‹ Traité d'analyse chimique quantitativeChapitre 226 sur 304 · Dosage par les liqueurs titrées · texte numérisé non relu

Dosage par les liqueurs titrées

a. Transformation de l'oxyde d'antimoine en acide antimonique par riode suivant Fr. Mohr (***).

L'oxydation se fait dans une dissolution alcaline , d'après l'équation : SbO'-h 2..I + 2. NaO = SbO» + 2. Nal. On n'obtient des résultats convena-

(•) On ne peut pas faire usage d'acide azotique de densité 1,42, parce que son point d'ébullition n'est pas 86* comme pour l'acide fumant, par conséquent au-dessous du point de fusion du soufre, mais bien de iO* environ au-dessus de cette dernière température. Il en résulte que si l'on faisait usage d'acide de densité 1,42, le soufre séparé formerait des globules liquides dont l'oxydation serait très-difficile.

(**) Pour garnir la paroi interne du creuset avec une couche d'oxyde de mercure, voici le moyen employé par Bunten. On ramollit à la lampe le fond d'un tube à essai ordinaire, on le place encore mou dans le creuset et on souffle un petit ballon qui prend exactement la forme intérieure du creuset. On coupe le fond de ce petit ballon et on arrondit les bords à la lampe. Le creuset étant rempli d'oxyde de mercure sec, mais non tassé, on y plonge dans le centre le tube ainsi préparé, comme pour replacer le petit ballon sans fond dans le moule en platine : en tournant légèrement le tube sur lui-même, l'oxyde pénètre par le fond dans le tube, on l'enlève de temps en temps, et il reste entre le verre et le platine une couche d'oxyde à laquelle on peut donner i/2 à 1 ligne d'épaisseur, et assez compacte pour qu'elle se maintienne sans se briser, quand on enlève le tube de verre et quand on soumet à la calcination.

(***) Traité d'analyse par liqueurs titrées. Trad. Forthomme, p. 376.

g 425] OXYDE D'ANTIMOINE. 301

blés que dans des circonstances tout à fait particulières, car Toxyde d'antimoine dans une dissolution alcaline n'a pas toujours la même tendance à se changer en acide antimonique ; ainsi elle est plus grande en présence de beaucoup de carbonate alcalin que lorsqu'il y en a peu, et elle n'est constante que pour un excès particulier d'alcali.

On opère comme il suit :

On dissout dans environ 10 C.C. d'eau et d'acide tartrique un poids de substance renfermant à peu près 0«',1 d'oxyde d'antimoine, on ajoute ensuite assez de carbonate de soude pour que le liquide soit à peu près neutre. On verse alors 20 C.C. d'une dissolution de bicarbonate de soude saturée à froid, puis au liquide qui doit rester limpide, un peu d'empois d'amidon, et on laisse enfin couler goutte à goutte la dissolution titrée d'iode (§ i40), jusqu'à ce que la couleur bleue persiste quand on agite. Bientôt, il est vrai, la coloration disparaît, mais ce n'est pas une raison pour ajouter encore de l'iode.

2 équivalents d'iode correspondent à 1 équivalent d'oxyde d'antimoine.

Les résultats ainsi obtenus sont tout à fait satisfaisants (Exp. n' 76). Je ne saurais recommander l'emploi du carbonate neutre' de soude, dont s'est servi Fr, Mohr dans ses expériences, parce qu'il s'unit lui-même à une quantité notable d'iode, qui varie avec la quantité d'eau (Exp. n'77) ; tandis que cela n'arrive pas avec le bicarbonate (Exp. n" 78). Voir encore §!*'», 5. a. 1. et Exp. n" 79.

b. Dosage par le bichromate de potasse, ou par le permanganate de potasse.

F. Kessler (*), qui a imaginé ces deux méthodes, les avait d'abord décrites d'une façon trop peu précise pour qu'elles puissent donner de bons résultats; mais dans un travail ultérieur (**), il a établi d'une manière nette les conditions à remplir pour titrer d'une façon satisfaisante l'oxyde d'antimoine dans une dissolution acide, soit avec le chromate de potasse en mesurant l'excès d'acide chromique avec le sulfate de protoxyde de fer, soit avec le caméléon.

Page 1