DIVISION MÉCANIQUE
et enfin en les portant de nouveau au rouge. (C'est ce qu'on appelle ^to^in^r une substance.)
Quand on achète un mortier en agate, il faut faire bien attention qu'il n'ait ni fente, ni cavité appréciable. Des fentes simplement superficielles rendent l'instrument plus fragile, sans cependant le mettre hors d'usage.
Les minéraux insolubles, qui doivent être attaqués par la voie sèche, ne le seront d^une façon complète qu'à la condition d'être réduits en poudre parfaite. On y parvient par le broiement avec de l'eau, la lévigation ou le passage au tamis. Les deux premières opérations ne sont applicables bien entendu qu'aux substances que l'eau n'attaque pas. 11 faut dans ce cas être plus scrupuleux qu'autrefois, car des corps que l'on considère d'ordinaire comme complètement insolubles dans l'eau sont fortement attaqués par ce liquide quand ils sont réduits en poudre : ainsi l'eau, par exemple, peut dissoudre même à froid et rapidement 2 ou 3 pour 100 de verre finement pulvérisé (Pelouze, Compt. rend., t. XLlll, p. 117-123);— le feldspath, le granité, le porphyre en poudre, cèdent à l'eau un peu d'alcali et de silice (//. Ludwig, Arch. der Pharm., XCl, 147).
Pour broyer avec Veau^ on ajoute un peu d'eau à la poudre qui est dans le mortier, et on broie la masse en bouilhe jusqu'à ce qu'on n'entende plus de grincement. On arrive plus vite au but en faisant la dernière opération non pas dans un mortier, mais sur une plaque d'agate, de silex ou de porphyre et en porphyrisant avec une molette. Ensuite au moyen de la fiole à iet, on fait tomber la matière dans une capsule hémisphérique de porcelaine bien unie, on fait évaporer l'eau au bain-marie et on mélange soigneusement le résidu avec un pilon. (On pourrait aussi sécher la matière en bouillie dans le mortier en agate, mais il faudrait chauffer à une bien douce température, dans la crainte de faire éclater ce dernier.)
Pour opérer par lévigation on jette dans un vase à fond plat la matière broyée avec de l'eau aussi finement qu'on a pu, on remue avec de l'eau distillée, on laisse reposer environ une minute et dans un second vase, par décantation, on sépare le liquide trouble du dépôt formé par les parties les plus grossières. Ce dernier est de nouveau broyé, puis traité par lévigation, et ainsi de suite, jusqu'à ce que foute la masse soit bien pulvérisée. On laisse reposer le liquide trouble ; au bout de quelques heures la poudre en suspension s'est rassemblée au fond du verre : on décante l'eau et on desséche le dépôt dans le vase même où il s'est formé.
On tamise de la façon suivante : on ferme un bocal en verre d'environ 10 centimètres de haut avec un petit morceau de toile fine, bien lavée et bien sèche, que l'on enfonce un peu dans l'ouverture, de manière à faire un petit tamis sur lequel on jette une portion de la poudre. Sur l'ouverture on applique en le liant un morceau de cuir de veau, pour faire comme un couvercle bien tendu. En frappant sur la membrane on produit des ébranlements qui font passer peu à peu la poussière à travers la toile. Ce qui reste sur le tamis est de nouveau broyé dans le mortier d'agate, ajouté à une nouvelle portion delà poudre, en sorte qu'on finit par faire passer toute la substance dans le bocal et à l'état de poudre très-fine.
Lorsqu'on divise soit par lévigation, soit avec un tamis, une substance formée par le mélange. de plusieurs corps, on commettrait une grave erreur
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si Ton soumettait seulement à l'analyse la poudre obtenue par une première opération, car les éléments faciles à désagréger y sont, comparativement à ceux qui sont plus difficiles à pulvériser, dans une beaucoup plus $>rande proportion que dans la substance primitive. Il faut donc avoir bien soin de ne rien perdre dans ces deux opérations, car la perte se répartirait inégalement sur les différentes parties qui composent le corps à étudier. Il vaut encore mieux en pareil cas renoncer à la lévigation et ne pas craindre de se donner la peine de broyer longtemps et finement la substance sèche.
S'il s'agit de chercher la composition moyenne d'une matière dont la constitution n'est pas homogène, par exemple d'un minerai de fer, on en réduit d'abord en poudre grossière une portion ayant à peu près la composition moyenne, on mélange le tout bien également, puis on en pulvérise finement une partie. Pour concasser et broyer grossièrement les minerais on fera usage d'une enclume en acier. — Celle qui sert dans mon laboratoire consiste en un bloc cylindrique en bois, de 85 centimètres de haut; 26 centimètres de diamètre, dans lequel est encastré, à la moitié de son épaisseur, un disque en acier épais de 3 centimètres, ayant un diamètre de 20 centimètres et entouré d'un cercle en laiton de 5 centimètres de hauteur. La tête du marteau en acier bien trempé a 5 centimètres de diamètre. Cette enclume est surtout eommode parce qu'on peut facilement nettoyer la surface en acier et lui conserver son poli. — Pour commencer à pulvériser des poudres grossières, on peut fort bien employer une capsule en acier en forme de mortier et polie au tour, d'environ ISO"" de diamètre supérieur et T^"" de profondeur au centre ; on achève la pulvérisation dans un mortier en agate.