‹ Traité d'analyse chimique quantitativeChapitre 264 sur 304 · II. SÉPARATION DE l'âGIDE SILICIQUE d'aVEG LES BASES · texte numérisé non relu

II. SÉPARATION DE l'âGIDE SILICIQUE d'aVEG LES BASES

a. Dans tous les composés qui seront décomposés par une simpk digestion avec Vacide chlorhydrique ou Vacide azotique dans des vases ouverts.

A ce groupe appartiennent tous les silicates solubles dans l'eau, ainsi que beaucoup d'autres qui y sont insolubles, comme par exemple presque tous les zéolithes. Bon nombre de minéraux ne sont pas directement décomposables par les acides, mais ils le deviennent si après les avoir réduits en

(*) ZeiUchr. f. analyt, Chetn., VI, 398. (*•) Zeiischr, f, analyt. Chem,, IV, 163.

§ 140] ACIDE SILIGIQUË. 3S5

poudre fine, on les maintient longtemps au rouge (F. Mohr*). Il faut seulement se rappeler que, si cette calcination est poussée trop loin, une partie des alcalis pourrait se volatiliser.

Le composé réduit en poudre aussi fine que possible {**) et séché à 100 (ou chauffé au rouge si c'est nécessaire), est mis avec un peu d*eau dans une capsule en platine ou en bonne porcelaine (il faut éviter de prendre du platine si le silicate devait dégager du chlore en se dissolvant) : on délaye la poudre pour faire une bouillie bien homogène, on ajoute de Tacide chlorhydrique assez concentré, ou de l'acide azotique si la substance contient du plomb ou de l'argent ; on laisse digérer à une douce chaleur en remuant de temps en temps, jusqu'à ce que la décomposition soit complète, ce qu'on reconnaît à ce qu'on ne sent plus de grains sablonneux sous la baguette en verre à bout arrondi avec laquelle on remue la matière, et à ce qu'il ne se produit pas de grincement en frottant le verre contre la capsule.

Tous les siHcates ne se comportent pas de la même manière dans ce traitement : la plupart se changent en une masse gélatineuse, mais avec d'autres la silice se sépare à l'état de précipité pulvérulent et léger : quelques-uns sont facilement et promptement attaqués, tandis que d'autres ne sont décomposés qu'après une longue digestion.

Quand la décomposition est complète, en. évapore le tout à siccité au bain-marie et on chaufTe le résidu en remuant fréquemment jusqu'à ce que tous les grumeaux soient bien divisés, desséchés à fond et qu'il ne se dégage plus de vapeur acide. — Il vaut mieux, pour plus de sécurité, n'opérer la dessiccation qu'au bain-marie. Parfois il faudra humecter de nouveau la masse séchée avec de l'eau et recommencer l'opération. Si pour activer la dessiccation on voulait chauffer un peu plus fort, il vaudrait mieux le faire au bain d'air en suspendant tout simplement avec du fil métallique la capsule contenant la substance dans une capsule un peu plus grande en argent ou en fer, de façon qu'il reste seulement un petit intervalle entre les deux capsules. Je ne conseille pas de chauffer directement sur la lampe, parce que dans les points où la température est plus élevée la silice se recombine facilement avec les bases éliminées, pour faire des composés que l'acide chlorhydrique ne décompose plus ou décompose incomplètement. .

Après refroidissement on humecte la niasse bien uniformément avec de l'acide chlorhydrique, de façon qu'elle soit à demi fluide, on laisse reposer une demi-heure, on chauffe au bain-marie, on ajoute de l'eau chaude, on remue, onlaisse déposer, on décante à travers un filtre, on agite de nouveau la silice avec un peu d'acide chlorhydrique, on chauffe, on étend d'eau, on décante de nouveau, on répète Topération une troisième fois, puis on jette le précipité sur le filtre, on l'y lave complètement avec de l'eau froide, on le sèche bien, on le chauffe au rouge, en poussant à la fin la température aussi haut que possible, en opérant comme il est indiqué au § 5t ou 58. — Caractères du résidu, § 9S. 9. — Les résultats sont exacts. Les bases qui

(*) Zeitschr. f. analyt. Chem., VII, 293.

(**) Quand on réduit les silicates très-durs dans le mortier en agate,^ on peut y introduire de la silice : il vaut mieux prendre le^mortier en acier, tamiser et enlever les parcelles d'acier avec un aimant.

