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Dosage à Vétat de sulfure d'arsenic

a. On a une dissolution d'acide arsénieux ou d'un arsénite exempté d'acide arsénique.

On précipite avec de Tacide suif hydrique, dont on chasse Texcés avec de Tacide carbonique, la dissolution fortement acidifiée avec de l'acide chlorhydrique. Un courant d'acide carbonique pendant une heure suffit pour expulser la plus grande partie de l'acide sulfhydrique : il n'est pas nécessaire de prolonger au delà. On opère comme pour l'antimoine § its, 1. On lave complètement le précipité de sulfure, on le sèche à lOO"* jusqu'à ce que le poids soit constant, et on pèse. Quelques parcelles du précipité s'atta^ chant si fortement aux parois du verre, qu'on ne peut pas les en détacher mécaniquement : on les dissout dans de l'ammoniaque et on précipite de nouveau avec de l'acide chlorhydrique. — Caractères du précipité, § 9». On ne négligera pas d'essayer si un essai pesé est complètement volatil. S'il y avait un léger résidu, il faudrait le peser, le calculer sur le tout et le retrancher du poids trouvé d'abord. Résultats exacts.

Si la dissolution contenait des substances pouvant décomposer l'acide sulfhydrique (perchlorure de fer, acide chromique,etc.)y le précipité obtenu à froid serait un mélange de sulfure d'arsenic et de soufre très-divisé. Dans ce cas, on le rassemble encore sur un filtre séché à 100*, et on pèse. On enlève le soufre avec du sulfure de carbone bien purifié (ne laissant pas de résidu par évaporation) que l'on fait agir jusqu'à ce que le liquide qui passe ne laisse rien par évaporation. Après avoir séché à 100° jusqu'à ce que le poids soit constant, on pèse. Les résultats obtenus de cette façon sont trèsexacts, même avec de grandes quantités de soufre, quand on a opéré à froid. Mais si la réaction s'est faite à chaud, le soufre s'est déposé en petits grains agglomérés, que le sulfure de carbone à froid ne peut plus dissoudre complètement sur le filtre. Il faut alors faire digérer à plusieurs reprises et au bain-marie avec du sulfure de carbone le précipité séparé du fUlre [Puller (*)].

Pour doser l'arsenic dans le mélange de sulfure et de soufre, on peut encore opérer autrement. — On dissout le précipité dans une lessive concentrée de potasse, et on y fait passer un courant de chlore (§ 148. 11. 2. b.). Alors dans la dissolution limpide qui contient le soufre à l'état de sulfate, l'arsenic à l'état d'arséniale, on dose celui-ci d'après 2. a. On pourrait aussi mesurer la quantité d'acide sulfurique d'après le § t3t, en déduire le poids de soufre et le retrancher du poids du sulfure d'arsenic mélangé de soufre. Dans cette manière d'opérer, il ne peut pas y avoir de perte d'arsenic par volatilisation du chlorure d'arsenic, parce que le liquide reste toujours alcalin. — On peut aussi obtenir le même résultat avec de l'acide azotique. On emploie de l'acide très-fumant, bouillant à 82'', mais non pas de l'acide de densité 1,42 ; parce que celui-ci ayant un point d'ébullition trop

n ZeiUchr, f, analyU Chem., X, 46.

314 CHAPITRE lY. — DÉTERMINATION DU POIDS DES CORPS. [§ 127

éleyé, le soufre pourrait fondre et son oxydation serait trop lente. On met dans une petite capsule en porcelaine le précipité desséché avec soin, on ajoute un assez grand excès d'acide azotique fumant. On couvre de suite avec une capsule en verre peu profonde, et aussitôt que la réaction vive a cessé, on chauffe au bain-marie, jusqu'à ce que le soufre ait disparu et que le volume de Tacide azotique soit de beaucoup réduit. On traite le filtre séché tout à fait de la même façon, et on achève la destruction complète de la matière organique, en chauffant légèrement la dissolution un peu étendue avec du chlorate de potasse [Bunsen (*)]. On pourrait aussi enlever avec de Tammoniaque les traces de sulfure restant adhérentes au filtre, évaporer la dissolution dans une petite capsule et oxyder comme plus haut le résidu de sulfure d'arsenic. Enfin, dans les deux dissolutions réunies, on précip te Tacide arsénique à Tétat d'arséniate ammoniaco-magnésien (§ tt Y. 2. a.). — Le traitement du précipité mélangé de soufre par Tammoniaque, qui dissout le sulfure et doit laisser le soufre, ne donne que des résultats approchés, parce que la dissolution ammoniacale de sulfure d*arsenic dissout un peu de soufre.

b. On a une dissolution d*acide arsénique, un arséniate ou un mélange des deux acides.

On chauffe le liquide dans un ballon (sur une plaque de fer) à environ 70*, en y faisant passer un courant d'acide sulfhydrique tant qu'il se forme un précipité. Le précipité est toujours un mélange de soufre et de protosulfure d*arsenic ; car s*il y a de Tacide arsénique, il est d'abord réduit par l'hydrogène sulfuré, ce qui donne du soufre et de Tacide arsénieux, qui se transforme ensuite en protosulfure [H, Rose (**)J. Ce n'est que lorsqu'un sulfosel contenant du pentasulfure d'arsenic est décomposé par un acide, que le précipité n'est pas un mélange de soufre et de protosulfure d'arsenic, mais bien réellement du pentasulfure d'arsenic (A. Fuchs). — Si l'on veut avoir du sulfure d'arsenic pur, propre à être pesé, avec le mélange précipité à chaud de sulfure et de soufre en grains, on épuise avec de l'ammoniaque le précipité bien lavé et encore humide, et on lave le soufre restant : on précipite la dissolution avec de l'acide chlorhydrique sans chaufTer, on sépare par fîltration le précipité qui est maintenant un mélange de sulfure d'arsenic et de soufre divisé, on le sèche, on enlève le soufre avec le sulfure de carbone, on sèche à 100* et on pèse. — Résultats exacts. — Bien entendu que l'on peut dans le mélange obtenu à chaud de sulfure et de soufre doser l'arsenic directement ou indirectement par un des deux moyens donnés en 4^ a.

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