chlorhydrique libre : on ajoute le sel d'étain en excès, on fait bouillir un instant, on ferme et on laisse refroidir.

On sépare par décanlation le liquide devenu clair après im repos suffisamment prolongé : le mercure se rassemble le plus souvent en globules; on le lave par décantation, d'abord avec de l'eau contenant de l'acide chlorhydrique, puis à la fin avec de l'eau pure, et on en détermine la quantité comme en a.

Si les gouttelettes de mercure ne se sont pas rassemblées en une masse unique, on décante la solution claire, on ajoute de Tacide chlorhydrique étendu additionné de quelques gouttes de protochlorure d'étain, on fait bouillir un instant et cela suffit presque toujours pour obtenir le résultat que l'on cherche. — Caractères du mercure § 84.

Au lieu de protochlorure d'étain on peut se servir d'autres agents réducteurs, par exemple l'acide phosphoreux, en chauffant à l'ébullition.

Cette méthode ne donne de bons résultats que lorsqu'on la pratique avec beaucoup de précautions. En général on obtient trop peu. .

^. Dosage à Vélat de protochlorure.

Suivant //. Rose (**), à la dissolution de mercure (qui peut contenir de Tacide azotique, mais doit être alors fortement étendue), on ajoute de l'acide chlorhydrique et un excès d'acide phosphoreux (obtenu en abandonnant du phosphore à l'air humide), on laisse reposer 12 heures à froid, ou à une légère Chaleur inférieure dans tous les cas à 60^, puis on filtre sur un filtre pesé : le mercure est complètement transformé en protochlorure» on lave à l'eau chaude, on sèche à 100** et on pèse. Les résultats sont trèssatisfaisants.

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