FBESEMUS. ANAL. QtJANTIT. 4* ÉDIT. ^î)

3M CHAPITRE lY. — DÉTBKKNAnOM DU POIDS DES CORPS. g i4/^

s4Mt à l'état de chkirureB dms le li<iaide filtré, seront ensiiHe'âosées d*aprè& les méthodes qui leur conviennent. — Si T-ob n*opère pas exacftement comm& nous Tenons de le dire, si par exemple on ne dessédie qu'à peu prés à aocfté, au lieu de le faire complètement, on aura des peiles : car dans ce cas une portion notalMe de silice se redissoiA, timdis qu'autrement il n'y en aura que des traces, que l'on ne pourrait cependant laisser de côté dans une analyse déiicKte, mais qu'il faudrait encore 'séparer des bases précipitées de leur solution. "Gela se fait facilement en faisant longtemps digérer les bases à 'dhaud dans l'acide chlorhydriqne ou sulfuriqne, après les avoir calcinées et pesées : il re^e alors des traces de silice. Il est pai'fois ifins rationnel de fondre les oxydes métalliques avec du bisr^ate de potasse on de les traiter par Tacide dblorhydrique après les avoir réduits à l'état inétallique (en les Gdcinant au rouge 'dans un courant dliydrogène). — Si avant de calciner 691 ne sèdie pas complètement la silice, on a encore facilement des pertes parce que la vapeur d^eau, en se dégageant, entraîne des flocons de silice. Si Pon a 'filtré par succion ift bien opéré, 'On peut de suite diauffer au ronge en opérafnt comme il est dit à la page ^. H n'y a que l'incinératian du filtre qm souvent ne se fait pas CMnpIètemenft.

Pour essayer la pureté de la siltce (ce qra est tout à fait indispensable lorsqu'au lieu de se déposer en gelée elle se 'sépare à l'état pulvérulent), on en chauffe im essai an bain-mnrie pendavft tme heure dans une capsule en argent ou en platine, moins bien dans une capscde en porcelaine, avec une dissohitien assez ooncenftrée de 'carbonate de sonde pur (pour O"*,! de siflice pure «on prend environ 6 G.'C. d'une solution saturée de carbonate de soude et l'ace, d'eaa, Eggert3i)('*'), Si la «flice es/tpure, elle donne unedissoliftion parfaitement Hnrpide. îTil y a un résidu, on décante et on le traite de nquveau de la fn6me façon, mais avec moins de caii)on8fte de soude. S'il y a encore un résidu, on pèse cette -silice impure et on la traite d'après b. : -on n'odblie pas de ramener par le calcul Tanalyse de cette portion à la ^totalité ^de Tacide impur.

Si l'en a sous la main de l'acide ifnorhydrîque pur, on peut encore facilement s'assurer de la pureté de la sJlice en dhauffant celle-ci avec de cet acide et un peu d'aicîde sulfurique dans une 'csrpsiile en platine *: en évaporant la dissollotion, l'acide «iircique jmr doH complètement se volatiliser à l'état de ftoorare de sacrum. S''ilya un résidu, on l'humecte de nouveau avec de l'acide fluortiydriqne, on ajoute qudques gouttes d'acide sulfurique, on èvirpore et on chauffife au rouge : les bases mélangées à la silice restent dans la capsule à l'état de sulfates, ainsi que l'acide titanique s'il y en a (B&néîftts), Au lieu d'acide 'fluoi'hyârique, on peut aussi bien faire usage âe fluorure d'ammonium pm*.

b. Dm» ieg <cmabmuns(m$ qid me femenl pas 'ëre idéeompoêést for une êimple diffMtùmavec V acide -ohUtrhyênqm au faeide "aaoiique dans un vase ouvert,

a. Désagrégation avec les carbonates alcaiins, — Dans ,ie 4>reuset en platine toù se fera la liision <on «méksige lintimenieiit, à >raide d^e baguattte en

0 Uit9chr» f* analyt. Ch§m„ VII, 306.

§ 1401 AiHDE SimCIQCE. 5B7

verre arrondie, lia siflMmce 'à désagré^r, réduite ^en 'pondre fineettmmi^ (§*<.&) a^ec quatre fois «onipeidsde carbonate de soude pur et anhydre on de<caii>onate de potasse dt de isoude : on essuie le bout de labaguette dans un peu de carrbontfte de soude en poudre pkcésnr une cai^te et on rejette cette poudre dans le creuset. 'On chauffe le creuset bieaa fermé, suivant sa grandeur, soit sur la lampe à gaz ou la lampe k alcool à double courant d*air, soit sur le ohàlomean à gaz, soit au feu de «charbon, mais alors en l'enfermant dans -un creuset de Hesseet en remplissant l'intervalle qui sépare les deux vases -avec de la magnésie calcinée.

