‹ Traité d'analyse chimique quantitativeChapitre 207 sur 304 · H9] OXYDE DE CUIVRE · texte numérisé non relu

H9] OXYDE DE CUIVRE

ques, lés autres quand il s*agit de mesurer de petites quantités. — Pour les usages techniques, on peut encore citer les procédés colorimétriqiies de Maine ^ Hubert^ Jacquelàin, A. Mûller^ etc. Tous reviennent à comparer une dissolution de cuivre ammoniacale de richesse inconnue à une dissolution semblable d'un titre connu (*).

La méthode indirecte de dosage du cuivre de Levol, qui repose sur la diminution de poids d'une lame de cuivre, qu'on laisse en contact jusqu'à décoloration avec une solution ammoniacale de cuivre à Tabri du contact de l'air, est longue et donne de faux résultats [Philippt (**), Erdmann (***)]; la dernière remarque s'applique aussi au procédé indirect de Runge, qui consiste à faire bouillir dans un ballon avec une lame de cuivre d'un poids connu et un peu d'acide chlorhydrique libre la dissolution de cuivre exempte d'acide azotique et de peroxyde de îer, et de mesurer après la décoloration la perte de poids de la lame.

1. Dosage à létal de bioxyde, a. Par précipitation directe à l'état de bioxyde.

On met dans une capsule en platine ou en porcelaine la dissolution de cuivre, assez étendue, neutre ou acide^ on la chauffe jusqu'au commencement d'ébullition, on y ajoute de la lessive pure un peu étendue de soude ou de potasse tant qu'il se forme un précipité, on maintient encore quelques minutes à une température voisme de l'ébullition, on laisse déposer un instant, on verse le liquide sur un filtre, on ajoute de l'eau au précipité, on chauffe jusqu'à l'ébuUition, on laisse encore déposer, et on recommence les mêmes opérations deux ou trois fois. A la fîn, on jette tout le précipité sur le filtre, on le lave parfaitement avec de l'eau chaude, on sèche e;t on chauffe au rouge dans un creuset de platine d'après le § S3, en n'employant que la simple lampe à gaz et non le chalumeau. Après avoir fortement chauffé au rouge, en évitant l'action réductrice du gaz sur l'oxyde, et après avoir réuni les cendres du filtre au contenu du creuset, on laisse refroidir sous le dessiccateur et on pèse.

Si des parcelles d'oxyde de cuivre étaient tellement adhérentes aux parois de la capsule qu'il ne fût pas possible de les détacher par un moyen purement mécanique (ce qui n'arrive généralement pas quand on suit exactement la méthode indiquée plus haut), on les dissoudrait dans quelques gouttes d'acide azotique après avoir bien lavé la capsule, et on évaporerait la dissolution ainsi obtenue sur l'oxyde qui est dans le creuset; seulement, s'il y avait trop de liquide, il faudrait naturellement commencer par en réduire considérablement le volume par une concentration préalable.

Caractères du précipité § 85. Cette méthode bien conduite donne des résultats parfaitement exacts.

(*) Comme ce serait s'éloigner du but de cet ouvrage que de s'occuper de ces méthodes jusqu'à un certain point analogues aux essais d'argent par la pierre de touche, je renvoie à ce sujet au colorimétre (Complémentaire de A. Mûller, Chemnitz, 1854, et à l'art de l'essayeur de Bodemann, par Kerl, page 222. Voir aussi Dehm {Zeitschr. f, analyt. Chetn., 111. ÎI8. et G. Bitchof (Idem., VI, 459).

C*) Ann, der Chem. und Pharm., LXXXI, 206.

n Jonm. f, prackL Chem., LXXV, 211.

En ne suivant pas rigoureusement les règles prescrites, on peut obtenir (les nombres trop forts ou trop faibles. Si la dissolution primitive est concentrée, tout l'oxyde de cuivre ne se précipite pas, — si Ton ne lave pas avec beaucoup de soin avec de i'eau chaude, le précipité retient de Talcali, — on trouve un poids trop grand, si avant la pesée on laisse le précipité calciné exposé quelque temps à Tair, etc.; — au contraire, le poids est trop faible si Tjn calcine le, précipité avec le filtre ou sousTaction des gaz réducteurs^ parce qu'il se forme du proloxyrie. — Si l'on craignait qu'il y ait eu réduction plus ou moins forte du bioxyde, on humecterait avec un peu d'acide azotique, on évaporerait avec soin à siccité et on chaufferait fortement en élevant graduellement la température.

Il faudra toujours essayer le liquide iiltré avec de l'acide suihydrique pour s'assurer qu'il ne contient plus de cuivre. Si, malgré toutes les précautions prises, ce réactif donnait une coloration brune ou un précipité, il faudrait l'attribuer à la présence de quelque matière organique. Alors on concentre pur évaporalion le liquide filtré et les eaux de lavage, on les acidulé, on précipite par l'acide sulhjdrique,on filtre, on incinère le filtre, on le chauffe avec de l'acide azotique, on étend d'eau, on filtre, on concentre, on précipite avec la lessive de potasse, et on filtre l'oxyde obtenu avec la quanlitô primitive. — Il ne faudra j;fmais oublier de chauffer avec de l'eau chaudr l'oxyde de cuivre après qu'il aura élé pesé, afin de s'assurer qu'il n'a pas de reaction alcaline et qu'il n'a pas retenu de sel alcalin. Si cela n'était pas, il faudrait épuiser l'oxyde avec de Teau chaude, le chauffer de nouveau au rouge et le peser une seconde fois. Enfin on dissout l'oxyde dans l'acide chlorhydrique pour chercher s'il ne renfermerait pas des traces de silice dont il faudra tenir compte.

Si l'on n'avait pas une solution de potasse ou de soude assez pure, on pourrait, suivant Gihhs (*), précipiter avec du carbonate de soude : seulement la précipitation ne sera complète que si la dissolution ne renferme pas plus de 1 gramme de cuivre par litre, si l'on n'ajoute le carbonate alcalin qu^en très-léger excès et si l'on fait bouillir au moins une demi-heure. Par là le précipité d'abord vert bleuâtre deviendra vert foncé, grenu et se laissera bien laver.

L'oxyde de cuivre peut être aussi précipité d'une dissolution ammoniacale par la potasse ou la soude. On opère en général comme plus haut. Après la précipitation, on chauffe jusqu'à ce que le liquide au milieu duquel est le précipité soit complélement incolore, et on filtre aussi rapidement que possible. Si on Inissait le liquide se refroidir avec le précipité, un peu de ce dernier pourrait se redissoudre, ce qui occasionnerait une perte.

b. Par précipitation à l'état d'oxyde après une calcination préalable de la substance.

On chauffe dans un creuset de porcelaine jusqu'à complète décomposition de la matière organique, on dissout le résidu dans l'acide azotique étendu, on fillre si c'est nécessaire et on opère suivant a.

(*) Juurn. f. prackt. C/jem.,LXl, 105.

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