‹ Traité d'analyse chimique quantitativeChapitre 212 sur 304 · Bismuth HéTALLiQUB · texte numérisé non relu

Bismuth HéTALLiQUB

L'oxyde de bismuth et ses sels, le sulfure de bismuth, le chlorure basique de bismuth, cette dernière forme pouvant être donnée au bismuth par précipitation dans toutes les dissolutions.

i . Dosage du bismuth à Vétat d'oxyde, a. Par précipitation à Tétat de carbonate.

Après avoir étendu d'eau la solution de bismuth dans le cas où elle serait trop concentrée, on y verse du carbonate d'ammoniaque en évitant d'en mettre un trop grand excès (il importe peu pour le dosage que Taddition de feau produise ou non un précipité de sous-nitrate de bismuth), on chauffe assez longtemps presque à l'ebuliition, puis on tiltre, on sèche et on calcine. On opère en tous points comme pour la calcination du carbonate de plomb (§ 116. 1.). Par Faction de la chaleur le carbonate de bismuth se transforme en oxyde pur. — Caractères du précipité et du résidu § 86. — Quand on a soin de bien remplir toutes les conditions, la méthode donne de bons résultats. Ils sont cependant en général un peu trop faibles, parce que le carbonate de bismuth n'est pas complètement insoluble dans le carbonate d'ammoniaque. — Si l'on voulait précipiter de la même manière le bismuth dans une dissolution chlorhydrique ou sulfurique, on aurait de mauvais résultats, parce qu'avec le carbonate basique de bismuth il se précipiterait du chlorure ou du sulfate basique, qui ne serait pas décomposé par ie carbonate d'ammoniaque, — Si l'on filtrait le précipité sans chauffer, on aurait une perte considérable, parce qu'alors tout le carbonate basique de bismuth ne serait pas précipité. (£xp. n* 74.)

•b. Par calcination.

a. Pour les combinaisons telles que le carbonate et l'azotate de bismuth, on les calcine dans un creuset en porcelaine, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de perte de poids.

p. Avec les composés à acides organiques» on opère comme avec les composés analogues de cuivre, § 119. 1. c.

c. Par évaporation.

On évapore au bain-marie dans une capsule en porcelaine la dissolulion azotique de bismuth, jusqu'à ce que le sel neutre reste à Tétat sirupeux, on ajoute de Teau, on détache des parois avec une baguette de verre la croûte blanche, on évapore de nouveau au bain-marie, on précipite de nouveau avec de Teau et on continue de la même façon trois ou quatre fois encore. Lorsque la masse desséchée sur le bain-marie ne répand plus du tout Todeur de Tacide azotique, on verse sur le contenu refroidi de la capsule une dissolution froide de 1 parlie d'azolate d'ammoniaque dans 500 parties d'eau, on laisse quelque temps en contact, on filtre, on lave avec la dissolution de nitrate d'ammoniaque, on dessèche et on calcine (§ S3). Résultats très-satisfants [y. Lowe (*)].

d. Par précipitation à l'état de sulfure.

On précipite la dissolution étendue avec de l'acide sulfhydrique gazeux ou dissous dans l'eau. A leau qui servira à étendre on ajoute un peu diacide acétique pour qu'il ne se forme pas de sel basique. Lorsque l'acide sulfhydrique domine fortement, que le précipité s'est déposé et qu'on s'est assuré que tout le bismuth est précipité en versant de la solution d'acide sulfhydrique dans la liqueur éclaircie, on filtre pendant que le liquide répand encore fortement l'odeur d'acide sulfhydrique et on lave avec de l'eau sulfurée. — On peut aussi neutraliser l'acide libre avec de l'ammoniaque, précipiter avec un excès de sulfhydrate d'ammoniaque et laisser digérer quelque temps.

Ou peut maintenant traiter le précipité de trois façons, suivant qu'on veut le peser à l'état de sulfure, ou le transformer en bismuth métallique ou en oxyde. Les deux premières méthodes seront décrites aux n^' 5 et 4 ; nous indiquerons ici la dernière.

On traite le précipité lavé par de l'acide azotique de concentration moyenne et en chauffant à une douce chaleur, jusqu'à décomposition complète : on pourra séparer le précipité du filtre en étendant celui-ci sur une lame de verre ; mais si on ne le pouvait pas, on ferait agir l'acide directement sur le filtre contenant le précipité humide. On étend la solution avec de l'eau additionnée d'un peu d'acide acétique ou azotique, on filtre, on lave le filtre avec la même eau- et on précipite la liqueur filtrée suivant a.

2. Dosage du bismtUh à Vétat de chromate [suivant /. Lowe (**)].

On verse la dissolution de bismuth aussi neutre que possible et débarrassée par évaporation au bain-marie (si c'est nécessaire) de l'acide azotique qui pourrait être en excès, dans une dissolution chaude de bichromate de potasse faite dans une capsule en porcelaine : on remue en faisant le mélange et on a soin que le chromate alcalin soit en léger excès. On lave le vase dans lequel était la solution de bismuth avec de l'eau acidulée avec de l'acide azotique^ que l'on reçoit dans la capsule. Le précipité formé doit être dense et jaune orangé dans tonte sa masse ; s'il était jaune d'œuf et floconneux cela

(•) Ûourn. f, prackt. Chem., LXÎIV, 344. (**) Journ f. prackt. Chem., LXVIi, 464. •

g 120] OKYDE D£ BISMUTH. 280

indiquerait qu'il manque du chromate de potasse. On ajouterait de ce sel et l'on ferait bouillir jusqu'à ce que l'on remarque l'état normal; mais il faut toujours éviter un trop grand excès de sel de potasse. On fait alors bouillir le contenu de la capsule pendant 10 minutes en remuant constamment, on lave le précipité d'abord par décantation en faisant bouillir plusieurs fois avec de l'eau que Ton renouvelle, puis on sépare par fîltration, on lave sur le filtre avec de Teau bouillante, on sècbe à environ 120** et l'on pése.Yoy. au § 86 les caractères du précipité. Résultats très-satisfaisants.

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