Au «commencement et pendant assez longtemps on ne chauffe que^modérément de façon seulement à concréter la masse : de cette façon Tacide carbonique se dégage facilement de la amasse poreuse, sans qu'on ait à craindre des prejections.^Plus tardon chauffe de plus en plus fortement, à la fin on donne un >fort<coup de lèu et on^ne cesse de<chauffer que lorsqu*il ne se dégage plus de huiles dans la masse en fusion tranquille.

Il ne faut pas que le creuset de platine soit trop petit : il est bon que- le mélange ne 'le 'remplisse ^au phis<qu'à moitié. (Plus il est grand, moins on a de pertes à craindre. Afin que penckiitt la fusion on puisse suivre Topération, il faut «qu'on puisse ouvrir le creuset facilement ; aussi il vaut mieux avoir-un couvercle ooncav»qu*on ne fait que poser sur le' creuset, plutôt qti'un couvercle à pebords. S>il faut faire la désagrégation sur la lampe à alcool ou la lampe à gaz, il faut préférer le mélange des carbonates de potasse et de soude au carbonate de soude, parce que le mélange est bien plus fusible. Il faut que le creuset soit supporté par un triangle en p\atme(fig.Vl, page 86) ; l'ouverture du triangle :sera 'telle que le creuset y enfcre à peu près au tiers de sa hauteur : on fera làttentioii, bien entendu, quil ne puisse pas tomber quand le iil de platine sera porté au blanc. — Avec la lampe à aleool à double courant d'air ou la lampe à gaz, il faudra :à la un < de l'opération, quand on doit pousser à la plus haute température, envelopper le creuset d'une 'Cheminée, dont le bord inférieur repose sur les extrémités du triangle de fer qui supporte le triangle en platine. On donnera à oette- cheminée de 12 à 14 centimètres de 'hauleur et environ A centimètres de diamètre à l'onverlure supérieure. Les petits cylindres en argile de 0, iL. Erdmann sont bien préférables (voir f^. 20, page ^. Analyse iqualUaiive). — <Quund le creuset est encore Tonge<on le prend avec une pince à ereosétet on le pose sur une plaque de fer polie, épaisse et froide. Il se refroidit rapidement et presque ioujaurs :on peut enlever complètement en mn seul moitseau la matière fondue.

Onuplace la -substance (ou le creuset avec son eontenu) dans un vase en verre, :on y ajoute 10 à 15 £ois son poids < d'eau, on chauffe une demi-'heure et d'en verse ipeu k peu de l'acide dhlorhydrique ou de l'acide azotique, suivant les ciroonstanoes.; ion vccnivre le vase wfec mne lame de 'verre, bien mieux avec un grand verre de montre 'Ou une capsule en porcelaine bien propre à l'estérieur^ .afin qu'on ne perde pas les<|;oiitteB de liquide entraînées par Tacide carbonique, mais pour qu^on puisse les rejeter dans la liqueitr. «On inett<ne -aussi 'te creuset avec de Taoide chloi^hydrique étendu qu'on réunit à la dissolution.

On favorise la dissolution par une douce chaleur. Quand elle est achevée,

388 CHAPITRE lY. ~ DÉTERMINATION DU POIDS DES CORPS. [§ 140

on continue à chauffer quelque temps pour chasser tout Tacide carbonique, autrement son dégagement pendant Tévaporation occasionnerait des projections. — Si pendant le traitement par l'acide chlorhydrique il se dépose une poudre saline (chlorure de sodium ou de potassium), c*est un signe qu'on a mis trop peu d'eau ; il faudrait en ajouter encore.

Si la désagrégation est complète, la dissolution dans l'acide chlorhydrique doit être parfaitement limpide, ou l'on doit y Toir flotter des flocons légers d'acide silicique. S'il se dépose au fond une poudre lourde, qui offre au frottement avec une baguette en yerre les caractères du sable (minéral non désagrégé), cela vient généralement de ce qu'on n'a pas pulvérisé assez finement. On peut, dans ce cas, refondre avec les carbonates alcalins la partie qui a échappé à la désagrégation ; mais il est plus simple de recommencer toute l'opération avec du minéral que l'on pulvérise avec plus de soin.

On verse dans une capsule en porcelaine ou mieux eh platine la dissolution chlorhydrique ou azotique avec le précipité de silice qui s'y trouve ordinairement et on la traite d'après le § t40. II. a. — Pour ne pas trop étendre le liquide, on ne lave le vase en verre qu'une fois et même on s'en dispense, on y dessèche le résidu qui s'y trouve et on le traite ensuite comme celui qu'on obtiendra dans la capsule. — Ce procédé de désagrégation des silicates inattaquables par les acides est le plus fréquemment employé : toutefois, ainsi qu'on le comprend, il ne pourrait pas servir s'il fallait doser les alcalis dans les silicates.

p. Désagrégation par V acide fluorhydrique.

aa. Avec Vacide en dissolution. — Dans une capsule en platine, on verse sur le silicate réduit en poudre fine, séché à 100*" et au besoin calciné (*), une dissolution concentrée et un peu fumante d'acide fluorhydrique, en ajoutant l'acide peu à peu et en remuant avec un fil de platine. On laisse la masse en bouillie épaisse digérer à une douce chaleur au bain-marie, et l'on ajoute goutte à goutte de l'acide sulfurique monOhydraté étendu de son poids d'eau. La quantité de ce dernier doit être suffisante pour ramener toutes les bases à l'état de sulfates. Ou évapore à siccité au bain-niarie, ce qui détermine la volatilisation du fluorure de silicium et du gaz fluorhydrique.; à la fin on 'chauffe plus fortement sur la lampe, afin de chasser l'excès d'acide sulfurique. On humecte fortement la masse refroidie avec de l'acide chlorhydrique concentré ; on laisse reposer une heure, on ajoute de l'eau et on chaufTe légèrement. S'il y a un résidu, on chauffe quelque temps au bain-marie, on laisse déposer, on décante autant qu'on peut du liquide limpide, on dessèche ce résidu et on le traite de nouveau par l'acide fluorhydrique, l'acide sulfurique et l'acide chlorhydrique, ce qui détermine la solution complète, autant toutefois que la matière a été fortement pulvérisée et qu'elle est exempte de baryte, de strontiane (et de plomb). — Dans la liqueur (ou plus généralement dans les dissolutions réunies),

(*) La désagrégation par l'acide fluorhydrique est en effet souvent facilitée avec bcancoup de minéraux,' quand on les soumet en poudre fine à une calcination prolongée {Hermjnn, RammeUberg] F. Mohr, Zeitwhr. analyt. Chem., VII, 291.)

140] ÂGIDE SILICIQUE. 389

contenant les bases à l'état de sulfates et de Tacide chorhydrique libre, on dose les métaux d'après les procédés indiqués au Y* chapitre.

Cette méthode qui est la plus convenable est due à Berzélius. On Tavait jusqu'à ce jour regardée comme impraticable, car on ne pouvait préparer l'acide fluorhydrique qu'avec un petit appareil distillatoire en platine, ou dont le chapiteau au moins était en platine, et on ne pouvait le conserver que dans des vases de ce métal. — Cette difûculté n'existe plus maintenant; voir § 58.2. Il ne faudra toutefois jamais oublier de s'assurer de la pureté de l'acide fluorhydrique.

On peut aussi faire usage d'acide fluorhydrique mélangé avec de l'acide chlorhydrique : ainsi 1 gr. de feldspath en poudre fine se dissout complètement en trois minutes, quand on le fait presque bouillir dans 40 ce. d'eau additionnés de 7 C.C. d'acide chlorhydrique à 25 pour 100, et51/2C.C. d'acide fluorhydrique. On ajoute alors 4 C.C. d'acide sulfurique, on sépare par filtration le sulfate de baryte, s'il y en a, et on évapore le liquide jusqu'à ce qu'il ne se dégage plus d'acide fluorhydrique (A. Mitscherlich) {*).

Il faut prendre beaucoup de précautions dans l'application de cette méthode parce que l'acide fluorhydrique, aussi bien gazeux que liquide, est une des substances les plus corrosives : il faut faire le traitement des silicates et l'évaporation à l'air libre, car tous les ustensiles en verre et les vitres' des fenêtres sont attaqués fortement par l'acide.

Comme on ne dose l'acide silicique que par la perte de poids (**), on fera bien de combiner cette méthode avec celle indiquée en a.

bb. Avec Vacide fluorhydrique gazeux. — On peut au lieu d'acide en dissolution dans l'eau faire usage d'acide à l'état gazeux. Ce procédé, souvent employé, est dû à Brunner (***). On met 1 à 2 gr. de silicate en poudre aussi fine que possible en couche mince au fond d'une capsule à fond bien plat, on humecta la poudre avec de l'acide sulfurique étendu, et on pose la capsule sur un trépied en plomb dans une boite en plomb de 6 pouces de diamètre et 6 pouces de hauteur, au fond de laquelle on a mis d'avance une couche de 1/2 pouce de spath fluor en poudre, délayé en bouillie épaisse avec de l'acide sulfurique concentré. (On évitera les vapeurs qui se dégagent et on fera le mélange du spath fluor et d'acide sulfurique avec une longue baguette en verre ou mieux en plomb.) Aussitôt qu'on a placé la petite capsule sur son trépied à l'aide d'une pincette ou d'une pince à creuset, on couvre la boite avec son couvercle en plomb, on lutte les jointures avec un lut gypseux et on abandonne 6 à 8 jours dans un lieu chaud. — Si l'on veut que l'opération marche plus vite, on ne fermera pas hermétiquement et on chauf-

(*) Joum. f. prackt. Chem.f LXXXI, 108.

n U n'y a que dans des cas très-rares que l'on dose le silicium qui se dégage à l'état de fluorure. On peut alors faire usage de la méthode proposée par Siory-Maskelin 'Zeitêchr. f. analyi. Chem., IX, 380) : seulement elle exige l'emploi d'un alambic particulier en platine.

r*) Afin. Pogg., XLIV, 154.

fera Tappaittii à Tair Mbre a^rec la Ihmpeà alcool ou une petitelaHope à gaz; de cette dernière* façon, on pout eaqndqnes heuves^ décomposer 1 à 2 gr. de silicate en poudre, en supposant qu'il est en couche mince qu'on Bemue- de temps eni temps, ce qu'i) £aiut fsâre avec beaucoup de précautions.

Quand la désagoégatiomest bien faite, le résidu dans la capsule est un mélange deflnoailiciuves métalliques- et de sulfates. On pose la capsule dans une autre plus gpande aussi enpiaCiiier on ajoute goutte à goutte de l'acide snlfucique pur, unpeu>pluB qu'il n'en ibot ponr couTertir les bases en suliàtes, on évapove au> bain d'ain, puis on chasse les dernières traces d'adde sulAuriqve directement sur la lanpe et on traite le résidu par L'acide ehlorhydrique et l'eaus comme il: est dit en aa*. On ne doit regarder la décomposition comme effectuée, que lorsque la dissolution est complète (absttraction ftnte d'Un peu die râlfale de baryte qui- peut rester par hasard) >

Si l'on possède un tube de platine convenabte, on peut efifectaer la désagrégation, em chaufilant dans un courant de gai& fluorhydriquebien sec le minéral réduit en poudre fine et mis dans une petite nacdie en platine. Le* tube de platine est recourbé vers le bas et plonge dians l'eau. Celle-d reçoit les fluorures istolatils et ceux qui sont fixes restent dans la nacelle (SainU^Claire^Devilie, Ktthlnuum*y

ce. Avec le fhiorhydrate d'ammoniaque. — Au lieu de Tacide fluorhydrique gazeux ou dissous, on peut faire usage dta fluorïrydt'ate d'ammoniaque. Dans une capsule en platine on méitange le silicate en poudre très-fine avec quatre fois son poids de fhiorhydrate (Fammoniaque pur, on humecte bien avec de l'acide suifunque concentré,, on chauffe au bainmarie jusqu'à ce qu'il ne se dégage plus ni fluorure de silicium ni acide fluorhydrique, on ajoute enfiore m peu d'acide sulûirique, on Ghau£Ge de nouveau, à la fln un peu fort, jusqu'à ce qu'on ait chassé la majeure partie de l'acide aulfurique et on tjraite le résidu suivant aa. (L. de Baba.J.. Poùyha, Rob, Hoffmann **)u — H..Bûse (***) fait d'abord chauffer doucement le silicate avec sept fois son poids de fluorhydrate d'ammoniaque et un peu d'eau^puis il éLève lentement la température j^aqu'au rouge qui'lL maintient tant qu'il se^ dégage des lapeurs, et alors seulement il traite le résidu par Tadde auUurique.

dd. Avec le fluorhydrate de fluorure de potastinm. — Les silicates qui résistent plus OU' moins à Facide fluorhydrique, comme le zircon, le béryle, peuvent être facilement décomposés, au point de vue de la détermination des bases autres que les alcalis, en les fondant avec le fluorhydrate de fluorure de potassium {Sfarignac, Gibbs*^^); ou bien on mélange une partie dé la substance avec 5 parties de' fluorure de sodium, on met le tout dans un creuset avec 12 parties de bisulfate dépotasse, on chauffe d'abord très-doucement, pui& on,élèveienlement la tempe-

n Cùmp. rend., LVIir. 545;

f*) Zeitwkr, f: anàlyt. €kem,^ VI, 366.

(*•*) Pogg. Ann., CVIII. 20.

(**^) ZeitBchr, f, analyi. Chem., IH, 599.

Eature asses pour que tout soit en fusion iranquiUe:. On dissout Ib cèsâdn dans Teau ou dans Tacjide chloirliydcique (Clarke %

7. Désagrégation par Vhydrate de baryte^ ou le carbonate de baryte,

PttHT désagréger les silicates a^ec k caffbouate de baryte,Jl faut une temtpérature excessivement ^^e, (fie Ton ne peut atteindre qjUi'avec les JBoui^ neaux de Sefstrœm^ avec un bon chalumeau à gaz. ou. une lampe; à essenee -de térébenthine de Deville^ etc.; car dans les meilleurs fourneaux à vent le carbonate de baryte ne peut pas fonchre, et ce n'est quedians cet état qu'il peut désagréger les silicates. Mais alors son action est tellement énergique qu'il décompose facilement et complètement les composés naturels les plus ré£ractaires. Pour une partie de minéral en poudre impalpable on prend de 4 à 6 p. de carbonate de baryte. On opère k fusion dans un creuset de platine que Ton enferme, si Ton fait usage d'un fourneau de Sefsb'osm^ dans nn autre creuset d'argile réfractaire en remplissant l'intervalle de magnésie. .U fajjt laisser le. creuset au moins une demi-heure au feu. — Plus on prend de carbonate de baryte, plus on doit craindre des pertes d'alcali par volatilisation. Deville conjseille de ne prendre que 0,8 p. de carbonate de bar ryte pour 1 partie de minéraux feldspathiques.

Avec les minéraux facilement décomposables, on arrive au même but en prenant de l'hydrate de baryte débarrassé de son eau de cristallisation. On prend pour i partie de minéral de 4 à 5 parties d'hydrate qu'on mélange bien intimement avec le silicate en poudre, en recouvrant le tout d'une couche de carbonate de baryte. On opérera la désagrégation sur une lampe à gaz ^rdinaix-e ou une lampe à alcool de Berzélius,. 11 vaut mieux faire usage de creusets en argent, parce que ceux en platine peuvent être attaqués. Tantôt la masse entre complètement ea fusion, tantôt elie ne fait que se concréter * fortement. — Pour pouvoir faire usage d'un creuset en platine, Fellenberg- Bjimer (**) conseille de fondre dans le creuset 4 à 5 parties de chlorure de calcium, de donner un mouvement giratoire au creuset pendant le refroi* dissement, d'y mettre 1 partie d'hydrate de baryte et de le faire fondre, iprès refroidissement on ajoute environ 1 partie du silicate en poudre trés-One, on chauffe d'abord faiblement, puis peu à peu plus fort jusqu'à ce qu'on ne remarque plus de dégagement de gaz. — Smith (***) pour arriver au même but fond i partie de silicate avec 3 ou 4 parties de carbonate de baryte et 2 parties de chlorure de baryum.

Qu'on emploie le carbonate ou l'hydrate de baryte, quand la désagrégation est achevée, on nettoie bien l'extérieur du creuset, on le place dans un vase à précipité avec 10 ou 15 parties d'eau, on laisse longtemps digérer : on ajoute de l'acide chlorhydrique ou de l'acide azotique, et l'ont opère eomme en b. a. U faut avoir la précaution de ne pas verser trop d'acide ebJorhydrixiue à la fois, parce que le chlorure de baryum,. qui s'y dissout difficilement, enve> lopperait le reste de la partie non atta(j[uée et la préserverait de l'action ultérieure de l'acide. — Dans la liqueur séparée par filtration de l'acide silLcique,

(*) ZeiUchr. f, analyt. Ckem., VII. 463. Ô Zeiischr. f. analyt. Chem., IX, 459.

O Joum. /*. praekt. Chem., iX^ 34&

592 CHAPITRE lY. — DÉTERMINATION DU POIDS DES CORPS. [§ 140

on dosera les bases d'après le chapitre V. — On aura soin de constater, comme il est dit en a., la pureté de l'acide silicique pesé, avant de regarder la décomposition comme achevée. — Ces méthodes, qui étaient autrefois très-employées pour doser les alcalis dans les silicates, ont perdu de leur importance aujourd'hui que chacun peut faire usage de l'acide fluorhydrique (puisqu'on trouve maintenant facilement l'acide fluérhydrique et le fluorhydrate d'ammoniaque dans le commerce).

è. Désagrégation par la chaux ou les sels de chaux.

Pour ne pas passer sous silence une méthode recommandée dans ces derniers temps, je dirai que M. Deville indique de fondre 1 partie de silicate en poudre avec 0,5 à 0,8 parties de carbonate de chaux (ce qui ne m'a pas réussi avec beaucoup de silicates), de même que L. Smith conseille de chauffer au rouge vif 0,5 à 1 gr. de silicate en poudre avecl gr. de sel ammoniac grenu fin obtenu en troublant la cristallisation par l'agitation et 8 gr. de carbonate de chaux pur, préparé par précipitation à chaud avec le carbonate d'ammoniaque : toutefois dans ce dernier procédé, si l'on élève trop la température, il peut facilement se perdre des alcalis qui se volatilisent à l'état de chlorure. Smith prend un creuset de 95 millimètres de hauteur, 22 millimètres de diamètre à l'ouverture et 16 millimètres au fond : il le fixe dans une position inclinée dans une pince en fer sur la plaque en fer d'un petit fourneau à gaz particulier (*), de façon qu'il y ait environ 15 millimètres qui débordent : on chauffe le creuset d'abord à la partie supérieure, puis légèrement en allant de haut en bas, de façon qu'en cinq minutes environ tout le sel ammoniac soit décomposé : on donne ensuite un fort coup de feu pour maintenir le tout au rouge vif pendant 40 à 60 minutes. En chauffant ainsi on empêche la volatilisation des chlorures alcalins. Après refroidissement on traite comme en y (page 391) la masse à demi fondue. — Suivant Smith, on peut aussi bien avoir une dissolution renfermant tous les alcahs en versant de l'eau sur la masse calcinée, chauffant pendant plusieurs heures, filtrant et lavant le résidu. Dans la liqueur renfermant les alcalis, du chlorure de calcium et de l'hydrate de chaux, on précipite la chaux par le carbonate et un peu d'oxalate d'ammoniaque.

8. Désagrégation par V acide chlorhydrique ou V acide sulfurique dans un tube fermé {sous une haute pression) suivant A, Mitscherlich {**)>

Beaucoup de silicates (et d'aluminates), qui ne sont pas attaqués ou le sont à peine, quand on les fait digérer en vase ouvert avec de l'acide chlorhydrique ou sulfurique, éprouvent une décomposition complète lorsqu'on les chauffe entre 200 ou 210" dans un tube fermé à la lampe avec de l'acide chlorhydrique à 25 pour 100, ou avec un mélange de 3 parties d'acide sulfurique concentré et 1 partie d'eau. A cet effet on met 1 gramme environ de la substance finement divisée par lévigation ou par le tamisage dans un tube en verre de Bohême difficilement fusible, fermé à un bout et étiré à l'autre ; on verse l'acide, on ferme avec soin à la lampe et on chauffe dans le tube en fer forgé d'un bain

(*) Zeitschr. f. analyt. Chem.^ XI, 87.

n Joum. f. prackt. Chem., LXXXI, 108, et LXÏXIII, 455.

§ 141] ACIDE GHLORHYDRIQUE. 395

métallique. Après le refroidissement on ouvre le tube, on en verse le contenu dans une capsule en platine ou en porcelaine et on opère d'après le § 140. IL a. — Cette méthode a sur toutes les autres l'avantage que le protoxyde de fer se dissout sans altération et peut alors être exactement dosé -

Acide chlorhydrique, acide brohhtdrique, aguïe iodhtdrique, acide gtanhydrique»

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